L’article 439.1 de notre Code de la sécurité routière qui interdit le cellulaire au volant depuis le 1er avril 2008 est très clair: «Une personne ne peut, pendant qu’elle conduit un véhicule routier, faire usage d’un appareil tenu en main muni d’une fonction téléphonique.»

Le conducteur qui se fait prendre la main… sur le cellulaire encourt une amende variant de 80$ à 100$ (de 120$ à 162$ avec les frais), plus quatre points d’inaptitude. Sans compter le coût du permis de conduire qui double pendant deux ans…

Mais alors, après presque dix ans d’interdiction, pourquoi voit-on toujours autant d’automobilistes la main sur le cellulaire?

Pourtant, c’est si simple de rester – légalement – en communication avec son monde, que ce soit par le système Bluetooth de son véhicule ou un dispositif d’oreillettes acheté en boutique. Des écouteurs? Soit, mais il ne faudra alors en porter qu’un seul, de manière à pouvoir entendre les bruits et les alertes provenant de l’extérieur.

Vous avez déjà tout l’équipement nécessaire? Pas d’excuse: prenez un moment pour jumeler votre téléphone intelligent dès que vous posez la fesse sur le siège du conducteur.

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Plus spécifiquement: conduiriez-vous tout du long d’un terrain de football rempli d’obstacles (ou de joueurs) les deux yeux fermés? C’est pourtant ce que fait l’automobiliste qui roule à 90km/h et qui quitte la route des yeux (généralement de 4 secondes) pour texter, dit la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Donc, le meilleur des conseils que nous pourrions vous donner, c’est: ne textez pas au volant.
Vous devez ab-so-lu-ment le faire? Voici comment:

  • tout en conservant votre attention sur la route, repérez l’endroit le plus sécuritaire pour immobiliser votre véhicule;
  • sans manoeuvre brusque, arrêtez-vous dans ce stationnement autorisé ou cette aire de repos;
  • puis, textez tant que vous voulez;
  • rangez ensuite votre cellulaire et repartez.

Simple, n’est-ce pas?

Sachez qu’il est (encore) permis d’immobiliser son véhicule sur l’accotement d’une route où la vitesse maximale est de moins de 70km/h – pour texter, soulager une vessie, piquer un p’tit roupillon, etc. Cependant, le stationnement en bordure d’autoroute (ou dans les voies d’entrée ou de sortie) n’est pas autorisé pour pareilles activités.

En effet, la loi stipule que l’accotement de l’autoroute, c’est pour les urgences seulement, mécaniques ou de santé, par exemple. N’essayez même pas: vous ne ferez jamais avaler à un policier, encore moins aux tribunaux, que de texter ou de faire un appel téléphonique constituait une urgence…

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Ce que dit aussi l’article 439.1 du Code de la sécurité routière, c’est que «le conducteur qui tient en main un appareil muni d’une fonction téléphonique est présumé en faire usage.»

Lire: vous avez le cellulaire en main, même s’il est éteint? Too bad: vous êtes présumé en faire usage.

Cela prévaut non seulement lorsque que vous roulez, mais aussi lorsque votre véhicule est immobilisé aux feux de circulation ou dans les bouchons. Parce que même si votre auto ne bouge pas, le Code de la sécurité routière – et les policiers – considèrent que vous êtes quand même en train de la conduire.

Ce qui suit risque de ne plus être d’actualité dès que sera dévoilée, on ne sait encore trop quand, la version remaniée du Code de la sécurité routière. Pour le moment, l’article 439 (encore lui…) stipule ceci de façon claire, nette et précise:

«… nul ne peut conduire un véhicule routier dans lequel un téléviseur ou un écran pouvant afficher de l’information est placé de manière à ce que le conducteur puisse voir directement ou indirectement l’image transmise sur l’écran.»

Voilà donc qui règle le sort des tablettes numériques, surtout celles qui n’ont aucun abonnement à quelque fonction de transmission.

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Mais… l’article 178 (alinéas .1 et .2) d’une autre législation québécoise, celle du Règlement sur les normes de sécurité des véhicules routiers, apporte une nuance, pour ne pas dire un flou. On y dit qu’un véhicule routier PEUT être muni d’un écran affichant de l’information que le conducteur puisse voir, directement ou indirectement.

S’ensuit certes une liste de conditions longue comme le bras: que l’écran soit fixé au véhicule ou maintenu par un support fixe; qu’il soit dans l’axe du regard du conducteur mais sans obstruer sa vue, encore moins gêner ses manoeuvres; que les messages qui y sont présentés soient courts et simples, de façon à ne pas nuire à la conduite.

Surtout, ces messages doivent être en lien avec les «conditions (…) ou la conduite du véhicule, en temps réel sur l’état du réseau routier, des conditions atmosphériques ou pour guider le conducteur.»

Autrement dit, si le cellulaire est fixé à un socle selon les conditions énumérées plus haut (et non tenu en main), on peut le visionner comme s’il s’agissait d’un GPS.

