Avec le Prototype 9, la marque Infiniti allie le style rétro à des solutions techniques modernes pour évoquer la l’ingéniosité et la soif d’aventure des pionniers du sport automobile japonais. Cette voiture-concept, qui aurait sans doute inspiré Hergé, sera montrée pour la première fois en public cette semaine dans le cadre du concours d’élégance de Pebble Beach, en Californie. Un événement, entre autres, que couvrira d’ailleurs notre collègue Daniel Rufiange, avec beaucoup de photos exclusives qui seront présentées dans les pages d’autofocus.ca.

« Tout a commencé comme un songe », rappelle le patron du Design d’Infiniti, Alfonso Albaisa, un Étatsunien d’origine cubaine. « Que se passerait-il si nous trouvions à l’extrême sud du Japon, une voiture enfouie dans une grange, cachée de tous depuis 70 ans ? Que se passerait-il si nous trouvions à l’intérieur, les germes de notre passion plantés lors du premier Grand Prix japonais, mais aussi la puissance et l’élégance qui définissent l’ADN d’Infiniti aujourd’hui ? À quoi ressemblerait cette découverte ? ».

Voilà l’étincelle qui a mené à la création du Prototype 9, un concept dont le nom, pour une fois, résonne bien dans l’oreille d’un francophone — bien que ce ne soit que le fruit d’un hasard. En effet, le chiffre 9 se prononce « kyuu » en japonais ce qui, à l’oreille d’un anglophone, ressemble à la lettre « Q ».

Avec son très long capot, son habitacle découvert et ses grandes roues en broches de 19 po chaussées de pneus étroits, cette voiture-concept rappelle les bolides de Grand Prix typiques de la fin des années 20 et du début des années 30.

Sa carrosserie, qui habille un châssis à longerons, est faite en tôles d’acier que des carrossiers ont martelé à la main, comme cela se faisait à l’époque. Une large calandre ornée de 22 lattes courbées chromées est surmontée de l’écusson de la marque, autre rappel de la manière de singulariser les marques à cette époque.

L’aménagement de l’intérieur reflète toutefois le luxe et l’originalité d’un véhicule contemporain de la marque. On y retrouve un siège recouvert d’un cuir de haute qualité avec un appuie-tête distinct orné d’une surpiqûre rouge et d’un tout petit drapeau japonais. Trois cadrans sont logés dans le moyeu du volant gainé de cuir et également orné d’une surpiqûre rouge. Les concepteurs de la voiture ont prévu de rendre le mouvement du boudin indépendant du moyeu pour faciliter la conduite.

Le reste de l’instrumentation, minimaliste pour le moins, se résume à trois petits interrupteurs à bascule (comme on en trouve chez Rona !), sur la gauche, et un levier à gros pommeau métallique, sur la droite, qui sert à actionner la marche avant ou arrière. Une simplicité inspirée par un habitacle d’un avion.

Sous cette robe aux allures d’antan se cache toutefois une motorisation électrifiée, le côté moderne de cet ouvrage d’allure rétro. Une batterie au lithium-ion de 30 kWh alimente un moteur expérimental, précise le constructeur. Serait-ce celui de la future Nissan LEAF ?

Quoi qu’il en soit, ce moteur transmet 148 ch (120 kW) et 236 lb-pi de couple aux roues arrière. De quoi propulser ce bolide, qui ne pèse que 890 kg, de 0 à 100 km/h en 5,5 s où jusqu’à sa vitesse maximale de 170 km/h.

Les concepteurs du Prototype 9 précisent qu’en maintenant cette vitesse sur une piste, cette monoplace pourrait rouler durant une vingtaine de minutes environ. Un prélude à une future Formule E ? À moins que ce ne soit une annonce de ce que l’on verra cette semaine sur la piste de Laguna Seca, dans le cadre de la Semaine de l’automobile qui aura lieu du 15 au 20 août dans la grande région de Monterey, en Californie ? Ça reste à voir…