Des automobiles amphibies comme l’Amphicar allemande et la Gibbs Aquada britannique ne sont plus des nouveautés. Mais un bateau amphibie, ce n’est pas aussi familier. Voilà justement ce que la société bretonne Tringa Boat a mis au point : un bateau capable de se déplacer sur une route sans remorque, ni tracteur, pour atteindre un plan d’eau voisin et y amerrir.

Ses créateurs, les Français Daniel Guirec et Pierre Delion, le qualifient de « bateau de plaisance routier et tout terrain ». Puisque le Tringa peut entrer et sortir de l’eau lui-même, selon eux, il résout pour les plaisanciers le problème des infrastructures portuaires saturées ou inexistantes.

Sur l’eau, il se comporte comme un bateau ordinaire. De plus, les trois roues installées sous la coque — ses trains d’amerrissage — s’escamotent automatiquement sans laisser d’aspérité en appuyant simplement sur un bouton situé près du siège du capitaine.

Sur route, le Tringa se conduit comme une voiture avec un accélérateur au pied. Sa vitesse est limitée à 16 km/h et il peut franchir des pentes de 38 %. De plus, ses roues sont chaussées de pneus à basse pression et gros crampons.

« Si votre jardin est à 2 kilomètres d’un accès à l’eau, le Tringa vous permet de naviguer en 8 minutes à partir de votre porte », peut-on lire dans la brochure de constructeur.

S’il est nécessaire de parcourir une plus grande distance, ce bateau peut accéder à une remorque de manière autonome, sans nécessiter de treuil.

Le Tringa est muni d’un moteur hors-bord de 115-175 chevaux servant aux déplacements sur l’eau, alors qu’un moteur à essence à 4 temps de 27 chevaux assure la propulsion terrestre.

Logé sous la console, dans la coque, ce moteur entraîne les trois roues par un dispositif de pompes hydrauliques. Un réservoir à essence de 102 litres alimente tour à tour ces deux moteurs.

L’habitacle de ce bateau convient à six occupants sur l’eau, mais seulement quatre sur route.

Le prix de base du Tringa est 94 800 € (environ 144 000 $). Le constructeur prévoit livrer ses premiers modèles de série cette année.

Selon Daniel Guirec, le Tringa a été inspiré par la nature, alors qu’il observait à la longue vue des chevaliers gambettes, une espèce de petits oiseaux vivant au bord de la mer.

Il avait remarqué la facilité avec laquelle ces oiseaux marchaient dans les eaux peu profondes, y entraient et en sortaient. Cela lui avait fait réaliser combien mettre à l’eau son bateau de plaisance, ou l’en sortir, pouvait être pénible. C’est alors qu’il a décidé d’en concevoir un qui serait aussi efficace que ces petits oiseaux, que les ornithologues surnomment aussi « tringa », d’où le nom du bateau.