Dans ce budget provincial qualité de feux d’artifices ou d’électoraliste par l’opposition et les commentateurs, le ministre des Finances Carlos Leitao n’a pas causé de grandes surprises aujourd’hui pour les propriétaires actuels et futurs de véhicules électriques.

En effet, rien de substantiel pour accélérer l’adoption de véhicules électriques (VE) quand on sait que le Québec aura de la difficulté à atteindre ses objectifs de réduction de GES d’ici 2020. Ce qui nous laisse que 21 petits mois pour respecter nos propres engagements en matière de transport… à moins, bien sûr, de reporter une fois de plus cet échéancier.

Le ministre Leitao n’arrive pas les mains vides et annonce une série de mesures qui toucheront les transports en général:

  • une bonification de 250 millions de dollars sur cinq ans pour le financement accordé aux municipalités pour l’entretien et la réhabilitation du réseau routier local;
  • un soutien additionnel de 92 millions de dollars pour l’acquisition et l’utilisation de véhicules électriques;
  • un développement accéléré d’un réseau de bornes de recharge publiques.

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Thème à la mode s’il en est un, la mobilité durable chapeautée par le ministre des Transports présentera dans les prochaines semaines la «première politique de mobilité durable du Québec, une politique pour repenser le développement économique grâce à des systèmes de transport innovants, modernes et performants»; une politique qui sera sans doute elle aussi à saveur électoraliste, comme le budget qui prévoit des dépenses d’un peu moins de 700 millions au fonds général 2018-2019.

Au menu, «la politique de mobilité durable concernera le transport collectif et actif, les transports maritime, ferroviaire et aérien, et touchera également le réseau routier local et le transport automobile».

Dans son bilan mi-parcours du plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, le gouvernement a statué que le programme Roulez électrique a accordé, du 1er avril 2013 au 31 mars 2017, quelque «22 701 rabais pour l’acquisition de véhicules électriques, y compris les véhicules hybrides non rechargeables».

Rappelons que ce plan d’action attribue au secteur des transports 41,7 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec. Ces dernières ont augmenté de 21,3% depuis 1990, notamment à cause de la hausse de l’utilisation de véhicules individuels. C’est dire qu’il faudra plus que des bonnes intentions et des programmes pour renverser la tendance et atteindre la cible de 100 000 véhicules zéro émission en circulation dans la Belle Province d’ici 2020.

Le plan d’action envisage un système de redevance-remise (bonus-malus) en fonction de l’efficacité énergétique ou du niveau d’émissions GES. Il souligne par ailleurs les obstacles à l’acquisition de VE, comme la méconnaissance de ces véhicules, leur surcoût à l’achat, la faible disponibilité des modèles, les délais ou encore la réticence des concessionnaires pour les vendre.