Mine de rien, le moteur à piston rotatif de Mazda célèbre ses 50 années d’existence aujourd’hui. C’est le 30 mai 1967 que cette technologie a fait ses débuts chez le constructeur de Hiroshima, avec la Cosmo Sport 110S. Ce modèle produit en petite série sera suivi par plusieurs autres dont le petit coupé R100, la berline et la familiale RX-3 (appelées Savanna au Japon), et les RX-5 et RX-7. Il y aura même une camionnette compacte baptisée Rotary Pickup, qui a été vendue en Amérique du Nord au début des années 70 !

Au fil des ans, le moteur à piston rotatif est devenu le symbole de Mazda. « Il est né des efforts consentis par nos anciens dirigeants et d’une véritable culture d’entreprise privilégiant les défis majeurs », avait dit le président-directeur général et président du conseil d’administration de Mazda, Hisakazu Imaki, à pareille date en 2007, au moment de célébrer le 40e anniversaire de cette technologie.

Concept développé par l’ingénieur allemand Felix Wankel (1902-1988), un premier prototype fonctionnel est réalisé en 1957 chez le constructeur NSU, son employeur.

Il faut toutefois attendre 1964 pour qu’une version plus évoluée soit montée dans une automobile destinée à la commercialisation : la NSU Spider, une petite voiture décapotable produite à 2 375 exemplaires, de 1964 à 1967.

C’est avec la Ro80, une berline de taille moyenne et de conception moderne lancée en octobre 1967, que NSU donnera ses lettres de noblesse au moteur de Felix Wankel. En 2007, le service postal allemand (Deutsche Post) soulignera d’ailleurs le 50e anniversaire de ce jalon historique par l’émission d’un timbre-poste commémoratif.

Entre-temps, Wankel vend des brevets à quelques constructeurs qui étudient la possibilité d’adopter ce type de moteur. Parmi eux, on compte Daimler-Benz, Citroën et Mazda, celui qui le développera le plus.

En juillet 1961, Mazda obtient les droits de NSU Motorenwerke AG et de Wankel GmbH et amorce un projet de développement. Les essais réalisés quelques mois plus tard avec les premiers prototypes construits à Hiroshima ne sont toutefois pas très concluants. Après quelques heures de fonctionnement, un moteur saisit, alors que le rotor d’un autre produit d’importantes rayures transversales.

Malgré la conviction que cette technologie est prometteuse, la direction de Mazda sait qu’il y a encore beaucoup à faire pour la rendre viable. Voilà pourquoi on forme une équipe d’ingénieurs (surnommés les 47 samouraïs) dirigée par Kenichi Yamamoto.

En octobre 1963, Yamamoto présente un prototype de moteur à piston rotatif au Salon de l’auto de Tokyo et, l’année suivante, le prototype du premier véhicule de la marque doté d’un moteur à piston rotatif. C’est la Cosmo Sport 110S, une automobile dont la commercialisation débute le 30 mai 1967. Cette biplace devient alors la première automobile de série au monde dotée d’un moteur birotor (à doubles pistons rotatifs).

Mazda ne produit que 1 176 Cosmo Sport 110S, sort réservé à plusieurs voitures sport japonaises de l’époque. Elle est néanmoins le premier jalon d’une longue saga qui s’étend même au monde de la compétition, entre autres avec le Marathon de la Route, une épreuve d’endurance de 84 heures disputée en 1968.

En 1991, le moteur à piston rotatif revient à l’avant-plan de la compétition automobile lorsque la Mazda 787B remporte les 24 Heures du Mans, qui demeure, aujourd’hui encore, la seule voiture japonaise à avoir réalisé cet exploit.

Le coupé 2+2 Mazda RX-8 lancé en avril 2003 est le dernier modèle de série exploitant la techologie imaginée par Felix Wankel. Pour ce modèle, le constructeur réalise d’ailleurs un nouveau moteur atmosphérique baptisé Renesis, plus compact, plus puissant et moins énergivore que ses prédécesseurs. Le magazine spécialisé britannique Engine Technology International lui décerne d’ailleurs le titre de Moteur international de l’année, en 2003.

Depuis, Mazda poursuit le développement de ce moteur avec des variantes alimentées avec une pile à hydrogène, qui animent des coupés RX-8 et des fourgonnettes Mazda5 (Premacy au Japon).

Cela n’empêche pas Mazda d’envisager un retour du rotatif sur le marché automobile. Depuis quelques années, des rumeurs circulent voulant qu’il pourrait servir de génératrice pour un véhicule Mazda doté d’une motorisation hybride rechargeable conçue à la manière de celle de la Chevrolet Volt.

Par ailleurs, le dévoilement au Salon de Tokyo 2015 de la RX-Vision, une impressionnante voiture-concept de haute performance, laisse croire qu’un nouveau modèle sport pourrait éventuellement succéder à la RX-8.