Au début du 20e siècle, l’explorateur britannique Sir Ernest Shackleton débarque le premier véhicule automobile sur le continent antarctique, mais sa technologie peu raffinée le rend difficile à utiliser et peu pratique. Presque 100 ans plus tard, son arrière-petit-fils, Patrick Bergel, est devenu le premier homme à accomplir un aller-retour au volant d’un véhicule, un Hyundai Santa Fe Sport, du nord au sud du même continent.

C’est au volant d’un Santa Fe Sport à moteur turbodiesel de 2,2 L, modèle commercialisé en Europe, que Bergel s’est rendu d’Union Camp jusqu’à McMurdo, pour ensuite faire le chemin inverse. Cette expédition, qui a duré 30 jours, a été rendue possible grâce à la participation de Hyundai.

Patrick et ses équipiers ont parcouru 5 800 km sur un terrain glacé et dans des conditions difficiles, à des températures atteignant moins 28 degrés Celsius. Ils ont régulièrement eu à modifier l’itinéraire sur les calottes glaciaires flottantes jusqu’alors jamais empruntées par une automobile.

En temps normal, Bergel est un entrepreneur dans les nouvelles technologies — un technophilie de l’informatique, si vous préférez. Il admet humblement qu’il n’est pas un explorateur polaire : « Je suis quelqu’un de casanier. Ce fut un gros changement culturel et se rendre au Pôle Sud fut un moment spécial : je me trouvais là où mon arrière-grand-père avait tenté de se rendre à plusieurs reprises. J’ai alors ressenti une véritable connexion. »

L’expédition de Bergel a été inspirée par une des expéditions transantarctiques réalisées par Shackleton : celle de 1914 à 1917. Devancé par Roald Amundsen dans une quête pour rallier le pôle, l’explorateur britannique tentait alors de traverser le continent.

Cependant, le navire de Shackleton, immobilisé par la banquise, finit par couler. Pour sauver son équipage d’un mort certaine, l’explorateur et cinq de ses hommes partirent en canot, en pleine mer, pour rallier la Géorgie du Sud, une île située à près de 1 300 km l’Antarctique en plein Atlantique Sud. De là, le sauvetage des autres membres de l’équipage fut lancé et réussi.

« Nous avons fait un millième de ce que mon arrière-grand-père et ses hommes ont accompli. Vous savez, ce n’est pas comparable. Nous avions des moyens modernes. Mais ce fut un voyage extraordinaire et une superbe réalisation », explique Bergel

Bergel et son équipe n’ont pas entrepris cette traversée à l’aveuglette. Son Santa Fe Sport a été préparé par Gísli Jónsson, un expert de la société islandaise Arctic Trucks fondée en 1990, qui se spécialise dans la préparation de véhicules à quatre roues motrices pour des conditions extrêmes.

Jónsson raconte : « C’était une Santa Fe classique. Le moteur, le système de gestion, la transmission, le différentiel avant et l’arbre de transmission n’ont pas été modifiés. Nous devions l’équiper de gros pneus à faible pression. Ils sont très importants, car ils permettent de maintenir le véhicule sur la neige pour éviter qu’il ne s’y enfonce. »

« Nous roulions avec un dixième de pression normale d’un pneu traditionnel. C’est tellement souple que vous pouvez rouler sur la main de quelqu’un sans le blesser ! La voiture a progressé si légèrement qu’une fois revenus sur nos traces, ces dernières avaient toutes disparu. »

HeapMedia434673

« Afin de s’ajuster aux pneus, la garde au sol du véhicule a dû être surélevée. Le véhicule s’est paré d’un châssis neuf et de nouvelles suspensions. Des engrenages ont également été ajoutés à l’intérieur des moyeux de roue pour gérer les différentes forces et pour parvenir à faire tourner les roues plus lentement afin de conserver la même vitesse. »

« Les seules autres modifications ont été d’augmenter la capacité du réservoir, de modifier le véhicule pour qu’il fonctionne au Jet A-1, le seul carburant disponible sur le continent, et d’installer un système de préchauffage du moteur pour affronter le froid. »

L’expédition Bergel qui commémorait le centenaire de l’expédition Shackleton de 1914-16 a fait l’objet d’un court-métrage commandité par Hyundai, qui a été projeté pour la première fois à l’Hospital Club de Londres, le 19 avril dernier.

Le responsable du Marketing d’outre-mer de Hyundai Motor Company, Scott Noh, explique: « Nous étions conscients de l’histoire vécue par Sir Ernest Shackleton et en tant qu’entreprise nous nous sommes sentis à l’unisson avec son courage et son esprit pionnier. Notre film veut célébrer cet esprit à travers l’action de son arrière-petit-fils Patrick, qui a réalisé son rêve de traverser l’Antarctique – exactement cent ans plus tard. Nous espérons que ce film mette Hyundai en évidence comme marque qui se veut être plus qu’un simple acteur du monde des transports ».

On peut en apprendre davantage sur l’expédition de Patrick Bergel en visitant le site : shackletonsreturn.hyundai.com/fr/

Shackleton a été le premier à transporter un véhicule automobile sur le continent antarctique, mais ce n’était pas pour son expédition ratée de 1914-1916. C’était pour l’expédition Nimrod (officiellement appelée Expédition impériale britannique de l’Antarctique 1907–09), soit la seconde expédition britannique du genre réalisée au début du XXe siècle.

Comme Bergel, son arrière-grand-père avait bénéficié de la commandite d’un constructeur automobile, en l’occurrence la marque écossaise Arrol-Johnson. Elle était dirigée par un ami et mécène de l’expédition, Sir Wiliam Beardmore. Ce dernier espérait retirer du prestige de l’utilisation de son véhicule dans des conditions extrêmes et l’exploiter dans la publicité.

HeapMedia434645

Le véhicule en question, une camionnette légère à carrosserie découverte, était muni d’un 4-cylindres développant 12 à 15 ch jumelé à une boîte de vitesses manuelle à 4 rapports.

Cette camionnette Arrol-Johnson débarque en Antarctique en janvier 1908. Comme le Santa Fe Sport de Bergel, elle avait été préparée pour un usage par grand froid. Son châssis avait été renforcé et son moteur utilisait une huile spéciale conçue pour le froid extrême. De plus, les gaz d’échappement d’un cylindre réchauffaient le carburateur enfermé dans un compartiment spécial, alors que les échappements des trois autres cylindres devaient réchauffer les pieds du conducteur ! En revanche, la batterie ne pouvant résister au froid, le conducteur devait se résoudre à faire démarrer le moteur à l’aide de la manivelle.

On avait prévu des chaînes pour les pneus Dunlop chaussant des roues en bois, de même que des patins qui, pensait-on, faciliteraient les déplacements dans la neige molle. Mais c’était mal connaître l’hiver, car les premières tentatives pour conduire cette lourde Arrol-Johnson se solderont par de fréquents enlisements.

La camionnette sera ensuite démontée et largement modifiée pour, avant tout, être allégée. Dépourvue de l’essentiel de sa carrosserie, on en fera un véhicule monoplace et les essais reprendront dès septembre 1908 avec un peu plus de succès. Une première mission visant à transporter 340 kg de matériel sur un traîneau à 24 km du camp de base sera réalisée avec succès en 10 heures.

L’Arrol-Johnson servira à quelques autres occasions, puis elle sera remontée à bord du navire à la fin de l’expédition. Cependant, durant le voyage de retour, dans une mer déchaînée, elle passera par-dessus bord et disparaîtra au fond de l’Atlantique !