Tout ne semble pas réglé pour autant dans cette affaire qui a donné lieu cet hiver à une demande d’action collective par le propriétaire d’une Forte et l’Association pour la protection des automobilistes (APA), dans la foulée d’un reportage de l’émission La Facture à Radio-Canada.

C’est de nouveau La Facture qui, dans un second reportage à ce sujet diffusé ce soir, révèle que Kia Canada a accepté de remplacer sans frais des blocs moteur défectueux et hors garantie. Comme l’avait aussi rapporté autofocus.ca au début de février, le constructeur n’a pourtant jamais reconnu le problème, ni même réagi publiquement face à cette controverse qui concerne les modèles 2010 à 2015 de la Kia Forte.

Encore aujourd’hui, aucune communication officielle n’est venue confirmer la décision d’autoriser ses concessionnaires à donner satisfaction aux propriétaires des voitures problématiques. Seules les personnes qui s’informent auprès de leur concessionnaire ou qui suivent la page Facebook créée par un propriétaire de Kia Forte insatisfait ont eu vent de ce heureux changement de cap.

Président de l’APA, George Iny estime que Kia devrait pourtant en informer tous ses clients concernés, puisque cette décision constitue en quelque sorte une modification à la garantie du véhicule.

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L’APA s’inquiète en outre du fait que, malgré le remplacement du bloc moteur de leur véhicule, des propriétaires de Forte continueraient d’observer le même problème de claquement, causé par une usure prématurée des cylindres. Plusieurs en seraient même rendus à leur deuxième sinon leur troisième réparation du genre!

Ce qui n’a rien de rassurant : certains ont constaté, sur le bon de travail de leur concessionnaire, que le numéro de la pièce de remplacement est exactement le même que celui de la pièce originale défectueuse, alors qu’elle devrait pourtant en être une version modifiée…

Il semble en outre que les « nouveaux » blocs moteur en question seraient en rupture de stock chez les concessionnaires, forçant les propriétaires de Kia Forte insatisfaits à s’armer de patience.

Chose certaine, la réparation, qu’elle soit sous garantie ou non, s’impose : si elle n’est pas effectuée, un piston peut finir par briser, provoquant l’arrêt subit du moteur et possiblement une perte de contrôle du véhicule sur la route.

Quant à savoir ce qu’il adviendra des personnes qui ont déjà dû payer le gros prix (plus de 5000 $!) pour effectuer la réparation parce que leur véhicule n’était plus sous garantie, il semble bien que l’éventuelle action collective reste leur seul espoir.

Et c’est sans parler de ceux qui, faute de moyens, n’ont pas fait faire la réparation et ont dû vendre leur Kia Forte à perte, étant donné sa valeur lourdement hypothéquée par le problème de moteur.

Jusqu’à présent, près de 3000 personnes se sont inscrites à la demande de recours collectif, pilotée conjointement par les cabinets d’avocats Trudel Johnston & Lespérance, à Montréal, et Jean-François Bertrand Avocats, à Québec. Une décision sur l’autorisation de ce recours devrait être rendue d’ici un an. Si elle s’avérait positive, la procédure risque de s’échelonner sur plusieurs années.