La voiture à énergie solaire n’est pas encore à la veille d’envahir nos routes, mais certaines expérimentations tracent le chemin vers une utilisation de plus en plus grande de la puissance du soleil dans le domaine du transport.

C’est le cas du projet Solar E-cycle, initiative d’un ingénieur québécois qui, au-delà du développement technologique, souhaite offrir une solution écologique aux populations des pays où l’accès à l’électricité constitue un véritable enjeu de société.

Lui qui a travaillé plusieurs années en Afrique, Roger Christen a constaté les énormes besoins dans ce domaine. Quand on sait que 600 millions de personnes n’ont pas l’électricité sur ce continent et que 16 % de la population mondiale n’y aura toujours pas accès à en 2030, l’intérêt de son projet devient une évidence.

Le concept développé par l’ingénieur prend l’allure d’un vélo, à trois ou quatre roues, doté d’un toit consistant en un panneau solaire. L’énergie ainsi récoltée est utilisée pour motoriser le petit véhicule, mais peut aussi servir à combler les besoins de base en électricité pour une famille.

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Différents prototypes ont été élaborés. L’un d’eux fera cette année l’objet d’une première expérience à plus grande échelle au Kenya. Muni d’un plateau à l’avant pour le transport de marchandises et de quatre batteries de 12 volts, le tricycle a une capacité de production quotidienne de 1500 Wh, grâce au soleil.

Roger Christen estime qu’à bien des endroits en Afrique, les besoins initiaux des gens en électricité ne s’élèvent qu’à environ 250 Wh par jour. Même après un déplacement de 25 à 50 km, le triporteur solaire disposerait donc d’assez d’énergie pour subvenir à ces besoins, comme l’éclairage de la maison et faire fonctionner la radio ou la télé.

Compte tenu du revenu très limité des habitants dans ces contrées, le prix du véhicule revêt une importance primordiale. Malgré un coût de production plutôt abordable, soit 1200 $, son achat s’avèrerait fort problématique pour des gens dont le revenu est d’à peine 2 $ par jour.

C’est ainsi que Solar E-cycle au Kenya offrira ses véhicules en location. Ceux-ci sont dotés d’un dispositif électronique et d’un GPS permettant de collecter toutes les données sur leur utilisation… et même d’en interrompre le fonctionnement à distance au besoin!

L’objectif est d’en produire 130 unités. Les composantes proviennent de Chine mais seront assemblées au Kenya.

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Évidemment, ce projet n’est qu’une première étape dans l’esprit de l’ingénieur résidant de Gatineau. Un autre modèle de véhicule, à deux places et plus performant, est en voie de développement au Maroc, pays où Solar E-cycle a d’ailleurs obtenu son financement initial.

«Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir», admet Roger Christen, évoquant la nécessaire évolution de la technologie, mais aussi l’ajustement des réglementations routières à l’égard de ce type de véhicules.

«Mon rêve, c’est de rouler avec le soleil!», conclut-il.

Si vous souhaitez aider Roger Christen à concrétiser ce rêve, cliquez ici!

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