C’est ce qu’affirme un sondage réalisé par la firme Zins Beauchesne auprès de 150 dirigeants d’entreprises de Laval et des Basses-Laurentides – et dévoilé au Forum sur le transport et la Mobilité.

Comme nous vous le rapportions en direct de la rencontre d’hier qui a réuni les 19 maires concernés, de même que plusieurs intervenants, spécialistes ou concernés par la question, la congestion a cru de façon exponentielle sur la couronne Nord ces trois dernières années.

Interrogée par la Société de Transport de Laval, la population de cette région – qui représente, doit-on le rappeler: 12% des électeurs au Québec – considère à 87% que la congestion est en hausse sur ses autoroutes.

Pas surprenant alors de lire qu’une autre étude, qui a cette fois sondé les dirigeants de compagnies du territoire, en arrive très sensiblement aux mêmes conclusions: 88% des patrons considèrent, eux aussi, que la congestion a augmenté.

Mais encore:

  • 93% de ces entrepreneurs considèrent que la congestion a un impact néfaste sur leurs opérations;
  • 71% disent qu’elle affecte leur chiffre d’affaires;
  • et à peu près autant (73%) soutiennent qu’elle influence négativement leurs coûts.

Ces patrons font état des autres impacts négatifs de la congestion sur les horaires de travail, le recrutement, la ponctualité et la productivité de la main-d’oeuvre.

Soulignons que ces chefs gèrent des compagnies dont la moitié est active dans le commerce de détail, de gros et en fabrication. Plus des deux tiers (68%) emploient entre 10 et 49 employés.

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On pourrait croire qu’avec tous ces problèmes reliés à la congestion autoroutière, les employés de ces compagnies auraient depuis longtemps opté pour les transports en commun.

Pas si tant: l’étude de Zins Beauchesne nous apprend que chez une entreprise sur cinq, aucun employé ne vient y travailler en utilisant le bus, le train ou le métro.

Les patrons eux-mêmes se disent (aux deux tiers) insatisfaits de la fréquence et de la proximité du transport en commun – en dépit des trois stations de métro lavalloises (depuis 2007) et des possibilités offertes par le train de banlieue.

Voilà qui n’empêche pas (ou… serait-ce parce que?) la moitié de ces dirigeants de vouloir… plus de stations de métro et de lignes d’autobus.

Autre chiffre clé révélé par ce sondage: les entrepreneurs estiment qu’en l’absence de congestion, leur chiffre d’affaires augmenterait de 10% à Laval (et de 8% sur la couronne Nord).

Évidemment, les trois quarts de ces dirigeants se disent mécontents de la fluidité sur les autoroutes 15, 19 et 13 – et la majorité souhaite le prolongement vers le nord de l’autoroute 19 (ce que le gouvernement libéral a annoncé le week-end dernier), mais aussi celui de l’autoroute 13 jusqu’à Mirabel.