Un avion au salon ? En réalité, la PAL-V Liberty est une voiture volante, un hybride conçu pour se déplacer sur les routes et dans les airs. C’est d’ailleurs un exemplaire de présérie que son constructeur présente dans le cadre du 88e Salon de l’auto de Genève, qui bat actuellement son plein dans la métropole suisse.

Pour l’entreprise néerlandaise qui l’a mise au point, la présence de la Liberty dans un grand salon international constitue une percée historique, l’étape de la commercialisation étant toute proche.

« Une fois que la certification complète aura été accordée, en 2019, nous remettrons les clés des PAL-V Liberty à nos premiers clients », a dit le PDG et cofondateur de PAL-V International B.V., Robert Dingemanse.

Établie à Raamsdonksveer aux Pays-Bas, en 2007, cette jeune entreprise s’est lancé dans le projet de création d’un petit véhicule privé capable de voler afin d’éviter aux voyageurs la cohue des aéroports, la hantise de John Bakker, l’autre cofondateur de PAL-V (d’où l’acronyme Personal Air and Land Vehicle).

La Liberty a une longue cabine biplace, trois roues escamotables, des pales pliables et un aileron arrière extensible.

Contrairement à la Terrafugia étatsunienne et l’Aeromobil slovaque, deux autres autos volantes actuellement en développement, PAL-V a choisi de transformer son automobile en autogire (ou gyrocoptère) plutôt qu’en petit avion.

Le constructeur affirme que ce type d’aéronef présente plusieurs avantages. Il serait d’abord plus sécuritaire en cas d’avarie du moteur, mais aussi moins sensible aux turbulences, en plus de nécessiter une distance de décollage réduite.

Cependant, contrairement à un hélicoptère, un autogire comme la PAL-V ne peut décoller ou atterrir à la verticale. Il lui faut une piste, quoique courte, sans obstacle et sur laquelle elle peut rouler.

En mode routier, la Liberty a des dimensions inhabituelles. À peine plus longue qu’une Toyota Yaris à hayon, elle a la hauteur d’une camionnette Tacoma et la largeur d’une fourgonnette Sienna.

Il faut de 5 à 10 minutes pour passer d’un mode d’utilisation à l’autre, affirme le constructeur.

En outre, un moteur de 100 chevaux sert pour l’usage routier, alors qu’un second moteur de 200 chevaux entraîne le rotor. Tous deux utilisent le même type de carburant qu’une auto et le réservoir de 100 litres d’essence donnerait une autonomie de 500 km à une altitude maximale de 3 500 mètres.

PAL-V a annoncé qu’elle fabriquera d’abord 90 exemplaires de la version haut de gamme Liberty Pioneer, offerte à partir de 599 000 $ US. L’entreprise néerlandaise amorcera ensuite la production d’une version d’entrée de gamme, la Liberty Sport, offerte à partir de 399 000 $ US.

Pour Robert Dingemanse, la présentation de la PAL-V à Genève constitue un moment de vérité : « C’est le moment où s’effondre le mur qui séparait la fiction de la réalité. Un modèle de série constitue la dernière étape du processus de R & D, avant que ne commence la production à plein régime et les livraisons. Toutes les certifications requises pour la commercialisation seront accordées sur la base de ce modèle de série. C’est le tournant décisif qui écarte les pionniers des rêveurs. »

En attendant que l’étape de la certification soit complétée, les premiers clients répartis aux quatre coins de la planète se forgent une expérience dans diverses écoles de pilotage dans l’attente de la livraison de leur PAL-V. « Ils n’ont jamais été aussi près de la conduite volante de porte-à-porte », affirme un porte-parole de l’entreprise néerlandaise.

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