Quelles sont ces occasions? Eh bien, elles dépendent de l’aérodynamisme du véhicule – et de sa vitesse de croisière.

Ainsi, pour des voitures dont les silhouettes sont plus souvent qu’autrement élancées et, donc, qui se laissent chatouiller par l’air, l’utilisation du climatiseur sur l’autoroute fait du sens. Non seulement la consommation en carburant est alors plus frugale que si l’air s’engouffrait à pleines fenêtres ouvertes, mais il va d’un niveau sonore plus agréable dans l’habitacle et d’un meilleur confort pour les passagers.

Cela dit, on a récemment découvert que pour les véhicules aux silhouettes plus carrées, le fait de laisser les fenêtres baissées à vitesse d’autoroute ne met pas à mal un aérodynamisme… qui, de toute façon, n’existe pas.

C’est le Oak Ridge National Laboratory qui a fait cette étonnante découverte. Lors d’une étude ayant pour but d’évaluer la pénalité en carburant qu’entraîne l’utilisation du climatiseur, deux modèles automobiles ont été mis au banc d’essai: un VUS intermédiaire Ford Explorer 2009 (moteur V6) et une berline compacte Toyota Corolla 2009 blanche (moteur quatre cylindres).

Pour chaque véhicule, les chercheurs ont procédé à trois tests, d’abord sur dynamomètre, puis lors d’une balade autoroutière et ce, à plusieurs vitesses de croisière:

  • ils ont d’abord testé la consommation des deux véhicules sans climatiseur et avec les fenêtres remontées, ce qui allait représenter la variable de référence;
  • toujours sans climatiseur, ils ont testé la consommation avec les fenêtres baissées et mesuré la pénalité en carburant avec la mesure de référence;
  • enfin, ils ont testé avec le climatiseur en force, avec (évidemment) les fenêtres remontées et enregistré la mesure de cette autre pénalité.

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Les premiers résultats étaient attendus: à une vitesse moyenne de 65 km/h, tant le Ford Explorer que la Toyota Corolla ont montré qu’il était plus économique (jusqu’à 4 fois pour l’automobile, jusqu’à 7 fois pour l’utilitaire!) d’abaisser les fenêtres et de miser sur la ventilation naturelle pour rafraîchir la cabine.

Il était aussi attendu que plus augmenterait la vitesse des véhicules aux fenêtres demeurées ouvertes, plus leur résistance à l’air – et, donc, leur gourmandise en carburant – ferait de même. Ainsi, à 113km/h, que la Toyota Corolla roule avec le climatiseur en opération ne consomme que deux dixièmes de litre de plus (aux 100km) qu’avec les fenêtres ouvertes.

Là où la première surprise s’est pointée, c’est que la vitesse entre le moment où il vaut mieux fermer les fenêtres et engager le climatiseur diffère grandement pour les deux types de véhicule.

Pour la Toyota Corolla, pareil point de bascule s’est passé à vitesse d’autoroute – bon, légèrement au-dessus de la vitesse légale d’autoroute.

Mais pour un véhicule aussi peu aérodynamiques que le Ford Explorer, le point de bascule… n’est pas survenu avant que l’aiguille ne franchisse les 130 km/h. Avant cette marque, il était toujours plus économique de conduire l’utilitaire les fenêtres baissées et de profiter de l’air du temps, plutôt que de faire fonctionner le climatiseur.

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Les auteurs de la recherche ont tenu à mentionner que pareils résultats étaient préliminaires et qu’il fallait maintenant pousser plus loin l’étude, en rajoutant les variables suivantes: la température extérieure, la direction et la force du vent, l’apport solaire (il fait gros soleil ou le ciel est nuageux?), l’état et l’inclinaison de la chaussée, le type de véhicules, leur puissance et leur aérodynamisme, voire leurs teintes de carrosseries et d’habitacles. (Notez que le Ford Explorer souffrait d’une intérieur tout noir, alors que la Toyota Corolla profitait d’une cabine aux teintes pâles.)

Surtout, ont avancé les chercheurs, il faudra comparer avec différentes forces de climatisation. Parce que lors de leurs tests, le climatiseur engagé à 100% de sa puissance frigorifiait littéralement l’habitacle. Pour maintenir une température intérieure confortable, le climatiseur devait plutôt opérer à 50% de sa puissance. Et alors, la Toyota Corolla voyait sa pénalité en carburant réduite de 60% et le Ford Explorer, de 50%.

Surtout – et c’est l’autre surprise: s’il devenait plus profitable de fermer les fenêtres et d’engager (à moitié) le climatiseur dès les 97km/h pour la Toyota Corolla, il n’en allait pas de même pour le Ford Explorer.

À bord de l’utilitaire, mieux valait encore miser sur les fenêtres baissées même à 129km/h, comme vous pouvez le constater dans notre (touffu) tableau ci-dessous.

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