L’homme d’affaires étatsunien Malcolm Bricklin n’a pas fini de nous étonner avec ses projets pharaonesques. Il fait un nouveau retour sur la scène automobile en annonçant le lancement prochain d’une 3-roues à propulsion électrique appelée 3EV, projet qui, curieusement, serait lié à un commerce d’art de grand prix.

Voilà ce que nous apprend Automotive News, l’hebdomadaire de Detroit, dans sa livraison d’aujourd’hui.

Les Canadiens se souviendront du rutilant coupé à portes-papillon appelé SV-1 que Bricklin avait fabriqué au Nouveau-Brunswick, dans les années 70. D’autres se rappelleront la Yugo famélique qu’il avait introduit sur le marché des États-Unis, au cours des années 80, deux décennies après avoir lancé la marque Subaru dans le même pays avec la lilliputienne 360. Certains, enfin, évoqueront le projet amorcé avec le constructeur chinois Chery pour lancer une gamme de véhicules, qui avait avorté au milieu des années 2000.

Aujourd’hui âgé de 78 ans, Bricklin propose aux gens d’affaires de verser 2 millions de dollars pour obtenir des actions de l’entreprise qu’il dirige, Visionary Vehicles de New York. Ils deviendraient ainsi concessionnaires de la 3EV et dépositaires de peintures de grands artistes, dont la valeur serait garantie. Il s’agit toutefois d’un incontournable « combo » : impossible d’investir dans le projet de la 3-roues sans aussi s’impliquer dans le commerce d’oeuvres d’art.

Il faut préciser que la 3EV n’existe que de manière virtuelle. La société Panoz Engineering Services de Dan Panoz, en Georgie, aurait réalisé un « travail préliminaire d’ingénierie et de design », affirme Automotive News. Un modèle de série pourrait même être prêt pour la commercialisation dès 2019. Mais l’hebdomadaire précise qu’aucun contrat ne lie Visionary Vehicles à l’entreprise de Panoz.

De plus, le site Internet de Visionary Vehicles ne dévoile pas grand-chose non plus sur ce véhicule électrique, qui est décrit par une surenchère de superlatifs. On y apprend tout juste que son prix de base serait 25 000 $ US et que sa silhouette serait remaniée tous les six mois « pour accroître sa valeur sur le marché de l’occasion ».

Par contre, l’autonomie de sa batterie, la nature de son groupe motopropulseur et de son architecture, etc., tout cela reste inconnu. On ignore même si cette voiture est une monoplace, comme l’Electra Meccanica de Vancouver, ou une biplace, comme l’Elio étatsunienne.

Parions que cette histoire fera couler encore beaucoup d’encre…

Entre-temps, les férus d’histoire se souviendront que, parmi les nombreux projets entrepris par Malcolm Bricklin durant sa carrière, il est aussi devenu brièvement distributeur des Fiat X1/9 et 124 Spider (l’originale) après que le constructeur italien ait quitté le marché des États-Unis, au début des années 80.

Puis, au milieu des années 90, il s’est lancé dans la commercialisation de vélos électriques appelés EV Warrior.

Enfin, après l’échec du projet entrepris avec Chery, en 2008, son entreprise s’est lancée dans le développement d’une berline à motorisation hybride rechargeable appelée EVX LS, qui ne s’est toutefois jamais concrétisé.