Il y a presque trois ans – le 18 septembre 2015, pour être exact – éclatait l’un des plus importants scandales de l’histoire de l’automobile. Le Dieselgate, comme il est désormais convenu de l’appeler, a mis au pilori Volkswagen et sa malhonnêteté concernant le vrai caractère de ses moteurs diesel TDI.

L’onde de choc a été terrible (elle se fait d’ailleurs encore sentir) et en bout de piste, le coupable a été contraint de corriger ses torts. Aux États-Unis, la facture s’est élevée à quelque 15 milliards de dollars. Chez nous: 2,1 milliards.

Ces sommes ont majoritairement été destinées aux propriétaires floués: les victimes ont touché une compensation allant jusqu’à 8000 $, en plus de pouvoir choisir entre faire réparer leur véhicule, le voir racheté par Volkswagen ou tout simplement l’échanger pour un autre.

Les situations et les options pour les consommateurs n’étaient pas les mêmes selon le modèle et l’année de fabrication. Ce qui était avantageux pour un ne l’était pas nécessairement pour l’autre. Voilà pourquoi les scénarios ont été multiples.

Pour faire amende honorable, Volkswagen se devait de proposer des compensations dignes de ce nom. S’il ne l’avait pas fait, un deuxième scandale aurait éclaté…

Ces offres ont été acceptées par près de 95% des propriétaires de Volkswagen à moteur TDI quatre cylindres de 2,0 litres aux États-Unis. Ainsi, chez nos voisins du sud, 57 000 exemplaires des modèles touchés ont été réparés et rendus conformes, alors que 350 000 autres ont été rachetés par la compagnie.

Et qu’en est-il chez-nous? Le porte-parole de Volkswagen Canada, Thomas Tetzlaff, a révélé à Autofocus.ca que ce pourcentage était légèrement plus bas pour notre marché: au moment d’écrire ces lignes, il est de 88%.

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Mais le temps commence à sérieusement presser: les propriétaires de véhicules VW à moteur quatre cylindres (2,0 litres) TDI concernés ont jusqu’au 1er septembre prochain pour effectuer leur demande. Ils auront ensuite jusqu’au 30 décembre de cette année pour décider de vendre leur véhicule à la compagnie ou de le faire réparer.

L’avocate représentant les plaignants américains dans le scandale, Elizabeth Cabraser, encourage tous les propriétaires de véhicules à mécanique TDI à profiter de l’offre du constructeur. Elle a déclaré au magazine Green Car Reports que «les avantages de cette entente historique, tant pour les consommateurs que pour l’environnement, étaient trop importants pour être ignorés.»

Puisque 105 000 unités de ce moteur TDI sont touchées par cette mesure au Canada, on peut estimer à quelque 13 000 le nombre de propriétaires canadiens qui ne se sont pas encore manifestés.

Si vous faites partie de ceux-là, il est encore temps d’agir. Cependant, il y a fort à parier que si vous n’avez rien fait jusqu’ici, c’est que vous souhaitez garder votre véhicule tel qu’il est. Ce faisant, vous renoncez donc à toutes compensations éventuelles.

Si pour certaines l’idée de conserver une auto 40 fois plus polluante que les normes le permettent est de l’hérésie environnementale, pour d’autres qui font partie du 12 % n’ayant toujours pas fait de réclamation, l’enjeu est tout autre.

Forts d’analyses réalisées à la suite de commentaires reçus de sa clientèle, le magazine Consumer Reports en est venu à la conclusion que plusieurs déclinaient simplement de faire racheter ou réparer leur véhicule en invoquant une multitude de raisons.

Une des plus fréquentes nous ramène à l’économie d’essence propre aux moteurs TDI. Les gens ont acquis un véhicule à motorisation diesel pour cela et pour l’autonomie (plus de 1000km sur l’autoroute avec un seul plein) qu’il offre. Puisque la réparation proposée par le constructeur a des effets négatifs dans les deux cas, ils ne veulent rien savoir.

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D’autres évoquent la perte de performance. Si leur VW Golf, par exemple, n’est pas aussi rapide et agréable à conduire, à quoi bon la redonner ? Certains remettent en doute les résultats des tests menés par l’EPA (Environmental Protection Agency).

Enfin, plusieurs consommateurs n’ont tout simplement pas digéré la supercherie imaginée par Volkswagen. Ils ont conséquemment coupé tous les ponts avec l’entreprise. Ils aiment leur Volkswagen et vont l’user à la corde, comme on dit, mais ils vont passer à autre chose par la suite.

Une histoire qui a fait couler beaucoup d’encre… jusqu’ici.

D’ailleurs, pour tout connaître des détails de l’une, sinon de LA plus grande supercherie automobile qui soit, lisez ci-dessous nos reportages publiés depuis que le scandale a éclaté, en septembre 2015:

Diesel TDI: Volkswagen accusé d’évasion… d’émissions polluantes

Volkswagen Canada retire tous ses modèles TDI de son site d’achat

Que signifie le scandale Volkswagen TDI pour les clients et pour la planète?

Scandale Volkswagen TDI: Martin Winterkorn, le PDG de Volkswagen, démissionne

Volkswagen: 8 étonnantes révélations qui transformeront l’industrie

Scandale VW: Audi et Porsche auraient aussi triché – avec le V6 TDI

Dieselgate: Volkswagen devra compenser, réparer ou racheter ses TDI

15$US milliards d’amendes pour VW… et c’est pas fini

Volkswagen devra débourser jusqu’à 10 000$ par TDI aux États-Unis

VW TDI: un premier ingénieur plaide coupable… et se met à table

VW TDI un an plus tard: le Dieselgate en 8 faits polluants

Sept réponses sur l’accord TDI de 2,1 milliards par Volkswagen Canada

Dieselgate ou pas, Volkswagen a vendu plus de véhicules que Toyota

Volkswagen a réparé ou racheté plus de la moitié des TDI aux États-Unis

Recours collectif: Volkswagen devra peut-être donner 35$ à tous les Québécois

14 mars 2013: Quand Volkswagen promettait qu’il n’y avait rien de trop vert…

Dieselgate: que fait VW Canada des 46 000 TDI qu’elle entrepose?