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Alors, d’un côté, vous ne pouvez pas apercevoir d’écran à bord de votre véhicule, mais de l’autre… on vous permet d’en consulter un, en autant que ça ait rapport avec votre conduite. On pourrait même à la limite vous permettre de le toucher pour modifier la destination lorsqu’il se trouve en mode GPS – en autant qu’il soit fixé au tableau de bord ou au pare-brise.

C’est peut-être mélangeant, dit comme ça, mais une chose est sûre: composer un texto ou un courriel, entrer une adresse de destination sur Google Maps ou fouiller les sites d’hôtels à rabais pour trouver où passer la nuit sont toutes des actions sans rapport avec la conduite.

Quand même, il vous démange de poser l’un ou l’autre de ces gestes? Sachez que les policiers ont des dispositions fort convaincantes pour vous en retirer toute envie: s’ils jugent que vous, conducteur, avez mis la vie ou la propriété de personnes en péril, ils peuvent cette fois invoquer l’article 327 du Code de la Sécurité routière qui pénalise les actions dangereuses d’une amende salée (à partir de 1000$ et quatre points d’inaptitude), voire même d’une interprétation du Code criminel.

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La loi est plus ou moins claire? Dans le flou, abstenez-vous. Besoin de consulter la météo de votre destination en temps réel ou d’entrer un point d’intérêt au GPS? Faites-le avant de prendre la route, recommande la SAAQ.

Conserver toute votre concentration sur la route est une question d’habitude et pour bien intégrer ladite habitude dans votre quotidien, vous aurez peut-être d’abord besoin de l’aide de ces applications mobiles qui détectent que vous conduisez et qui répondent pour vous – d’un «Je suis en route» ou d’un «Je vous réponds plus tard».

La SAAQ propose entre autres son Mode-Conduite, qui permet de personnaliser ses accusés de réception. On peut aussi choisir de fermer son téléphone ou, à tout le moins, la sonnerie et les alertes, question de réduire les tentations. Après tout, la messagerie vocale n’est-elle pas là pour prendre le flambeau?

Un appel de la plus haute importance doit rentrer? On s’arrête le temps d’un café pour l’attendre. Ou, si on est accompagné, on demande au passager de répondre.

Ou de conduire…

Rappelons-nous qu’il y a 25 ans, les cellulaires étaient rares et la terre ne s’est jamais arrêtée de tourner pour autant. Alors, pourquoi ne pas attendre d’être à destination pour s’occuper de ses appels? La route ne pourra que mieux s’en porter…

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Lors de votre prochain magasinage automobile, inscrivez à votre liste des «il me faut», à côté des options de sièges chauffants et de toit ouvrant, le système d’infodivertissement qui réponde le mieux à vos besoins.

Idéalement, vous reluquerez les dispositifs plus évolués qui offrent la fonction «lire vos textos» et qui, d’une touche ou d’une commande vocale, peuvent y répondre d’un message pré-déterminé. Voilà encore la meilleure des façons de résister à la tentation d’empoigner son cellulaire lorsqu’il fait «bip – vous avez un message».

Cela dit, d’une marque automobile à une autre, vous risquez d’en perdre votre latin devant la diversité des plateformes technologiques. Ne cherchez pas de midi à 14h, fiez-vous plutôt à votre première impression: tentez d’associer votre téléphone aux systèmes des différents véhicules que vous testerez sur la route – parce que vous ne passez pas outre l’essai routier en concessionnaire, n’est-ce pas?

En moins de deux, vous saurez alors si a) la connexion se fait et b) vous arrivez à démystifier la chose sans devoir recourir au manuel du propriétaire. Dans le cas contraire, ça augure bien mal pour la distraction au volant, peut-être voudrez-vous donc changer de modèle…

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Votre représentant automobile vante les commandes vocales de votre nouveau véhicule pour une conduite en toute sécurité? Ou vous pensez faire appel aux OK Google et Siri de ce monde?

Attention, dit la Fondation AAA. Une étude de cet équivalent américain de notre CAA national a récemment démontré que l’usage des commandes vocales, tant celles intégrées par les constructeurs dans leurs automobiles que celles offertes par nos téléphones intelligents, constitue un potentiel de distraction plus important que prévu.

Oui, les mains demeurent sagement sur le volant et les yeux fixés à la route. Mais la charge de travail mental s’avère plus élevée qu’escompté… surtout que certaines plateformes technologiques sont plus complexes que d’autres à opérer.

D’ailleurs, voyez ici comment se mesurent entre eux les Toyota Entune, Chevrolet MyLink, Ford Sync et autres Hyundai BlueLink de ce monde. Certains représentent une demande cognitive équivalente à l’écoute d’une station radio, d’autres à un complexe calcul mental.

Le pire d’entre tous? Désolée, fans du Iphone, c’est le Siri d’Apple, à l’origine de deux collisions virtuelles sur trois survenues en simulateur…

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Au-delà de ce que permet – ou pas – la loi québécoise, il y a les immuables lois physiques: selon la SAAQ, texter en conduisant augmente de 23 fois les risques d’accident.