Le constructeur chinois Nio, connu sous le nom NextEV jusqu’en novembre dernier, entend lancer des véhicules à propulsion électrique en Amérique du Nord d’ici 2020. Voilà l’annonce faite par Padmasree Warrior, la présidente de la filiale étatsunienne de l’entreprise, Nio USA, lors d’une conférence de presse présentée le 10 mars dans le cadre du festival de film South by Southwest à Austin, au Texas.

Cette entreprise a profité de cet événement pour dévoiler une voiture-concept à conduite autonome appelée Eve, qui sera en vedette au salon Auto Shanghai, en avril.

Elle a également montré pour la première fois sur notre continent la biplace électrique de haute performance EP9, auteur de récents records de vitesse sur piste.

Les concepteurs présentent la voiture-concept Eve comme une vitrine des technologies qui rendront bientôt possible la conduite autonome. Ils la comparent d’ailleurs à un « compagnon numérique et un robot sur roues ».

Sa conception repose sur l’intention claire d’offrir d’abord et avant tout un intérieur offrant le confort d’un salon. On y accède par deux larges portières coulissantes et son aménagement permet à ses occupants de travailler, de se divertir ou même de dormir.

Le vitrage enveloppant de sa carrosserie à deux volumes donne un panorama sans entrave sur les environs de la voiture, l’Eve n’ayant ni piliers A, ni piliers B. De plus, en modifiant la transparence du vitrage latéral, sa face intérieure peut alors servir d’écran de visionnement ou pour des systèmes de réalité augmentée.

Au coeur de cette voiture, on retrouve Nomi, un système d’intelligence artificielle doté d’une interface « humaine intuitive », disent ses concepteurs. Elle utilise des commandes verbales et gestuelles pour commander cette automobile et communiquer avec le monde extérieur.

Le constructeur n’a toutefois révélé aucun détail sur la motorisation et les systèmes de conduite autonome de ce concept, qui ressemble plutôt à une voiture de rêve des années 50. Une fantaisie…

En revanche, le coupé EP9 est bel et bien fonctionnel. Dévoilé à Londres, en novembre dernier, ce bolide a établi son premier record sur piste le 12 octobre 2016 en parcourant en 7 min 5,12 s les 20,8 km de « l’enfer vert », le Nordschliefe du Nürburgring, en Allemagne. Ce tour de piste en a fait la voiture électrique la plus rapide au monde.

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Puis, le 4 novembre, l’EP9 a établi un nouveau record sur le circuit Paul Ricard, en France, en établissant un temps de 1 min 52,78 s qui a éclipsé le record antérieur qui était de 2 min 40 s.

Ses exploits les plus récents ont été accomplis au Circuit des Amériques (Circuit of the Americas ou COTA) à Austin, au Texas. Le 23 février, ce bolide a fait un tour de piste en 2 min 40,33 s en atteignant une vitesse de pointe de 258 km/h en mode autonome (sans intervention d’un pilote).

Le même jour, l’EP9 a fracassé le record de la voiture de production la plus rapide du COTA avec un tour de piste réalisé en 2 min 11,30 s avec une vitesse de pointe de 274 km/h.

La Nio EP9 est entraîné par quatre moteurs électriques qui fournissent une puissance d’un mégawatt, l’équivalent de 1 342 ch. Elle peut donc accélérer de 0 à 100 km/h en 2,7 s, de 0 à 200 km/h 7,1 s, en plus d’atteindre une vitesse de pointe de 312 km/h.

Elle est dotée d’un système de batteries interchangeables rechargeable en 45 min et donnant une autonomie de plus de 425 km.

Les six exemplaires de cette voiture qui doivent être fabriqués ont été vendus à des investisseurs proches de l’entreprise pour 1,2 million US $ l’exemplaire. Plus tard cette année, Nio entend cependant rendre l’EP9 disponible au grand public.

Fondée en 2014 par William Li, le magnat chinois d’Internet responsable des sites bitauto.com, autohome.com.cn, JD.com, Nio fait partie de ces nombreuses entreprises chinoises en démarrage actives dans le secteur automobile; des entreprises qui ont toutes un pied-à-terre aux États-Unis et en Europe.

Rappelons que Nio est associée à JAC Motors, un constructeur chinois d’automobiles et de véhicules commerciaux ayant une capacité de production annuelle d’environ 700 000 véhicules. Nio s’est également impliquée dans le championnat de Formule E avec sa propre écurie, qui a d’ailleurs remporté le titre en 2015.

Parmi ces nouveaux constructeurs chinois d’autos électriques et autonomes, on compte LeEco, un fabricant de produits électroniques, et sa filiale étatsunienne, Faraday Future.

LeEco est également lié au projet de voiture électrique de la société californienne Lucid Motors, qui a présenté la berline Air au Salon de Los Angeles, en novembre dernier.

Enfin, Future Mobility Corporation (FMC), qui est contrôlée par l’entreprise d’Internet chinoise Tencent Holdings, prépare aussi le lancement d’une auto électrique capable de conduite autonome. Son dévoilement est prévu pour plus tard cette année.