Les médias français ont été nombreux à rapporter cette anecdote. Excédé par la vitesse élevée de la circulation devant chez lui, où les voitures filent régulièrement à 80 km/h dans cette zone limitée à 50 km/h, Philippe Glorieux a eu l’idée de contrer ce désagrément en faisant peur aux automobilistes trop pressés.

Il a pris ses outils et construit son radar photo «épouvantail» avec un tube de PVC, du ruban jaune et noir, des ampoules grillées et des miroirs sur lesquels se reflète la lumière des phares des voitures, créant l’illusion d’un flash.

L’expérience a apparemment porté fruit. Mais elle a aussi suscité le mécontentement de certains automobilistes qui ne se sont pas gênés pour taguer et vandaliser son simulacre de radar… après avoir constaté la supercherie.

Ce résidant d’Azur n’était quand même pas le premier à utiliser ce subterfuge pour ralentir la circulation. D’autres cas de citoyens tout aussi imaginatifs ont déjà été notés dans le passé en France.

Dans ce pays, tant que le faux radar photo se trouve sur un terrain privé, cette pratique ne serait pas illégale, mais son auteur risquerait une amende s’il le plaçait sur la voie publique.

D’ailleurs, même les autorités policières françaises utilisent cette tactique pour ralentir la circulation et ce, depuis quelques années déjà.

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Parfois, il s’agit d’une simple affiche annonçant de fréquents contrôle radar (même si ce n’est pas le cas), mais le gouvernement avait aussi annoncé en 2016 l’installation progressive de 10 000 fausses cabines de radar le long des routes de France.

Même que dans la commune des Herbiers, en Vendée (vidéo ci-dessous), on utilise un faux agent de policier en aluminium (!) qui, radar en main, semble traquer les conducteurs au pied pesant. On estime que, même une fois que l’automobiliste aura constaté sa méprise après avoir ralenti, il s’interrogera sur son comportement routier.

Mobile, le mannequin-policier peut être déplacé là où la vitesse cause problème. Et… il ne rechigne pas à faire des heures supplémentaires!
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(Crédit vidéo: 20 minutes / Fr.)

Chez nous au Québec, il y a peu de chances (NDLR: ou… de risques, tout dépend de quel côté de la clôture vous vous trouvez!) qu’on assiste à ce type d’initiative citoyenne.

D’une part, notre Code de la sécurité routière (CSR), même dans sa version tout récemment amendée, interdit l’installation, sans autorisation, d’un signal, d’une affiche ou d’un dispositif sur un chemin public.

D’autre part, l’article 306 du CSR prohibe l’installation en bordure de route d’enseignes et de dispositifs «qui, par leur forme, leur couleur, leur texte, leur dimension et leur emplacement, peuvent être confondus avec un signal routier».

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Dans ce dernier cas, les autorités peuvent exiger le retrait du dispositif même s’il se trouve sur un terrain privé. Au besoin, le responsable de la route pourra l’enlever lui-même, aux frais du propriétaire.

En ce qui regarde plus spécifiquement les faux radars photo, ce phénomène ne semble pas s’être répandu jusqu’à nous, du moins jusqu’à maintenant. Une des raisons? «Nos radars fixes sont plus gros et plus complexes à reproduire», croit Joyce Kemp, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Quant à savoir si les services policiers québécois utiliseraient eux-mêmes des radars leurres, il n’en est visiblement pas question.