Le Mercedes-Benz EQC 400 4Matic qui vient d’être lancé à Stockholm, en Suède, est le premier véhicule électrique destiné à une grande diffusion du constructeur de Stuttgart.

Avec ce véhicule, les stratèges de la marque souhaitent s’accaparer une part importante du «gâteau électrique» en détournant l’attention de la clientèle de Tesla, c’est évident, mais aussi de ces autres acheteurs qui lorgnent du côté des Jaguar i-Pace et Audi e-Tron, sans compter les fidèles de BMW qui attendent avec impatience de découvrir le concept Vision iNext préfigurant un futur rival dans cette catégorie.

«Avec l’EQC, premier VUS 100 % électrique de Mercedes-Benz, nous passons la vitesse supérieure», a dit Dieter Zetsche, président du directoire de Daimler AG et responsable de Mercedes-Benz Cars lors du dévoilement à la presse mondiale hier.

«La propulsion électrique est une étape-clé de la mobilité du futur. C’est pourquoi nous investirons au cours des prochaines années plus de dix milliards d’euros (15$ milliards) dans les nouveaux produits EQ et plus d’un milliard dans la production de batteries.»
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L’EQC, qui entrera en production au milieu de 2019, sera le premier d’une dizaine de véhicules électriques (VÉ) des marques Mercedes-Benz et Smart qui doivent être lancés d’ici 2022.

Cet utilitaire doit être assemblé sur une nouvelle plateforme dédiée aux VÉ appelée EVA (pour Electric Vehicle Architecture, photo ci-dessous). Il sera animé par deux moteurs asynchrones alimentés par une batterie au lithium-ion de 80 kWh, ce qui devrait lui procurer une autonomie optimale dépassant 450 km, affirme le constructeur.

Ces moteurs entraîneront les quatre roues et produiront une puissance de 300 kW (408 chevaux), ainsi que 564 lb-pi de couple. Cela devrait permettre à l’EQC d’accélérer de 0 à 100 km/h en 5,1 secondes, une performance proche des 4,9 secondes que requiert un Mercedes-AMG GLC 43 4Matic pour faire de même.

Ses dimensions et son poids le rendent comparable, aussi, à un Mercedes-Benz GLC 350e 4Matic (2425kg comparativement à 2025kg), un modèle hybride vendu au Canada à partir de 60 200$.

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Le Mercedes-Benz EQC dispose de série d’un chargeur embarqué refroidi par eau d’une puissance de 7,4 kW. Il est donc conçu pour être rechargé sur un courant alternatif à domicile ou à partir de bornes de recharge publiques. Le constructeur affirme d’ailleurs qu’à partir d’une borne à haut débit, la batterie pourrait être rechargée en 40 minutes.

Le prix de ce véhicule n’a pas été annoncé, le constructeur se limitant à affirmer qu’il sera «concurrentiel».

Rappelons que l’EQC n’est pas le premier véhicule électrique de série offert par Daimler/Mercedes. C’est à la Smart Fortwo Electric Drive, dévoilée en 2011, que revient ce titre – une citadine dont l’appellation a d’ailleurs été révisée récemment pour incorporer les incontournables lettres EQ.

Comme cette Smart, l’EQC utilise donc une désignation l’associant à cette nouvelle «classe EQ» créée en septembre 2016 pour réunir l’ensemble des VÉ grands publics qu’offrira désormais Mercedes-Benz.

Mais voilà, ces deux lettres ne constituent pas un acronyme. Selon les gurus du marketing de Mercedes, elles évoquent une «intelligence électrique». En fait, cette affirmation mène à un jeu de mots étriqué.

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Pensez d’abord à quotient intellectuel ou QI. Puis, traduisez cette expression en anglais (évidemment…), ce qui donne intelligence quotient ou IQ. Enfin, remplacez le mot intelligence (le I) par electric (le E), et voilà l’origine d’EQ !

Oui, des gens sont payés cher pour imaginer des choses pareilles…

Or, depuis 2016, une flopée de véhicules-concepts portant des appellations formées autour de ces deux lettres ont contribué à faire connaître cette gamme de VÉ en devenir. Le plus récent de ces concepts a d’ailleurs été dévoilé à Pebble Beach, le 24 août dernier: il s’agit de l’imposante Vision EQ Silver Arrow, une monoplace électrique d’allure rétro qui n’a vraiment pas grand-chose en commun avec l’EQC… à part ces deux lettres !

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Si Mercedes déploie autant d’efforts autour du lancement de sa nouvelle classe EQ, c’est que les marques rivales se ruent aux portillons pour détrôner Tesla et son Modèle X.

Par exemple, après avoir longuement publicisé son lancement, le Jaguar i-Pace (photo ci-dessous) a finalement fait ses débuts à Genève, en Suisse, en mars dernier, et très vite le carnet de commandes pour ce véhicule a été ouvert.

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De son côté, Audi fait des pieds et des mains pour se tailler une place de choix dans le sacro-saint (et sans doute très profitable) créneau des VUS électriques.

D’ailleurs, le constructeur d’Ingolstatd a diffusé cette semaine un communiqué annonçant le début de la production à son usine de Bruxelles du futur rival du Mercedes-Benz EQC: l’Audi e-Tron (une appellation manifestement imaginée sans considération aux consommateurs francophones d’ici…).

Le communiqué était accompagné d’une photo montrant Peter Kössler et Patrick Danau (photo ci-dessous), deux dirigeants d’Audi AG responsables de la production, qui levaient le voile sur le coin avant du véhicule, sans en montrer davantage: l’Audi e-Tron sera dévoilé en première mondiale à San Francisco, le 17 septembre prochain.

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Ce VÉ, qui aurait une autonomie de plus de 400 km, a des dimensions qui le situent entre l’Audi Q5 et l’Audi Q7.

Chez BMW, qui semble à la traîne, on multiplie les communiqués et les photos suggestives menant au dévoilement, la semaine prochaine, du BMW iNEXT, l’aboutissement de moult prototypes de BMW Vision et iInside Future Concepts.

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Ce BMW iNEXT préfigure, si l’on se fie à une esquisse (ci-dessus) diffusée par le constructeur, un futur modèle de série électrique du gabarit des Jaguar i-Pace, Mercedes-Benz EQC et Audi e-Tron.

BMW affirme que le modèle de série qui en découlera sera en production à son usine de Dingolfing, en Allemagne, dès 2021.