C’est la chaîne de télévision locale KTNV qui rapporte la nouvelle: depuis le 1er juillet, une loi adoptée par l’état du Nevada permet à ses policiers de décerner une contravention aux automobilistes qui ne roulent pas au moins à vitesse légale sur la voie de gauche des autoroutes.

Les peines se font d’abord légères – 50$ pour une première offense et 100$ pour une deuxième, mais une autre récidive entraînera une amende plus salée: 250$.

Certes, un peu partout à travers le monde, la grande majorité des codes de la route stipulent déjà clairement que les véhicules plus lents que la «normale» autoroutière doivent se confiner à la voie de droite.

Ces mêmes codes précisent que la voie de gauche est réservée pour les dépassements (ou, à l’occasion, pour tourner à gauche), pas pour y rouler comme si on était seul au monde. Ce qui, l’humain étant ce qu’il est, provoque du talonnage pare-chocs à pare-chocs («tailgating»), de dangereuses manoeuvres de dépassement, voire des épisodes de rage au volant.

Mais le règlement quasi-international est l’un des plus méconnus des conducteurs: un sondage mené par la PEMCO Insurance Northwest a révélé, en 2011, que la moitié des conducteurs ignoraient qu’entraver la circulation dans la voie de gauche est contre la loi.

Sans doute que les panneaux «Keep right except to pass» qui foisonnent un peu partout ne sont pas (encore) assez gros…

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C’est pourquoi ces dernières années, plusieurs états, tels le Tennessee, le Texas et l’Arkansas, la Floride et le New Jersey, la Georgie, l’Indiana et, le dernier en lice, le Nevada ont resserré la vis.

D’ailleurs, nous vous rapportions ici qu’en 2014, l’état de Washington envisageait se montrer plus sévère envers ce que nos amis les anglophones désignent par left lane squatters, left lane bandits, left lane losers, left lane hoggers ou autres belles insultes du genre.

L’année suivante (2015), la voisine de l’état de Washington, notre très canadienne Colombie-Britannique, devenait la première province au pays à donner elle aussi plus de mordant à ses agents de la GRC, avec des contraventions de 167$ et trois points d’inaptitude pour une première offense.

Voilà qui est jusqu’à cinq fois et demie plus qu’au Québec, où les amendes débutent entre 30$ et 60$ – sans aucun point de «démérite», pour employer une expression du temps de nos grands-parents.

Est-ce que la Belle Province empruntera la route déjà toute tracée pour en finir avec les «têteux de la voie de gauche»? Entre vous et moi et la boîte à beurre, il risque de nous être plus aisé de dépasser ledit bandit que de faire réviser pareille réglementation.

Rappelons que le Québec a été l’un des derniers bastions de toute l’Amérique du Nord à adopter le Move over law – la loi sur le corridor de sécurité…

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