Le groupe français PSA, fabricant des produits Peugeot et Citroën, a annoncé aujourd’hui qu’il se porte acquéreur de la filiale Opel/Vauxhall de General Motors et des opérations européennes de GM Financial. Évaluée à environ 2,2 milliards d’euros (un peu plus de 3 milliards de dollars), cette transaction fait de PSA le numéro 2 de l’industrie automobile européenne derrière Volkswagen.

Cette annonce a été faite plus tôt aujourd’hui lors d’une conférence de presse organisée à Paris, qui réunissait la directrice générale de General Motors, Mary T. Barra, le président du directoire du groupe PSA, Carlos Tavares, et le chef de la direction d’Opel (CEO), Karl Thomas Neumann.

PSA fait donc l’acquisition de l’essentiel des composantes de la filiale européenne de GM : les marques Opel et Vauxhall, deux marques jumelles qui partagent les mêmes produits, un centre de design situé à Rüsselsheim, en Allemagne, et une dizaine d’usines d’assemblage de véhicules et de fabrications de pièces et composantes situées en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en Autriche, en Pologne et en Hongrie.

Ces installations emploient environ 40 000 personnes, ce qui représente 18 % de l’ensemble du personnel de GM.

GM conservera, par ailleurs, le centre d’ingénierie d’Opel à Turin, en Italie.

En combinant la production d’Opel/Vauxhall à celle de PSA, le groupe français devient le second constructeur en importance en Europe avec une production annuelle de 5 millions de véhicules, qui représentent une part de marché de 17 %.

En 2016, Opel/Vauxhall a vendu environ 1,6 million de véhicules, soit 10 % des ventes de GM à l’échelle mondiale.

Dans le cadre de cette acquisition, une coentreprise unissant PSA et la banque française BNP Paribas sera créée pour gérer la division européenne de GM Financial.

Dans un communiqué publié ce matin par PSA, on apprend que cette transaction permettra « de réaliser d’importantes économies d’échelle et de dégager des synergies dans les domaines des achats, de la production et de la R&D. Des synergies de 1,7 milliard d’euros par an sont attendues d’ici 2026 — dont une part significative devrait se matérialiser d’ici 2020 — et devraient contribuer à accélérer le redressement d’Opel/Vauxhall. En tirant profit du partenariat fructueux conclu avec GM, PSA attend qu’Opel/Vauxhall atteigne une marge opérationnelle courante de 2 % d’ici 2020 et 6 % d’ici 2026, et génère un free cash-flow opérationnel positif d’ici 2020. »

La rentabilité d’Opel/Vauxhall a toujours été au coeur des intentions de GM de s’en délester. Le constructeur étatsunien a maintes fois affirmé que sa filiale était dans le rouge depuis 1999.

L’entente prévoit qu’Opel/Vauxhall continuera de produire certains véhicules pour les marques Buick et Holden, la filiale australienne de GM.

« PSA pourrait éventuellement s’approvisionner à long terme en systèmes de piles à combustible auprès de la coentreprise GM/Honda », précise le communiqué de PSA.

Les deux ex-marques européennes de GM n’ont pas toujours été dans le giron du géant étatsunien, dont les origines remontent à 1908.

La société Opel a été fondée par l’Allemand Adam Opel en 1862 d’abord pour produire des machines à coudre. En 1886, l’entreprise amorce la production de bicyclettes et produit sa première automobile en 1899. Mais ce n’est qu’en 1906 qu’elle se met à fabriquer des automobiles pour les commercialiser. Après avoir été le premier constructeur allemand à adopter la production sur chaîne d’assemblage aux débuts des années 20, Opel est racheté par GM en 1929.

De son côté, la société Vauxhall est fondée en 1857 pour produire des équipements maritimes. Elle amorce la production d’automobiles qu’en 1903 et ne sera reprise par GM qu’en 1925.

Les férus d’histoire se souviendront aussi que les filiales Opel/Vauxhall de GM ont failli passer sous le contrôle de l’équipementier canadien Magna International d’Aurora, en Ontario, lorsqu’en septembre 1999 une entente avait été conclue pour la cession de 55 % de leurs actifs. Une entente que GM avait toutefois annulée deux mois plus tard.