Les lecteurs plus âgés se souviendront des Suzuki Samurai, ces petits 4×4 ressemblant à un Jeep miniature que vendait Suzuki autrefois au Canada.

C’était dans les années 1980. Déjà! Si cette marque a disparu de notre faune automobile en 2013, elle demeure très active ailleurs dans le monde.

Or, près d’un demi-siècle après avoir lancé son premier 4×4 poids plume, le constructeur nippon récidive et lance la quatrième génération de ce véhicule: le Suzuki Jimny 2019, un tout terrain d’allure rétro qui fait saliver certains passionnés par son prix et ses caractéristiques attrayants.
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En France, ce sushi à quatre roues motrices est proposé à partir de 13 860 €, ce qui équivaut à environ 22 000 $. Cela représente toute une différence lorsqu’on le compare à Jeep Wrangler à trois portes tout neuf, dont la version Sport d’entrée de gamme est offerte à partir de 34 445 $.

Naturellement, Jimny est plus petit que ce Wrangler, beaucoup plus petit. Ces chiffres le confirment:

  • Longueur | Jimny : 3 480 mm vs. Wrangler : 4 173 mm;
  • Largeur | Jimny : 1 645 mm vs. Wrangler : 1 873 mm;
  • Hauteur | Jimny : 1 725 mm vs. Wrangler : 1 844 mm;
  • Empattement | Jimny : 2 250 mm vs. Wrangler : 2 423 mm.

Il hérite néanmoins d’une architecture classique qui l’apparente autant à ses prédécesseurs (photo ci-dessous) qu’au populaire Jeep américain.

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Ce véhicule à trois portes a un nouveau châssis à longerons (eh non, pas de monocoque!) avec un moteur monté à l’avant qui entraîne les roues arrière ou les quatre roues à l’aide d’un mécanisme «sur demande» muni d’un boîtier de transfert intégrant une gamme courte.

Les deux essieux rigides ont une suspension à trois bras. De plus, signe de modernisme, sa dotation de série comprend désormais un antipatinage jumelé à un différentiel à glissement limité.

Deux petits moulins figurent au catalogue. La version japonaise construite selon les normes kei car est animée par le tricylindre turbo R06A. Ce moteur de 658 cc livre 64 chevaux et il est jumelé à une boîte manuelle à cinq vitesses ou une automatique qui en a quatre, selon les goûts et le budget de l’acheteur.

La version destinée à l’exportation, qui est également vendue au Japon (sous le nom Suzuki Jimny Sierra), dispose du nouveau quatre cylindres atmosphérique K15B. Ce moteur de 1,5 litre produit 102 chevaux et 95 lb-pi de couple.

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Pour ce poids plume, qui pèse moins de 1 200 kg, ce moteur fournit plus de couple à bas régime que le quatre cylindres de 1,3 litre auquel il se substitue, un facteur important en conduite hors route.

Il est jumelé aux mêmes genres de boîtes de vitesses que le tricylindre et, puisqu’il est plus léger que le moteur qu’il remplace, il contribue à réduire la consommation de carburant, qui atteint en moyenne 6,8 à 7,5 L/100 km selon la boîte de vitesses, affirme le constructeur sur la base de la méthode de calcul du cycle Euro 6.

Le nouveau Suzuki Jimny a des roues de 15 pouces et une garde au sol de 210 mm, soit 10 mm de moins que les Subaru Forester et Subaru Crosstrek. En revanche, ses porte-à-faux avant et arrière très courts lui procurent des angles d’attaque, de rampe et de fuite plus favorables qu’auparavant, respectivement 37, 28 et 49 degrés, comparativement à 34, 31 et 46 degrés pour l’ancien Jimny.

À titre de comparaison, pour le Jeep Wrangler 2019 Sport à trois portes, ces angles sont 38,5, 18 et 29 degrés, et, pour un Wrangler Rubicon, le plus féroce des Jeep, ils sont de 42, 21 et 32,5 degrés.

Le design du Suzuki Jimny se veut éminemment fonctionnel, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le constructeur fait valoir qu’il bénéficie d’une meilleure visibilité, d’une habitabilité accrue et d’un espace de chargement plus pratique que le modèle antérieur.

Il nous apprend également que dans l’habitacle, qui est noir mur à mur, on a «banni toutes couleurs ou décorations excessives de façon à réduire au strict minimum les causes de distraction et à permettre au conducteur de se concentrer sur la conduite.»

Faut-il en conclure que tous les conducteurs de Suzuki Jimny se destinent à une vie monacale ?

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Curieux, car le constructeur a tout de même cédé aux nouveaux besoins en matière de connectivité, puisque la chaîne audio de ce 4×4 intègre les fonctions du système Bluetooth. Elle a aussi un écran tactile de 7 pouces, du moins dans le cas des modèles les plus cossus.

Ces derniers s’offrent même certains dispositifs d’aide à la conduite, à commencer par un système de détection de risque de collision avec un véhicule qui précède ou un piéton. Dans certaines circonstances, ce système peut d’ailleurs appliquer les freins pour aider le conducteur à éviter une collision ou pour en limiter les conséquences. Un système d’alerte de maintien de voie et de louvoiement figure aussi au catalogue.

Évidemment, ce petit utilitaire se veut polyvalent, du moins à sa façon. Avec une carrosserie légèrement plus courte que celle d’une Chevrolet Spark (3,5 m plutôt que 3,6), on ne peut pas s’attendre à avoir un coffre gargantuesque.

Et c’est bien ça le talon d’Achille du Suzuki Jimny. Son volume utile est lilliputien: tout juste 85 litres lorsque la banquette arrière est en place. Le coffre, réputé petit, de la Mazda MX-5 paraît tout à coup gigantesque avec ses 130 litres de volume utile!

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Pour disposer d’un volume « convenable » avec ce petit tout terrain, il faut littéralement sacrifier la banquette arrière (qui n’est pas particulièrement spacieuse de toute façon) pour alors profiter de 377 litres. Dire que le coffre d’une Spark fait 313 litres avec sa banquette en place…

Au moins, dans le Suzuki Jimny, les plancher est parfaitement plat et est couvert de matière plastique facile à nettoyer. Il est également possible de replier le dossier du siège du passager sur son coussin pour hausser le volume utile à 830 litres et pouvoir alors charger de longs objets comme un escabeau.

Évidemment, toutes ces informations ne servent qu’à faire rêver certains d’entre nous qui souhaiterions nous offrir un tout terrain agile et abordable, car, contrairement aux dirigeants du groupe PSA (Peugeot-Citroën-DS-Opel-Vauxhall), qui affirment ouvertement préparer un retour prochain au Canada et aux États-Unis, ceux de Suzuki, qui a automobilement quitté notre continent il y a près de cinq ans, n’envisagent absolument pas un scénario similaire.

Snif, snif…