De toutes les provinces canadiennes, c’est le Québec qui a été sélectionné pour tester la Toyota Mirai au pays, a déclaré Martin Gilbert, directeur gestionnaire, Planification des ventes et Innovation, chez Toyota Canada (ouf!), en direct du salon de l’auto de Montréal.

M. Gilbert a fait pareille déclaration en présence du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Pierre Moreau, ainsi que de la ministre du Développement durable , de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon.

Les deux ministres ont ensuite, tour à tour, pris la parole pour marteler les deux principales raisons expliquant le choix de la Belle Province pour ce banc d’essai:

  • l’hydroélectricité, pour laquelle le Québec est le 4e producteur mondial en importance, considérée comme une énergie propre et renouvelable et, donc, parfaite pour alimenter des voitures à l’hydrogène se targuant d’être zéro émission;
  • l’acception de la population québécoise, plus grande qu’ailleurs au Canada, des véhicules à énergies alternatives.

(NDLR: vrai que le Québec achète presque la moitié des véhicules à énergies alternatives qui se vendent au pays, mais lisez ici comment il faut nuancer cette statistique.)

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La voiture à l’hydrogène – aussi nommée voiture à piles à combustible – affronte un des obstacles que vit encore aujourd’hui la voiture électrique: l’infrastructure d’approvisionnement. Toujours, c’est la même question: l’oeuf avant la poule ou la poule avant l’oeuf?

Le gouvernement provincial a décidé qu’il donnerait un coup de main à la voiture à l’hydrogène en s’investissant – jusqu’à la hauteur de 50% – dans l’implantation de deux stations de ravitaillement, une à Montréal et l’autre dans la ville de Québec.

Voilà qui viendra doubler le nombre de stations dans la Belle Province, qui ne mise actuellement que sur des installations au bureau-chef de Toyota, à Brossard sur la Rive-Sud de Montréal, ainsi qu’à l’Université du Québec à Trois-Rivières, où loge l’Institut de Recherche sur l’Hydrogène.

Les localisations qui accueilleront ces nouvelles infrastructures ne sont pas encore connues, mais le groupe pétrolier Harnois est intéressé, a confié le ministre Moreau. Non seulement ces deux stations distribueront, mais elles produiront également l’hydrogène et ce, à partir de l’hydroélectricité.

Leur coût envisagé: 5 millions de dollars canadiens chacune.

Combien coûtera le kilogramme d’hydrogène? En Californie, où roulent près de 3000 Toyota Mirai, les prix tournent autour des 14$US/kg – soit l’équivalent de 5,60$US le gallon américain d’essence ou, converti, 1,85$ canadien le litre.

Mais pour le Québec, ça reste à voir. Le ministre Moreau rapporte qu’ en vertu d’une nouvelle technologie de production développée en collaboration avec Transition Énergétique Québec, les coûts pourraient être moindres.

On pourrait vous dire que la Toyota Mirai est une berline quatre places, qui propose des accélérations réalistes (avec le 0-100 km/h en 9,4 secondes), merci à ses 151 chevaux de puissance et ses 247 livres-pied de couple.

On pourrait vous dire que l’autonomie de 500 kilomètres avant chaque plein d’énergie retranche de l’équation l’anxiété de la panne qu’on assimile aux voitures électriques.

On pourrait aussi vous dire que remplir le réservoir d’hydrogène ne prend que quelques minutes, à l’instar d’un véhicule à essence… soit six fois moins de temps que la recharge la plus rapide d’une voiture électrique.

On pourrait enfin vous dire que la Toyota Mirai, C’EST une voiture électrique, mais dont l’électricité est produite par une réaction chimique à l’intérieur même de ses piles à combustible – lorsque l’hydrogène et l’oxygène s’entremêlent.

Mais ce qu’on vous dira surtout, c’est que la Toyota Mirai n’émet que de la vapeur d’eau.

Nous répétons: il n’y a que de la vapeur d’eau qui s’égoutte de son échappement. L’émission est si propre que… nous l’avons bue. C’était en avril 2016, lors de notre premier contact routier avec la voiture – et voyez que nous sommes toujours vivants.

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Combien coûtera celle qui se détaille, en Californie, à près de 58 000$ US la copie? Voilà qui n’est pas la bonne question à poser, puisqu’à ses débuts canadiens – pardon, québécois, la Toyota Mirai ne sera que louée et ce, en à peine 50 exemplaires.

Comme à chaque fois que l’industrie automobile cherche à implanter – et à démocratiser une technologie hautement révolutionnaire, on minimise les risques: les premières Toyota à l’hydrogène à être cédées au pays seront donc loués à des consommateurs choisis sur le volet.

On se doute bien que le gouvernement du Québec sollicitera quelques unités. En attendant, il appert que non seulement la Toyota Mirai est présente au salon de l’auto de Montréal (jusqu’au dimanche 28 janvier), mais qu’on peut la conduire: il suffit de s’inscrire au kiosque de Toyota.