Selon les statistiques du gouvernement américain, seulement un à deux pour cent de tous les accidents sont attribués à la somnolence, ce qui en fait, officiellement du moins, un problème moins important que la distraction ou la conduite avec facultés affaiblies.

Cela dit, officieusement, une récente étude de la Fondation pour la sécurité routière de l’Association automobile américaine (AAA) vient révéler un problème beaucoup plus sérieux: s’endormir au volant entraînerait jusqu’à 10,8% de toutes les collisions résultant en des dommages matériels, des blessures ou des déploiements de coussins gonflables.

Pareilles données ont été recueillies dans le cadre d’un projet de recherche plus vaste, financé par le gouvernement fédéral américain et appelé Second Strategic Highway Research Program Naturalistic Driving Study (SHRP 2 NDS).

Entre octobre 2010 et décembre 2013, 3593 bénévoles ont vu leurs habitudes de conduite surveillées à l’aide de caméras embarquées et le résultat a été surprenant.

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Par exemple, alors que les personnes de 16 à 24 ans étaient impliqués dans le même nombre d’accidents que pour la population générale, les plus de 64 ans ne représentaient pas une proportion excessive des accidents par somnolence. Voilà qui vient indiquer que, peut-être, la notion que les personnes âgées s’endorment au volant plus que d’autres est un mythe plutôt qu’une réalité.

Comme suspecté, l’obscurité a contribué de manière significative à la proportion d’accidents provoqués par la somnolence, mais, à l’inverse, elle l’a très faiblement fait aux périodes de crépuscule et d’aube. Peut-être que les conditions changeantes de la lumière ont forcé les conducteurs à demeurer alertes?

Une note intéressante: les données de l’étude SHRP 2 NDS ont enregistré 905 collisions graves, modérées et mineures. Cela ne comprend pas 628 (autres) collisions qui ont été classées à faible risque, comme des «impacts de pneus».

En d’autres termes, 43% des personnes de l’étude ont eu au moins une interaction non planifiée avec une autre voiture ou un autre objet. C’est, à tout point de vue, beaucoup. Peut-être que les cobayes n’ont pas aimé être filmés…

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Rappelons qu’une autre étude de la Fondation AAA avait révélé au préalable que presque tous les conducteurs (96%) disaient considérer la somnolence comme une menace sérieuse pour leur sécurité – et comme un comportement complètement inacceptable.

Mais… 29% des répondants (soit près du tiers!) avaient admis avoir conduit, à un moment ou à un autre au cours du mois précédant le sondage, alors qu’ils étaient si fatigués qu’ils peinaient à garder les yeux ouverts.

«Comme beaucoup de gens luttent pour équilibrer leurs horaires surchargés, se priver de quelques heures de sommeil chaque jour peut sembler inoffensif, a déclaré Jake Nelson, directeur de la recherche en sécurité routière pour AAA. Mais être en manque de deux ou trois petites heures de sommeil peut plus que quadrupler les risques d’accident – et équivaut à une conduite en état d’ébriété.»