Après la suédoise Volvo, la britannique London Taxi et l’étatsunienne Terrafugia, l’empire chinois de Zhejiang Geely se diversifie encore davantage par l’acquisition de la britannique Lotus fondée par Colin Chapman, en 1952.

Cette nouvelle acquisition a été annoncée le 29 septembre dernier en même temps que la prise de contrôle du constructeur malaisien Proton, qui était jusque-là propriétaire de Lotus.

Selon les termes de l’entente signée vendredi, Geely acquiert une participation de 51 % dans Lotus et une participation de 49,9 % dans Proton.

La marque Lotus produit trois voitures de haute performance : l’Elise, l’Exige et l’Evora. L’entreprise opère aussi un bureau d’études, Lotus Engineering, ayant des installations au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Chine et en Malaisie.

Le redressement réussi de Volvo, que Geely a racheté de Ford en 2010, laisse présager un avenir meilleur pour Lotus, qui ne cesse d’enregistrer des pertes financières.

Ce changement de propriétaire ranime naturellement les rumeurs voulant que Lotus offre prochainement un véhicule utilitaire.

En juin dernier, lorsque la nouvelle qu’une prise de contrôle de Lotus par Geely se préparait, le Britannique Carl-Peter Forster, qui fait partie du conseil d’administration de Geely, avait suggéré que Lotus pourrait suivre les traces de Porsche, dont le succès commercial actuel dépend largement du lancement de l’utilitaire Cayenne, en 2002.

Ce vétéran de l’industrie automobile, qui a occupé divers postes de direction chez BMW, Opel et Tata, dirige présentement le constructeur de taxi londonien LEVC, une filiale du consortium chinois.

En juin, Foster avait affirmé à la presse que l’ajout d’un utilitaire à la gamme Lotus pourrait permettre d’augmenter de manière significative le volume de production de la marque, qui gravite autour de 1 500 à 2 000 voitures par an.

Entre-temps, les nouveaux propriétaires de la marque britannique misent sur le développement du marché de la Chine, mais aussi de celui des États-Unis où Lotus a effectué un retour en 2015.

Par ailleurs, avec la prise de contrôle de Proton, Geely souhaite créer un tremplin menant aux marchés de la Malaisie, de l’Inde, de l’Australia et du Royaume-Uni où sont vendus des véhicules à conduite à droite.

Les férus d’histoire se rappelleront qu’avant d’aboutir dans le porte-folio de Geely, la marque Lotus aura eu quelques propriétaires très différents après le décès de son fondateur, survenu en décembre 1982 : General Motors (1986-1993), le riche homme d’affaires italien Roman Artioli, architecte de la renaissance de Bugatti (1993-1996), et, enfin, le constructeur malaisien Proton (1996-2017).