« Nous gardons les villes belles », peut-on entendre dans une présentation de l’entreprise néerlandaise Streetplug lors une conférence technologique aux Pays-Bas en 2016. Comment? Grâce à des bornes de recharge souterraines pour véhicules électriques.

En effet, Streetplug a installé ses bornes du même nom dans plusieurs villes aux Pays-Bas et exporte désormais son concept en France, où les premières « prises de rue » (traduction littérale de Streetplug) feront leur apparition à la fin de l’année.

Leur fonctionnement est simple : à l’aide d’une application mobile, les conducteurs de voitures électriques pourront ouvrir les trappes situées sur les trottoirs, brancher leur fil dans la prise qui se situe à l’intérieur, fermer la trappe et… voilà! Plus qu’à attendre la fin du chargement.

D’une longueur de 60 cm, d’une largeur de 30 cm et d’une profondeur de 43 cm, ces panneaux placés à même le sol passent inaperçu. Des lumières DEL permettent d’indiquer si la prise est en recharge, brisée ou prête pour utilisation. L’objectif est d’étendre leur utilisation non seulement à des villes, mais aussi à des entreprises ainsi qu’à des particuliers. Ça inclut même des usages alternatifs, comme la recharge de bateaux électriques!

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Selon le site web de l’entreprise, même si la borne se situe au niveau du sol, elle reste protégée des intempérie : la « borne de recharge est dotée d’une cloche de plongée. De cette manière, une poche d’air se produit dans la borne quand elle est fermée », ce qui la rend étanche, peut-on y lire. De plus, la recharge cesse automatiquement lorsque le niveau d’eau au sol monte.

Mais qu’en est-il du contexte québécois?

Selon Louis-Olivier Batty, conseiller aux Affaires publiques et média chez Hydro-Québec, ce concept ne pourrait pas être appliqué au Québec, ni même, peut-être, ailleurs en Amérique du Nord, et ce, pour deux raisons :

  1. 1. D’abord, en raison d’une exigence nord-américaine qui stipule que le câble de recharge doit être « solidaire de la borne », c’est à dire qu’il doit être attaché à la borne en tout temps. Dans le cas de la Streetplug, le câble est indépendant et doit être branché à la fois dans la borne et dans le véhicule.
  1. 2. Ensuite, en raison des « conditions climatiques, notamment en termes de neige, on voit difficilement comment ça pourrait être adapté dans un climat québécois », indique M. Batty. En effet, les bornes utilisées au Québec doivent répondre à plusieurs tests climatiques : on parle de tests de résistance au blizzard ainsi que de tests climatiques, où la borne doit être en mesure de supporter des variations de température allant de -40º à 40º celcius.

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Il s’agit donc d’une idée novatrice, élégante et originale, mais qui ne s’adapte pas à tous les milieux ni à toutes les conditions. Avancée importante ou bébelle techno inutile? La présence de plus en plus visible de bornes de recharge dans le paysage visuel québécois n’est-il pas justement un signe de l’évolution de l’industrie et de l’importance de plus en plus grande accordée aux considérations environnementales?

De votre point de vue, les bornes de recharge devraient-elles être cachées en raison de leur laideur ou au contraire, trouvez-vous qu’elles ajoutent un petit je-ne-sais-quoi qui nous plonge tête première dans le XXIe siècle? Venez nous faire part de vos commentaires sur notre page Facebook!

Sources : Streetplug, Avem, Hydro-Québec