HeapMedia335807

L’an dernier, 359 personnes ont perdu la vie sur nos routes, soit 13 de plus qu’en 2016, selon le bilan routier 2017 de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Parmi ces victimes, 75 étaient âgées de 15 à 24 ans.

Le nombre de décès pour cette catégorie d’âge a bondi de 63 % en un an, après avoir pourtant baissé de façon constante depuis 2012. La hausse est de 8,4 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Le nombre de blessés graves chez les jeunes de cet âge a aussi augmenté l’an dernier, passant de 353 à 372.

Et même s’ils demeurent peu nombreux, les 16 décès constatés chez les 0 à 14 ans témoignent également d’une malheureuse tendance à la hausse de près de 38 % par rapport à la période 2012 à 2016.

En plus de l’augmentation de 3,8 % du nombre total de décès, on a déploré 28 blessés graves de plus en 2017, ce qui a ramené leur nombre total au-dessus de la barre des 1500.

Il n’en demeure pas moins que le nombre global d’accidentés de la route a baissé de 474 l’an dernier, pour s’établir à 37 190. Sur une moyenne de cinq ans, la tendance est d’ailleurs toujours à l’amélioration, constate la SAAQ.

Il peut être périlleux de comparer une année uniquement à la précédente, surtout que les données récentes changent parfois. Ainsi, le bilan routier initial de 2016 faisait état de 351 décès, soit cinq de plus que le chiffre révisé inscrit dans le bilan 2017. Une telle modification à la baisse s’explique entre autres par le retrait de cas de suicide, confirmés plus tard par le coroner et qu’on ne considère alors plus comme des accidents de la route.

C’est pourquoi la comparaison avec les cinq dernières années donne une meilleure idée des tendances réelles. Dans ce contexte, par rapport à la période de 2012 à 2016, les 359 décès de 2017 représentent une baisse de 1,9 %. Le recul atteint même de 9,5 % pour ce qui est des blessés graves.

De toute façon, on pourra toujours se consoler en rappelant qu’au début des années 1990, trois fois plus de personnes se tuaient sur les routes du Québec. Sans parler du nombre de décès enregistrés en 1973, qui donne froid dans le dos : 2209!

La situation pour les jeunes n’en est pas moins très préoccupante. On estime que le tiers des décès chez les 15 à 24 ans sont dus à la vitesse ou à la conduite imprudente.

À cet égard, le ministre des Transports André Fortin estime que les récentes modifications au Code de la sécurité routière contribueront à améliorer les choses, notamment en ce qui concerne « l’accès graduel à la conduite ».

Rappelons que les apprentis conducteurs ne peuvent désormais plus circuler entre minuit et 5 h et que les jeunes de moins de 19 ans dotés d’un permis probatoire se voient imposer une limite du nombre de passagers pendant la nuit. Doit-on rappeler qu’un décès sur cinq, chez les 15 à 24 ans, survient entre minuit et 4 h du matin?

Autre constat du bilan routier : la distraction, sous toutes ses formes, est de plus en plus souvent à l’origine d’accidents fatals. Encore là, le Code mis à jour devrait avoir un impact positif puisqu’il prévoit des sanctions plus sévères pour l’utilisation d’appareils électroniques au volant. « Regarder son téléphone ne serait-ce qu’une seconde peut mettre la vie d’une personne en danger », insistait le ministre Fortin lors du dévoilement du bilan routier de la SAAQ,

HeapMedia434762

Bonne nouvelle pour les personnes âgées : elles s’en tirent nettement mieux dans le bilan 2017. Une baisse des décès de 27 %, de 58 à 42, a été notée chez les 75 ans et plus, un groupe d’âge où le nombre de blessés graves a également reculé de 79 à 58. En comparaison des cinq années précédentes, la diminution des décès est de 14,6 %. Et tout cela en dépit du vieillissement de la population.

Comme on peut s’y attendre, une bonne partie de ces victimes aînées, soit 4 sur 10, circulaient à pied. D’ailleurs, les piétons ne l’ont pas eu facile en 2017, une triste tendance qui s’était déjà manifestée l’an dernier. Le nombre de décès est passé de 62 à 69, ce qui représente une augmentation de 11.6 % par rapport à l’année précédente et de 25 % par rapport à la moyenne de 2012-2016.

Pour ce qui est des cyclistes, malgré que le nombre de décès soit passé de 8 à 11 entre 2016 et 2017, la tendance reste positive avec un recul de 11,3 % par rapport à la moyenne de cinq années précédentes. L’année 2013, avec 20 cyclistes décédés, avait beaucoup contribué à hausser cette moyenne… En incluant les blessés graves et légers, où une baisse a été notée en 2017, la diminution du nombre de victimes cyclistes s’établit à 7,9 %.

Et pour les motocyclistes? La dernière année a vu une baisse de 9,3 % des décès, avec 49. Cela représente tout de même une progression de 3,8 % par rapport à la moyenne 2012-2016. Le nombre de blessés graves a en outre connu une augmentation de 3 % en 2017.

  • 13 des victimes décédées se trouvaient dans un autobus, un taxi, sur un cyclomoteur, un véhicule agricole ou un véhicule circulant habituellement hors-route. C’est la moitié du nombre enregistré en 2016.
  • Huit occupants d’un camion lourd ou d’un tracteur routier ont perdu la vie, soit un de plus que la moyenne des cinq années précédentes.
  • Les 47 décès chez les 35-44 ans représentent en hausse de 27 % par rapport à la moyenne 2012-2016. Inversement, les 39 décès chez les 45-54 ans témoignent d’une baisse dans la même proportion.
  • Neuf régions sur dix-sept ont connu une diminution du nombre de décès par rapport à 2016. Sept affichent une augmentation, dont la Capitale-Nationale, avec 15 de plus, en hausse de 88 %.
  • La Montérégie demeure de loin la région où surviennent le plus de décès sur la route : 61 en 2017. Et c’est malgré tout une diminution de 6,7 % par rapport à sa moyenne de 2012-2016!
  • En 2017, on comptait 6,5 millions de véhicules en circulation et 5,4 millions de titulaires d’un permis de conduire au Québec.