Le Mahindra Roxor dévoilé aujourd’hui au siège social de Mahindra Automotive North America (MANA) à Auburn Hills, au Michigan, peut à juste titre être qualifié de cousin indien du Jeep. Après tout, c’est d’abord en construisant des Willys Jeep sous licence, à partir de 1947, que Mahindra & Mahindra (M & M) est devenu un grand constructeur d’automobiles.

Aujourd’hui, la multinationale tente une percée sur le marché automobile nord-américain, mais de manière indirecte. En effet, les stratèges de ce conglomérat indien, qui étudient depuis longtemps divers scénarios permettant de vendre ici des véhicules de marque Mahindra, mais aussi ceux de la filiale coréenne SsangYong, ont choisi d’offrir d’abord un petit véhicule biplace destiné uniquement à un usage hors route.

En effet, le Mahindra Roxor ne répond pas aux normes de sécurité routière nord-américaine (pas de sacs gonflables, de pare-chocs réglementaires, etc.) comme le fait, par exemple, un Jeep Wrangler. Mais avec sa cage de sécurité et ses filets latéraux, il répond aux normes de sécurité des véhicules hors route édictées par la Recreational Off-Highway Vehicle Association (ROHVA), nous confirme le Québécois Luc de Gaspé Beaubien, vice-président Ventes et Marketing de la filiale américaine du constructeur indien.

Voilà pourquoi le constructeur qualifie le Roxor de « côte à côte », comme s’il s’agissait d’un VTT biplace classique vendu par BRP, Polaris ou… Mahindra. Rappelez-vous que les concessionnaires de tracteurs Mahindra présents au Canada et aux États-Unis offrent aussi deux gammes de VTT appelées Retreiver et mPact XTV.

Le Mahindra Roxor cible donc les amateurs de plein air : des chasseurs, des fermiers et toutes ces autres personnes qui utilisent un VTT pour se déplacer dans les champs et les forêts.

Mais ce nouveau 4×4 n’a pas l’allure d’un VTT traditionnel et c’est pourquoi son constructeur affirme inaugurer un nouveau créneau. Après tout, au premier coup d’oeil on croirait voir un Willys M38, ce véhicule militaire qui a servi durant la Guerre de Corée et dont la version civile appelée CJ-5 a été commercialisée de 1954 à 1983, d’abord au sein de la marque Willys et ensuite Jeep.

La filiation avec les produits Jeep est évidente, sauf pour la calandre. Pour le marché nord-américain seulement, elle a cinq fentes larges étalées en éventail, alors que celle d’un produit Jeep en a sept qui sont verticales et étroites; un motif devenu une marque de commerce reconnue mondialement… et protégée.

Les dimensions particulières du Roxor justifient aussi le marché ciblé. Comparativement à un Jeep Wrangler 2019, qui mesure 4 m de long, il est plus court puisqu’il mesure 3,8 m (un CJ-5 mesurait 3,4 m). Toutefois, son empattement est aussi long que celui d’un Wrangler (2 438 mm contre 2 423), mais sa carrosserie est nettement plus étroite (1 575 mm contre 1 873), une caractéristique qui plaira aux conducteurs de VTT.

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Ce nouveau véhicule tout-terrain partage l’architecture et le moteur du Mahindra Thar DI fabriqué en Inde, mais il a été modifié pour mieux répondre aux goûts des acheteurs locaux. De plus, il sera assemblé dans les installations de MANA, à Auburn Hills au Michigan.

Son moteur est un quatre cylindres turbodiesel de 2,5 litres qui produit… 62 chevaux et 144 lb-pi de couple (de 1 400 à 2 200 tr/min). Il est jumelé à une boîte de vitesse manuelle à 5 rapports et un boîtier de transfert Dana T-18 permet de passer manuellement de deux à quatre roues motrices.

Le constructeur attribue une consommation moyenne de 7,0 à 7,4 L/100 km à son petit tout terrain. Son réservoir de 45 litres de diesel laisse entrevoir une autonomie atteignant 560 km dans les meilleures conditions. Car, contrairement à un VTT ordinaire, le Mahindra Roxor peut remorquer de lourdes charges: jusqu’à 1 583 kg (3 490 lb).

La vitesse de pointe limitée à un peu plus de 70 km/h (24 km/h en remorquage) est qualifiée de «convenable» par ses concepteurs. Le modèle d’entrée de gamme et la version Limited, les premières à être offertes en Amérique du Nord, n’auront pas de prise de mouvement (power take-off ou PTO disent les anglophones). Cependant, ce système sera offert plus tard, confirme le constructeur.

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La commercialisation du Mahindra Roxor débutera après la rencontre des concessionnaires étatsuniens, qui aura lieu à San Antonio au Texas, en ce mois de mars. Il reste, par ailleurs, à constituer un réseau canadien de concessionnaires et M. de Gaspé Beaubien nous confirme qu’il sera distinct du réseau actuel de concessionnaires de tracteurs.

De fait, le Mahindra Roxor sera vendu par des détaillants de VTT multifranchisés. De plus, le constructeur souhaite amorcer sa commercialisation au Canada dès l’été prochain.

Durant la conférence de presse du dévoilement, qui avait lieu dans les installations de MANA, Mahindra n’a pas annoncé de prix. On sait toutefois qu’il devra être concurrentiel par rapport à celui d’un VTT biplace traditionnel.

Or, dans un article du quotidien Detroit News publié avant la conférence de presse, le journaliste Daniel Howes écrit que le prix de base aux États-Unis sera 15 549$ US, ce qui équivaut à environ 19 500$ au Canada.

Ce prix ferait du Roxor, en quelque sorte, un modèle haut de gamme comparativement aux VTT biplaces déjà offerts. Le Retriever, par exemple, est proposé à nos voisins étatsuniens à partir de 13 999$ US, alors que son prix de base au Canada est de 17 499$.

Parions que les stratèges de la marque feront des pieds et des mains pour offrir le Roxor au Canada à un prix frôlant les 20 000 $. Le constructeur promet déjà d’offrir un catalogue d’options offrant de nombreuses possibilités de personnalisation.