Si on se fie à ce que l’industrie nous lance comme message, l’énergie électrique sera le nerf de la guerre d’ici une décennie ou deux, reléguant aux lignes de côté ces dinosaures munis de motorisations carburant à l’essence et autres hydrocarbures.

C’est bien beau tout cet enthousiasme autour de l’énergie renouvelable, mais au moment d’écrire ces lignes, ce mode de propulsion est encore minoritaire sur nos routes et avec des consommateurs plus endettés que jamais de nos jours, le rêve électrique pourrait bien devoir attendre… pour plusieurs d’entre nous!

Puis, il y a aussi l’anxiété de pouvoir se rendre à destination qui dérange encore plusieurs automobilistes, surtout ceux qui doivent avaler les kilomètres à un rythme effarant au quotidien. En attendant que la technologie électrique se développe, la voiture hybride constitue une manière très simple de diminuer sa facture annuelle de carburant, mais l’échelon supérieur – je parle ici des hybrides rechargeables – allonge encore plus les écarts entre chaque visite à la station-service.

Parfois, accepter de vivre avec un compromis peut être payant et, dans ce cas-ci, cet entre-deux s’appelle Toyota Prius Prime. Le constructeur a décidé de différencier l’appellation de sa version enfichable (pour l’année-modèle 2017), celle-ci étant même plus agressive à l’extérieur, à mon humble avis du moins.

Pour mieux cerner ce qu’offre la Prime par rapport à la Prius sans fil pour la recharger, voici, en quelques mots, ce qu’il faut retenir de l’hybride rechargeable la plus vendue depuis le début de l’année.

Depuis son arrivée sur notre marché au tournant du siècle, la Toyota Prius a la plupart du temps été associée à une conduite déconnectée et peu convaincante en matière de plaisir de conduite. Sans être aussi chirurgicale que le coupé 86, la Prius Prime – c’est le cas également pour la Prius normale – est étonnante à conduire au quotidien, je parle bien entendu des va-et-vient répétitifs de notre mode de vie nord-américain. La direction donne assez d’information pour sentir la route et le couple de la motorisation électrique est suffisant pour afficher un sourire au visage du conducteur à l’occasion.

Avec une possibilité annoncée de 40 km en mode électrique (en réalité, ça tourne plus autour des 32-33 km), la Prius Prime enregistre des cotes de consommation ridicules! Et l’autonomie totale de la voiture est légèrement inférieure à 1000 km. Disons qu’il faut en faire des kilomètres avant de retourner à la station-service.

Comme la plupart des voitures vertes modernes, la Prius Prime est confortable, sa sellerie étant moelleuse et sa suspension, calibrée pour absorber les imperfections du bitume. Qui plus est, le silence qui règne à bord en mode électrique est apaisant.

Hélas, la banquette arrière de la Prime se voit amputée de la place médiane, ce qui en fait une authentique 4 places. Pour les rares occasions où les propriétaires auront besoin d’une place additionnelle pour dépanner, la Prius Prime devra s’avouer vaincue. On apprécie tout de même le côté versatile de son hayon qui, dans ce cas-ci, est réalisé en fibre de carbone, rien de moins!

De nos jours, les écrans tactiles montés à bord sont plus communs, mais lorsqu’ils sont aussi larges que celui de la Prius Prime, ça fait jaser. Évidemment, la Tesla Model S n’est pas étrangère à ce mouvement « tactile » surdimensionné. Celui de la Toyota impressionne, mais au risque de me répéter, cet équipement détourne l’attention du conducteur qui devrait garder ses yeux sur la route.

À un prix de départ de 35 204 $ – la nôtre commandait une somme de 40 779 $ –, l’hybride rechargeable de Toyota n’est pas à la portée de toutes les bourses, c’est certain, mais il ne faudrait surtout pas oublier qu’un rabais gouvernemental de 4000 $ est toujours offert par nos instances gouvernementales. Quant à l’économie de carburant, elle entre en ligne de compte également.