Le pire dans cette histoire, c’est que l’incident, heureusement sans conséquence, s’est produit alors que la firme spécialisée en conduite autonome Mobileye procédait à un test routier au bénéfice des médias. Ça n’en prenait pas plus pour que la toile s’enflamme.

Il faut l’avouer, l’événement a de quoi faire sourire, mais aussi réagir. Si la voiture à conduite autonome a beau être à nos portes, elle ne laisse personne indifférent et est loin de faire consensus.

Mais allons-y d’abord avec le comportement délinquant du modèle qui était à l’essai:


Comme vous pouvez le constater en visionnant la vidéo, la Ford Fusion munie d’un dispositif de pilotage indépendant circule sur un boulevard achalandé. À l’approche d’un feu qui est clairement au rouge, on voit l’auto ralentir brièvement, puis reprendre sa vitesse de croisière comme si de rien n’était, à la grande surprise de ses occupants qui baragouinent quelque chose dans une langue qui n’est pas la nôtre.

On saisit quand même l’essence de leur propos ; certaines réactions sont universelles.

L’incident a été rapporté par le site Bloomberg mardi dernier et le groupe Mobileye a depuis communiqué que le problème vécu avait été causé par une interférence entre la caméra de télévision montée à bord et celle du système de la voiture.

Voilà qui expliquerait le ralentissement de celle-ci à proximité de l’intersection; ce serait la rencontre de fréquences électromagnétiques qui aurait coupé le signal, provoquant du coup l’accélération du bolide au-delà du point où il devait s’arrêter.

«Il s’agit d’un cas unique, a mentionné le chef des opérations de Mobileye, Amnon Shashua, en référence à la défaillance de la caméra. Nous n’avons jamais anticipé que ce genre de problème pourrait survenir.»

La compagnie promet de modifier ses logiciels afin que ceux-ci ne puissent plus être victimes de ce genre d’ennuis. Le véhicule-prototype n’a rencontré aucun autre problème tout au long de l’essai.

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Rappelons que Mobileye a été achetée par le groupe Intel au coût de 15 milliards de dollars américains l’an dernier et que sa technologie est actuellement la plus convoitée par les constructeurs; ceux-ci souhaitent la mettre à contribution à bord de leurs futures propositions à conduite souveraine.

Cela dit, on se souviendra qu’en mars, une piétonne a été happée mortellement par un véhicule de l’entreprise Uber qui faisait usage d’une technologie similaire en Arizona.

Et ces deux dernières années, au moins deux «non-conducteurs» de Tesla ont trouvé la mort alors que le mode AutoPilot était engagé.

Évidemment, ce type de publicités est exactement ce dont n’a pas besoin l’industrie naissante en matière de pilotage automatisé, d’autant que le public est encore réticent à l’idée de se laisser véhiculer par une «machine».

Mais c’est un fait: chaque pépin vécu par ces dernières est rapidement amplifié. Si une automobile capable de se mouvoir seule provoque la mort d’une personne en raison d’une défaillance, la chose est jugée inadmissible.

En revanche, il faut se souvenir que les erreurs de pilotage de milliers de gens entraînent quantité de décès chaque jour.

Deux poids, deux mesures ? Oui et non. La nature humaine est ainsi faite qu’on n’est pas prêt à remettre notre destin entre les «mains» d’un logiciel alors qu’on accepte le risque de se faire frapper par un hurluberlu qui n’est pas concentré au volant de sa propre monture…

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Lisez ici notre reportage sur les Voitures autonomes: Top 10 des défis à l’horizon