La Mazda6 2018 revue et améliorée veut à tout prix conserver son titre de berline intermédiaire la plus enivrante du marché. Et c’est un élément qu’elle ne devrait pas perdre de sitôt malgré l’amélioration notable de l’Accord de Honda (tout juste gagnante du titre de Meilleure voiture canadienne de l’année 2018) et, dans une moindre mesure, la Toyota Camry.

À ce Salon de l’auto de Toronto 2018, Mazda Canada a réussi de peine et de misère à obtenir un exemplaire de l’édition 2018 de sa berline intermédiaire (cet exemplaire est d’ailleurs le seul à se pavaner en sol canadien). Mais pour accompagner cette grande visite automobile, la division canadienne n’a pu obtenir les détails d’usage.

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Par exemple, les prix canadiens n’ont pas encore été divulgués, même si la voiture fait son entrée chez les concessionnaires dans moins de deux mois (Mazda canada a au moins pu confirmer l’arrivée de la Mazda6 en avril prochain.)

Et idem pour les chiffres de puissance du nouveau moteur turbocompressé. Heureusement, les origines déjà connues de ce nouveau bloc SKYACTIV-G 2.5T – c’est le même moteur que dans l’utilitaire Mazda CX-9 – nous poussent à prédire une puissance de 250 chevaux-vapeur (227 chevaux avec de l’essence ordinaire) et un couple de 310 lb-pi.

C’est donc dire que les ingénieurs ont décidé d’insuffler un peu plus de muscle à leur berline phare qui, dans sa proposition actuelle, n’offre qu’un seul moteur de 184 chevaux, même dans sa variante GT.

Pour les statisticiens, sachez que ce nouveau moulin turbocompressé à injection directe est loin d’être le plus puissant du segment (si ces chiffres demeurent inchangés), plusieurs concurrentes faisant encore appel à une motorisation V6.

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Sur papier, Mazda a peut-être du rattrapage à faire, mais le constructeur nous a prouvé dans le passé que sa philosophie SKYACTIV était capable de transformer un véhicule banal en quelque chose de beaucoup plus exaltant.

Notez que le 4-cylindres atmosphérique de 2,5 litres demeure au programme pour les budgets un peu plus limités, ce dernier toutefois aidé de la désactivation des cylindres (une nouveauté pour 2018) pour sauver quelques sous à la pompe.

Pour en finir avec cette portion technique, sachez que Mazda a la ferme intention de continuer à offrir une boîte de vitesses manuelle à six rapports avec le moteur de base. Le modèle turbo devra, quant à lui, se contenter d’une automatique avec palettes logées derrière le volant.

Et puisqu’il s’agit d’une refonte de mi-parcours, le département de design a travaillé à peaufiner quelques éléments, comme le bouclier avant qui s’intègre mieux à l’alignement actuel du constructeur, une stratégie déjà employée pour la Mazda3 l’an dernier.

On sent aussi ce désir de rehausser la perception de la marque auprès du public. Voyez d’ailleurs cet habitacle révisé – même s’il faut bien l’avouer, la Mazda6 n’avait rien à se reprocher à ce niveau.

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Au lieu de créer de toutes pièces une division haut de gamme comme l’avait fait Toyota avec Lexus (il y a preque 30 ans déjà!), Mazda veut simplement rehausser le niveau de qualité en intégrant des matériaux plus nobles et, bien sûr, en offrant une expérience de conduite supérieure à la moyenne.

Avec l’automatisation de l’industrie automobile en général, il est permis de se demander si Mazda ne fait pas fausse route en poursuivant cette stratégie qui mise surtout sur le plaisir de conduire. Ce n’est pas un reproche – même que les amoureux du volant applaudissent haut et fort l’effort que met Mazda dans l’agrément de conduite –, mais la direction de l’industrie automobile semble voguer vers d’autres horizons qui n’ont rien à voir avec la précision de la direction ou la fermeté de la suspension.

La berline intermédiaire est en perte de vitesse sur le marché nord-américain et, malheureusement, ce n’est pas cette injection d’adrénaline qui va sauver un modèle qui ne se vendait déjà pas très bien chez nous. D’ailleurs, avec à peine 592 unités cédées l’an dernier au Québec, c’est… quatre fois moins de transactions que pour la Honda Accord et cinq fois moins que pour la Toyota Camry. C’est dommage, car la Mazda6 était déjà la plus agréable à conduire de sa catégorie et ce, avant même de recevoir ce nouveau moteur turbo. On a quand même hâte de l’essayer!