Aujourd’hui, la plupart des gens sont conscients des impacts importants qu’ont leurs déplacements sur l’environnement et sur leur qualité de vie : les longues heures à être pris dans le trafic augmentent le niveau de stress, les files interminables de voitures dégagent un nuage de fumée grise digne des meilleurs films dystopiques, les bouchons de circulation causent des problèmes cardio-respiratoires chez ceux qui habitent à proximité des grands axes routiers…

Mais quelle alternative pour ceux qui n’ont pas la chance de vivre à proximité de leur lieu de travail et pour qui le transport collectif est soit inexistant, soit trop peu efficace?

L’application Netlift, dont la première mouture remonte à 2015, cherche à résoudre ce problème. Comment? Grâce à la technologie. En effet, l’entreprise met en relation, par le biais de son application mobile, des automobilistes ayant des places libres dans leur véhicule et des passagers en quête d’un moyen de transport. Tout simplement.

Il s’agit donc d’une manière de «livrer du transport collectif par [l’entremise de] l’automobile des particuliers», comme l’illustre le président et fondateur de l’entreprise, Marc-Antoine Ducas. Au départ, c’est un «application mobile qui est destinée au covoiturage domicile-travail», c’est-à-dire qu’elle fonctionne en mode planifié: les utilisateurs qui prévoient 24h à l’avance leurs trajets obtiennent les meilleurs tarifs, ajoute-t-il.

«Il s’agit d’un moyen de se déplacer aussi vite qu’en auto», mais moyennant un «budget similaire à celui de l’autobus», précise M. Ducas en entrevue avec Autofocus.ca. Ainsi, pour quelqu’un qui fait régulièrement le même trajet, que ce soit pour aller au travail ou à l’école, il y a de nombreux bénéfices, allant des économies de temps et d’argent à la facilité de déplacement.

Le but, c’est que «les gens qui se déplacent pour le travail puissent le faire avec des temps de déplacement qui sont similaires à s’ils prenaient leur voiture», indique encore M. Ducas.

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Netlift, qui en est présentement à sa cinquième version, compte quelque 35 000 membres actifs — les gens qui ont un compte mais qui ne l’utilisent pas ne sont pas comptabilisés. Bien qu’on ne sache pas le nombre de déplacements faits grâce à l’application, ces données n’étant pour l’instant pas divulguées, cette statistique varierait entre un déplacement et une cinquantaine par mois pour un seul individu, avec la moyenne se situant à environ 8 à 10 déplacements mensuels.

Depuis décembre, Netlift intègre également les taxis à sa solution de mobilité afin que les membres puissent se rendre à destination même si aucun autre usager n’est disponible pour la course. Le président de l’entreprise stipule néanmoins que ces courses, lorsqu’elles sont faites en mode planifié, reviennent toujours moins cher qu’une course en Uber X, par exemple.

Mais ce n’est pas tout: Netlift a déjà commencé à élargir ses activités à d’autres villes dans le monde. On parle par exemple d’Ottawa et de Toronto, ainsi que de… Mexico! Bien que le projet ait été mis sur pause en cette année électorale au Mexique, Netlift a «commencé l’implantation» de son application de covoiturage dans la métropole et attend l’entrée en poste, le 1er décembre, du nouveau gouvernement pour aller de l’avant, affirme Marc-Antoine Ducas.

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Par rapport à l’annonce du Parti québécois de vouloir favoriser le covoiturage grâce à un incitatif monétaire, le fondateur de Netlift se montre réceptif. «On appuie et on encourage le financement du covoiturage», indique-t-il, ajoutant que «pour beaucoup de gens, c’est le seul mode de transport collectif disponible.»

À titre d’exemple: pour quelqu’un qui doit faire Rivière-du-Loup/Montréal pour se rendre au travail, les options de transport en commun sont quasi-inexistantes. Le covoiturage permet donc à au moins une personne de se rendre à destination aussi rapidement que si elle prenait son véhicule personnel, tout en réduisant les coûts pour tout le monde. Et, bien sûr, en réduisant le nombre de voitures sur les routes.

C’est du win-win-win, comme on dit.

Pour en revenir à la proposition du PQ, «C’est comme si chaque citoyen vendait au gouvernement les places libres dans son auto», illustre M. Ducas. Ce dernier, qui a été consulté par plusieurs partis politiques dans les derniers mois, se dit donc «d’accord avec l’idée que l’État finance de covoiturage», mais souhaite qu’il «ne se mêle pas de développer des logiciels». (NDLR: est-ce que quelqu’un a le mot Phoenix en tête?)

En effet, Netlift a toute une équipe derrière ses services et pour M. Ducas, l’État n’a ni les ressources ni l’expertise pour se lancer dans un tel projet.

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Les impacts individuels et collectifs d’une telle application ne sont pas minces : si de plus en plus de personnes laissent leur voiture à la maison, alors on parle d’une diminution de la pollution atmosphérique, une baisse des coûts annuels liés à la voiture et, qui sait, peut-être que certaines personnes choisiront même de se départir complètement de leur véhicule individuel.

Bien sûr, nous n’en sommes pas encore là, mais il y a lieu de se réjouir: ailleurs dans le monde, tout comme ici, des gouvernements, des entreprises et des particuliers se penchent sur la question de la technologie au service du transport afin d’ouvrir une nouvelle ère de la mobilité.

Alors gardons l’oeil ouvert, car la société est en mouvement — dans tous les sens du terme — et nous sommes les premiers témoins de ce changement de paradigme.