La marque britannique Rolls-Royce a dévoilé aujourd’hui sa nouvelle Phantom, la huitième automobile à porter ce prestigieux nom utilisé pour la première fois en 1925. Cette nouveauté remplace la Phantom de septième génération lancée il y a quatorze ans dans le cadre du Salon de l’auto de Detroit, en janvier 2003. Elle était la première automobile développée sous la tutelle de BMW, devenu propriétaire de la marque cinq ans plus tôt.

En terme de design, la nouvelle Phantom n’engendre aucune révolution. Elle affiche plutôt une évolution du style de sa devancière et c’est dans sa partie avant — et ses phares surtout — qu’on dénote les changements esthétiques les plus importants.

Comme le modèle qu’elle remplace, cette Phantom est offerte avec un empattement court ou long, et elle reprend une construction tout aluminium. Le modèle à empattement court a raccourci de 70 mm et son empattement a diminué de 18 mm.

Le constructeur prévient que sa nouvelle architecture servira à toutes les prochaines nouveautés de la marque; une remarque qui s’appliquerait également à un éventuel utilitaire, issu du projet Cullinan en 2018, du moins si l’on prête foi aux rumeurs qui circulent à ce sujet.

Sous le long capot de cette Phantom loge un nouveau V12 biturbo. Si sa cylindrée de 6,75 L demeure inchangée, ce moteur suralimenté livre désormais 571 ch plutôt que 420 et il produit 664 lb-pi de couple (en hausse de 133 lb-pi) dès que le régime atteint 1 700 tr/min.

Ce V12 permet à la Phantom à empattement court d’accélérer de 0 à 100 km/h en 5,3 s, alors que le modèle à empattement long nécessite un dixième de seconde de plus pour faire de même. En outre, ces deux modèles partagent une vitesse de pointe de 250 km/h.

Pour maximiser la souplesse de la conduite, la gestion de ce moteur est assurée par une boîte de vitesses automatique ZF à huit rapports dotée d’un système SAT (pour Satellite Aided Transmission). Introduit en 2013 sur le coupé Wraith, ce système utilise des informations colligées à l’aide d’un GPS pour prévoir les conditions routières et optimiser les changements de rapports.

Dans le même esprit, cette Phantom dispose aussi d’une version améliorée d’une suspension pneumatique conçue pour aplanir toutes déformations du revêtement avec l’aide du Flagbearer. Ce système utilise les images tridimensionnelles produites par des caméras stéréoscopiques logées derrière le parebrise pour analyser l’état de la route et ajuster la suspension de manière proactive.

Par ailleurs, le constructeur qualifie sa nouvelle berline « d’automobile la mieux insonorisée au monde ». De nombreux efforts ont été déployés pour arriver à cette fin, jusqu’à utiliser plus de 130 kg de matériaux insonorisant dans sa construction. Rolls-Royce a également demandé au fournisseur de ses pneus de 22 po de développer un nouveau modèle produisant un bruit de roulement de 9 dB moins élevé. Ainsi, à 100 km/h, le niveau sonore perçu à l’intérieur aurait diminué de 10 % par rapport à l’ancienne Phantom.

Naturellement, cette Rolls-Royce conserve sa calandre de style Panthéon. Fabriquée en acier inoxydable poli à la main, sa forme a légèrement allongé, ce qui rehausse la statuette Spirit of Ecstasy d’environ 1,3 cm. Un changement qui permet de mettre en valeur ce symbole d’opulence, surtout lorsque l’acheteur de cette voiture choisit la statuette en polycarbonate translucide, ou celle qui est plaquée en argent ou en or !

Cette nouveauté fait ses débuts alors que les ventes de Rolls-Royce sont en hausse. En 2016, le constructeur a réalisé sa deuxième meilleure année en 113 ans d’histoire avec 4 011 livraisons, ce qui représente une hausse de 6 % par rapport à 2015.

Au Canada, le constructeur britannique a livré 86 automobiles en 2016, soit sept de plus que l’année précédente. Ce chiffre paraît minimaliste lorsqu’on le compare aux 1 224 voitures livrées aux États-Unis cette année-là.