Lorsque le trafic d’un centre-ville devient trop dense, pourquoi ne pas se déplacer au-dessus pour l’éviter ? Voilà sans doute l’idée qui a mené à la création de l’autobus chinois expérimental TEB-1 qui se déplace au-dessus du flot de circulation.

Ce prototype, qu’on surnomme Transit Elevated Bus (TEB), a été construit présenté par la société TEB Technologies de Beijing en 2010 sous forme de concept à l’aide de diagrammes. En mai 2016, une maquette du concept a été exposée dans le cadre de la 19e Exposition internationale de technologies de pointe de Beijing.

Puis, le 2 août dernier, le TEB-1, un prototype grandeur nature qu’on surnomme aussi « Land Airbus », a fait ses débuts à Qinhuangdao, une ville du nord de la Chine où un tronçon de 300 m d’un grand boulevard a été aménagement pour le mettre à l’essai dans différentes conditions.

Ces essais serviront également à évaluer le rendement de son système de freinage, de même que la consommation en énergie de ses seize moteurs-roues électriques.

Le TEB-1 mesure 22 m de long, 7,8 m de large et 4,8 m de haut. Il peut transporter jusqu’à 300 passagers. L’envergure de la section située sous l’immense habitacle équivaut à deux travées contiguës ayant une hauteur libre de 2 m.

Le TEB peut se déplacer sur rails ou, à l’aide d’un dispositif de conduite autonome, sur une route délimitée par des lignes blanches. Il pourrait même atteindre une vitesse de pointe de 60 km/h, en théorie du moins.

Le projet initial prévoyait aussi de pouvoir arrimer jusqu’à quatre de ces véhicules ensemble pour constituer un train capable de transporter jusqu’à 1 200 passagers. Cette particularité n’a toutefois pas été évoquée par le constructeur au moment de présenter le prototype.

Selon le concepteur du TEB, Song Youzhou, fabrique un de ces véhicules coûterait environ 4,5 $ millions US, ce qui serait six fois moins cher que de fabriquer une rame de métro (environ six fois plus élevés).

La construction d’un TEB nécessiterait un an et son utilisation permettrait d’éliminer jusqu’à 40 bus urbains du réseau routier, ce qui représenterait une économie de 780 t de carburant et 2 390 t de particules polluantes qui ne seraient pas rejetées dans l’atmosphère.

Quatre autres villes chinoises, Nanyang, Shenyang, Tianjin et Zhoukou, ont conclu une entente avec TEB Technologies pour réaliser un projet pilote cette année. La ville brésilienne de Manaus a fait de même.