Ce petit prototype appelé Lina a été réalisé par des étudiants d’une université néerlandaise. Il est ultraléger et sa motorisation électrique lui permet de parcourir une centaine de kilomètres. Jusque-là, il semble ordinaire, sauf que sa carrosserie monocoque est faite à partir de lin et de betterave à sucre !

Ces étudiants du module TU/Ecomotive de l’Universitié technique d’Eindhoven, dans les Pays-Bas affirment d’ailleurs que leur Lina est la première automobile au monde fabriquée avec des biocomposites.

Les biocomposites, des matériaux naturels moulés et collés ensemble à l’aide d’une résine naturelle ou synthétique, constituent une solution de remplacement aux matériaux utilisés couramment dans la fabrication automobile, comme l’aluminium et la fibre de carbone, qui servent à alléger les véhicules. D’ailleurs, selon les concepteurs de la Lina, pour être produits, ces deux matériaux nécessitent de cinq à six fois plus d’énergie que l’acier, ce qui annule dans une certaine mesure l’économie de consommation de carburant qu’ils procurent.

Le lin présente plusieurs particularités attrayantes. Lorsque les fibres de lin sont assemblées en treillis, puis comprimées sous la forme d’un panneau, sa robustesse devient comparable à celle d’une feuille d’aluminium ou de fibre de carbone. De plus, le lin est une matière renouvelable qui est aussi recyclable. Enfin, cette fibre est produite en grande quantité en Europe, particulièrement aux Pays-Bas.

Dévoilé le 17 mai dans le cadre de la Semaine de la technologie des Pays-Bas, le prototype Lina a un châssis, une carrosserie et un intérieur faits en lin. Son châssis est fabriqué avec des panneaux-sandwich constitués de feuilles de biocomposites de lin enveloppant une structure en nid d’abeille en bioplastiques produit avec de la betterave à sucre. Selon ses concepteurs, ces panneaux offrent une robustesse comparable à la fibre de verre.

Seuls les éléments de la suspension et les roues n’ont pas été fabriqués avec des biocomposites, précise Yanic van Riel du module TU/Ecomotive.

La Lina est plus courte qu’une Toyota Yaris 5-portes (3 500 mm contre 3 950), ce qui ne l’empêche pas d’accueillir quatre personnes.

Cette puce qui ne pèse que 310 kg (sans sa batterie) est animée par deux moteurs électriques, qui produisent une puissance nette de 7,5 kW (10,2 ch). Elle peut atteindre une vitesse de pointe de 80 à 85 km/h, alors que sa batterie au lithium-ion de 99 Ah lui assure une autonomie d’environ 100 km.

Ce prototype sera bientôt mis à l’essai sur les routes des Pays-Bas, mais une production n’est pas prévue. Il démontre cependant le potentiel des biocomposites dans la fabrication automobile.