Une Chevrolet Corvair Monza 1969 avec seulement 24 km (15 milles) au compteur et qui n’a jamais été restaurée, oui, ça existe ! Cette voiture unique sera offerte dans quelques jours aux collectionneurs par la société Mecum dans le cadre d’un encan organisé à Houston, au Texas.

L’histoire de cette Corvair débute en 1969, lorsque General Motors la livre à Dunlop Chevrolet de Macon, en Géorgie. Elle ne quittera jamais les installations de ce concessionnaire. Pour une raison qu’on ignore, elle demeure un certain temps dans l’inventaire de l’entreprise avant d’aboutir dans la collection privée du concessionnaire en titre.

Puis, de 1980 à 2012, elle fera partie de la collection du Central Texas Museum of Automotive History dans la petite ville de Rosanky. Elle sera exposée parmi quelque 130 véhicules jusqu’à la fermeture de ce musée.

Un collectionneur débourse alors 32 000 $ US pour en faire l’acquisition. C’est lui qui l’offrira au plus offrant à Houston.

Des experts étatsuniens affirment que le prix d’un coupé Corvair Monza 1969 ne devrait pas dépasser 25 000 $ US.

Cependant, à cause de son histoire particulière et, surtout, de son état impeccable, ces spécialistes admettent que son prix pourrait frôler les 50 000 $ US.

Cela représenterait une appréciation substantielle pour une voiture de grande diffusion dont la fiche descriptive originale du constructeur (en aussi bon état que la voiture) annonce un prix de vente aujourd’hui dérisoire de… 2 822,05 $ US !

Rappelons que c’est en mai 1969 que Chevrolet a mis fin à la production de la Corvair, presque dix ans après l’avoir amorcée.

Première tentative sérieuse de GM pour lancer une voiture compacte, la Corvair allait subir les affres du livre Unsafe at any speed. Cet ouvrage lancé par Ralph Nader, en novembre 1965, critiquait la conception et la sécurité des voitures étatsuniennes dont, entre autres, la Corvair de première génération.

Jusqu’alors inconnu, ce jeune avocat était impliqué dans la défense des droits des consommateurs depuis le début des années 60. À l’époque, on le qualifiait donc d’activiste. Des efforts maladroits entrepris par GM pour noircir sa réputation vont toutefois le propulser à l’avant-scène de l’actualité et ternir la réputation de la Corvair.

Le modèle de Corvair inscrit au catalogue de la vente de Mecum est de la seconde génération. Il s’agit d’une voiture plus raffinée, dont la fabrication avait débuté à la fin de 1964, quelques mois après le lancement de la Mustang originale.

Toutefois, malgré la refonte importante réalisée par GM pour améliorer cette voiture, l’impact négatif engendré par le livre de Nader avait rendu la Corvair indésirable aux yeux des automobilistes nord-américains.

En 1965, GM vend plus de 235 000 Corvair, mais à partir de la fin de l’année, les ventes périclitent. En 1969, le constructeur arrête la production lorsque le 6 000e exemplaire, un coupé Monza de couleur Or olympique semblable à celle-ci, quitte la chaîne de montage de Willow Run, au Michigan. C’est un des 2 717 coupés Monza construits cette année-là.

Ces détails historiques accentuent l’attrait de la voiture offerte par Mecum. Elle est animée par le 6-cylindres Turbo-Air (oui, un moteur suralimenté !) de 2,7 litres (164 po3) monté à l’arrière. Il produit 110 ch et est jumelé à une boîte de vitesses manuelle à 4 rapports.

La peinture Bleu glacier et l’intérieur en vinyle bleu de cette voiture n’ont jamais été retouchés. Comme on peut le constater en regardant les photos, ils sont dans un état remarquable.

La voiture est munie d’une radio Delco à boutons poussoirs et de pneus Uniroyal Laredo.

Cette Corvair quasi neuve sera offerte aux collectionneurs durant la vente présentée par Mecum au complexe Reliant de Houston, du 10 au 12 avril 2014.