Le 14 mai 1966, la première Subaru dotée d’un moteur Boxer quitte la chaîne d’assemblage de la marque : la Subaru 1000 (ci-dessous). Pour ce constructeur, il s’agit d’une véritable révolution, tout comme la première visite des Beatles au Japon, qui survient quelques semaines plus tard, le 29 juin.

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Cette nouvelle berline compacte, qui fait ses débuts la même année que la Toyota Corolla et la Datsun Sunny, a un 4-cylindres de 1,0 L. Produisant 55 ch, ce moteur est refroidi à l’eau et il entraîne ses roues avant.

Pareil changement est radical pour ce constructeur qui a produit jusque-là uniquement des véhicules sous-compacts à moteurs bicylindres arrière de petite cylindrée et refroidi à l’air (dont la 360, une minuscule Kei Car à 2-cylindres de 360 cc).

Subaru n’a pas inventé le moteur boxer. Breveté par Carl Benz en 1896, ce type de moteur s’est imposé chez les constructeurs de motocyclettes dès le début du 20e siècle. Dans le secteur automobile, il a été popularisé par Ferdinand Porsche avec la Volkswagen Coccinelle lancée en 1938 (sous le nom KdF Wagen) et, plus tard, avec ses Porsche.

Porsche ne sera toutefois pas le seul à adopter le moteur Boxer. Plusieurs autres marques en ont fait usage dont, entre autres, Alfa Romeo, Ford, Glas, Toyota, Tatra, Citroën, Jowett, Rover, Ferrari et même Chevrolet avec la tristement célèbre Corvair.

Dans le cas de Subaru, on raconte que Shinroku Momose, le directeur de l’Ingénierie à l’usine de Gunma au milieu des années 1960, aurait demandé ses ingénieurs de développer pour la Subaru 1000 un moteur léger et compact ayant un porte-à-faux avant court.

Sa hauteur devait être limitée afin de bénéficier du centre de gravité le plus bas possible afin d’optimiser le comportement routier et d’offrir une flexibilité accrue aux designers de la carrosserie. Enfin, ce moteur devait produire un minimum de vibrations.

Ses ingénieurs auraient donc porté leur choix sur le concept du moteur boxer, plutôt que le moteur à cylindres en ligne ou en V, une décision qui changera le cours de l’histoire pour cette marque.

Cette architecture permettait d’ailleurs l’utilisation d’arbres d’entraînement de même longueur, un avantage important pour une traction.

Le premier moteur Boxer de Subaru, baptisé EA52 (qu’on voit plus bas), aura un carter de vilebrequin et une culasse en aluminium, ce qui lui permettra d’être 15 % plus léger qu’un 4-cylindres typique de l’époque.

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Au fil des ans, ce type de moteur a permis à Subaru de développer une autre compétence technique, puisque la position longitudinale du moteur facilitait l’ajout d’un arbre de transmission pour entraîner les roues arrière. Voilà pourquoi en 1972, ce constructeur nippon s’est lancé dans l’aventure des voitures à quatre roues motrices avec la familiale Leone (photo ci-dessous).

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En 50 ans, Subaru a produit plus de 15 millions de moteurs Boxer. Le constructeur a d’ailleurs franchi ce jalon en février 2015. Aujourd’hui, tous ses véhicules (sauf ceux produits pour Subaru par Daihatsu et Toyota pour le marché japonais) ont un moteur à 4 ou 6 cylindres de ce type, soit atmosphérique, soit suralimenté. Depuis 2008, Subaru produit également des Boxer turbodiesel principalement pour le marché européen.

Par ailleurs, rappelons que le 2 mars dernier Subaru a également souligné une autre étape importante de son histoire lorsque son 15 millionième véhicule à quatre roues motrices a été fabriqué.