Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a annoncé en début de semaine que s’il était élu, un gouvernement du Parti québécois miserait sur la réduction de la congestion… grâce à la technologie. En effet, la formation politique souhaiterait mettre sur pied une application permettant de connecter les conducteurs ayant des places libres dans leur voiture avec des passagers en quête d’un moyen de se déplacer.

Comment cela fonctionnerait-il? Eh bien, un peu à la manière d’un Tinder du transport, comme l’a illustré le chef péquiste: cette plateforme permettrait de trouver des conducteurs ou des passagers en fonction de leur emplacement géographique et de mettre en relation ceux qui ont des trajets similaires. Le tout, à partir de notre téléphone intelligent.

Plus spécifiquement, autant les passagers que les conducteurs auraient des incitatifs financiers à faire du covoiturage : la première année suivant l’inscription, chacun obtiendrait 4$ par trajet, puis ce montant diminuerait à 3$ pour les années subséquentes. Pour obtenir ces primes, les covoitureurs devraient voyager sur une distance minimale, à l’heure de pointe, et ne pas résider à la même adresse.

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S’agira-t-il d’une application développée par le gouvernement? D’un plateforme regroupant les applications déjà existantes et leurs utilisateurs actuels? Un peu des deux? La question a été posée par des acteurs du milieu, qui déplorent la confusion de cette mesure. D’autant qu’à Montréal, une application du genre existe déjà depuis deux ans: Netlift, du créateur Marc-Antoine Ducas.

Quelle que soit la forme concrète que prendra cette promesse, le Parti québécois prévoit des investissements de 313 millions sur quatre ans, dont 29 millions la première année. Cet argent proviendrait directement du Fonds vert et l’objectif serait, à terme, de retirer 150 000 véhicules des routes du Québec à l’heure de pointe.

Cette promesse s’inscrit dans le cadre du Grand Déblocage promis par le parti, un projet de mobilité d’une grande envergure qui créerait de nouveaux réseaux de tramways, de nouvelles dessertes de voies rapides ainsi que la revalorisation du système de trains de banlieue. Ce projet viendrait remplacer le Réseau électrique métropolitain (REM), bien que les parties déjà construites seraient réutilisées.

L’idée de délaisser de plus en plus la voiture individuelle au profit d’initiatives collectives fait son chemin, non seulement au Québec, mais également à travers le monde. On voit en effet de plus en plus émerger des initiatives de Mobility as a Service (Mobilité en tant que service, MaaS), des applications mobiles qui permettraient de regrouper en un seul lieu toutes les options de transport possibles et imaginables, allant des vélos en libre-service aux systèmes de transport en commun, en passant par le covoiturage et les taxis.

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La STM a déjà fait part de son plan de développer un tel type de plateforme, Céleste, regroupant à peu près toutes les options de mobilité de la grande région de Montréal en un seul lieu. Ce type d’application existe d’ailleurs déjà dans le monde, comme en témoigne la popularité de la plateforme Whim à Helsinki, en Finlande: plutôt que de devoir gérer mille-et-une applications en même temps, la plateforme intelligente fait le travail pour nous, regroupant toutes les options de transport les plus adaptées nos besoins.

En est-on rendu là au Québec? Le projet du PQ est-il ambitieux, ou au contraire, ne fait-il qu’effleurer la surface des possibilités qui s’offrent grâce au concept de MaaS? Seriez-vous prêts à abandonner votre voiture individuelle, moyennant un incitatif financier? Nous voulons vous lire, rendez-vous sur notre page Facebook!

Sources : Parti québécois, Radio-Canada, Forbes, Le Devoir, Les Affaires