Renault a fait un bref retour aux États-Unis pour souligner le 60e anniversaire de son prototype à turbine des années 50 : l’Étoile filante. Dans le cadre de la Speed Week annuelle, qui avait lieu du 13 au 19 août dernier sur le lac salé de Bonneville, en Utah, le constructeur français a ramené pour la première fois en Amérique ce bolide qui avait établi quatre records mondiaux de vitesse.

Le 5 septembre 1956, cette petite monoplace bleue s’élance sur le lac salé et atteint une vitesse de pointe à 308,85 km/h sur un parcours de 5 km. Pilotée par le Français Jean Hébert, l’Étoile filante établit alors un nouveau record du monde, qui reste inégalé à ce jour !

Hébert réalisera un autre record de vitesse à Bonneville : 306,9 km/h pour un kilomètre.

Si Renault a choisi les États-Unis pour réaliser ces exploits, c’est à cause de la commercialisation de sa petite Dauphine qui débute à peine; une réplique du constructeur français au lancement de la Coccinelle de Volkswagen sur notre continent. Avec ces records, on espère asseoir la réputation de Renault outre-Atlantique et favoriser la vente d’une gamme de produits qui sera progressivement étoffée.

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En guise de clin d’œil à cette épopée américaine, cette année, Renault avait aussi amené à Bonneville une Dauphine, un ancien modèle de série qui célèbre également ses 60 ans en 2016.

Confiée au pilote de Formule E Nicolas Prost de l’écurie e.Adams, cette voiture ancienne a même établi un nouveau record dans sa catégorie. Prost a poussé la Dauphine numéro 9561 à 123,1 km/h (76.541 mi/h), vitesse officialisée le 14 août 2016 au matin après diverses vérifications techniques.

Cet « ancêtre » a ainsi battu le record de la classe CGC (Classic Gas Coupé) — bien qu’il s’agisse d’une berline. Cette classe réunit les véhicules construits entre 1928 et 1981 et dotés d’un moteur d’une cylindrée de 754 et 1 015 cm3. Cette Dauphine était équipée d’un 4-cylindres de 956 cm3.

On associe la genèse de l’Étoile filante au Français Joseph Szydlowski, le patron de la société française Turboméca. Établie en 1945, son entreprise est spécialisée dans la conception et la fabrication de moteurs à turbine. Elle a, entre autres, fabriqué les moteurs à turbine des hélicoptères Alouette.

Convaincu que cette technologie pourrait intéresser le grand public, Szydlowski contacte Renault et propose de l’adapter à l’automobile. À l’époque, Fiat et General Motors explorent également les vertus de cette technologie.

En 1954, le projet français donne naissance à une monoplace à structure tubulaire dont la carrosserie en polyester se caractérise par d’imposantes dérives qui lui donnent une allure d’avion. Des essais en tunnel sont réalisés avec succès entre 1954 et 1956. Puis, en septembre, cette année-là, l’Étoile filante écrit une nouvelle page d’histoire.

Longue de 4,8 m, l’Étoile filante est entraînée par une turbine alimentée au kérosène qui produit 270 ch à 28 000 tr/min.

Comme le racontent les historiens de Renault, cette étoile sera bien filante et s’éteindra rapidement avec ses records. Les turbines posent d’importants problèmes d’adaptation à l’automobile, tout particulièrement pour l’élimination de la chaleur importante qu’elles dégagent.

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