Jacques Sennechael vous le dira haut et fort: ceux et celles qui découvrent les avantages du vélo pliant ne peuvent plus s’en passer. «En ville, on le transporte au boulot, au café, à l’hôtel sans attirer l’attention.»

Ce rédacteur en chef du magazine Vélo Mag vous dira aussi que: «Le vélo pliant existe depuis 100 ans; même que des parachutistes sautaient avec leur vélo pliant durant la campagne de Normandie, lors de la Deuxième Guerre mondiale!»

Mais alors – et M. Sennechael s’en étonne lui-même: pourquoi le vélo pliant n’atteint-il pas des sommets de popularité?

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C’est bien connu qu’en ville, le moyen le plus rapide de se rendre à destination, comparé à toutes les autres formes de transport, sur les distances de moins de 10 kilomètres, c’est le vélo. Mais quand on part de loin, ça se corse.

Le meilleur moyen d’éviter les bouchons, c’est de combiner plusieurs modes de transport: auto, métro, bus, vélo, marche. C’est ici que le vélo pliant simplifie les choses et rend le périple bien plus agréable.

Avec le vélo pliant, vous pédalez jusqu’au métro ou la gare, pliez votre monture, faites une portion en transports en commun, puis le reste à vélo jusqu’au travail.

Ou bien le contraire: vous roulez avec la voiture jusqu’à un endroit stratégique et pédalez jusqu’au travail, où vous le glissez sous le bureau. Dans de nombreux bureaux, tant au centre-ville que dans les quartiers branchés de Montréal, comme le Mile-End ou le Plateau, un observateur remarquera plusieurs vélos pliés dans les espaces de travail…

D’ailleurs: «Le vélo pliant représente aussi une excellente protection contre le vol», fait remarquer Pierre-Marie Legrain, copropriétaire de Dumoulin Bicyclettes, une boutique montréalaise qui offre un vaste choix de vélos pliants.

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De même, le meilleur moyen de découvrir une ville étrangère, c’est à vélo. C’est moins exténuant qu’à pied et on ne s’embarrasse pas avec le stationnement à chaque arrêt. On se gare, on déplie le vélo, on pédale vers les attractions locales de notre choix, on replie le vélo pour repartir vers la prochaine destination.

Un vélo pliant se glisse avantageusement dans un VR, un bateau ou un avion. Et tout à coup, les montées arides ou les escaliers ne sont plus des obstacles redoutables.

On peut même acheter des valises adaptées, qui se compactent pour prendre moins de place dans le coffre de la voiture une fois les vélos dépliés, comme celles de la marque allemande B&W. Elles étaient très pratiques lors des périples en Californie ou pour aller pédaler sur la piste cyclable du Petit Témis, à Rivière-du-Loup: une fois les valises repliées, on poiuvait centraliser tous els autres bagaes dans le coffre de la voiture, abandonnées dans le stationnement. Avec un habitacle vide, on n’attire pas les voleurs!

Certains casques de vélo sont eux-mêmes pliables, pour mieux se glisser dans les bagages, comme ceux de Overade, Morpher ou Fend.

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Plusieurs modèles de vélo pliant sont offerts au Québec, dont ceux de Dahon, Tern ou Brompton. Les prix varient de 500$ à 6000$.

Lequel choisir? On y va selon nos besoins. Si on s’en sert quelques fois par été, un modèle d’entrée de gamme suffira. Sachez que certains sont assez volumineux, même pliés.

Certains modèles sont assistés: le vélo décuple votre effort lorsque vous pédalez en tirant de l’énergie de la batterie, que vous rechargez le soir. Vous décollez aux intersections comme une navette spatiale et vous arrivez au bureau sans être couvert de sueur. Le bonheur! Évidemment, ce n’est pas donné. Le Vektron de Tern se détaille 4999$. Mais une fois que vous l’aurez enfourché et gravi quelques côtes sans effort intense, vous ne voudrez plus vous en passer…

Si c’est le vélo le plus compact possible une fois plié qu’on cherche, le Brompton s’impose, et de loin. Il est relativement léger pour un vélo au cadre d’acier et, une fois plié, se transporte comme une valise au bout du bras, la plupart du temps incognito. Grâce à son porte-bagages avec roulettes intégrées, on peut le déplacer comme un panier de supermarché en tenant les poignées!

«Le Brompton est celui qui offre la meilleure qualité de roulement sur le marché, explique M. Legrain de Dumoulin Bicyclettes. C’est l’un des rares qu’on peut personnaliser selon la couleur, les accessoires ou le nombre de vitesses.» Et même s’il a des roues plus petites qu’un vélo normal, la différence est difficilement perceptible.

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Un vélo pliant Brompton se vend à partir de 2000$ à 2500$, selon les options et… la valeur de la Livre Sterling le jour de l’achat! Le Brompton vient avec une housse qui le recouvre une fois plié, qui offre une certaine discrétion.

Et la sacoche, lorsque vidée de son contenu, se clippe instantanément sur le devant du tube de direction.

J’ai accumulé des milliers de kilomètres sur un Brompton, à Montréal comme ailleurs dans le monde: c’est un vélo conçu pour explorer des paysages variés sans s’époumonner. Pouvoir le plier en quelques secondes permet d’utiliser les transports en commun ou la voiture en un tournemain. Sa malléabilité justfie amplement son prix.

De fait, le Brompton est désormais un vélo culte, qui a sa propre sous-culture, un peu comme le Westfalia ou l’ordinateur Macintosh. Les adeptes se saluent sur la rue (surtout en voyage), organisent des festivals, des courses et même des compétitions de pliage/dépliage!

Rouler sur un Brompton fait tourner les têtes. Le plier ou le déplier en public crée à lui seul l’événement!

«Le Brompton n’est certes pas donné, mais c’est un investissement, car ses concepteurs sont obsédés par sa durabilité, conclut M. Legrain. Beaucoup de gens achètent un autre modèle, ont la piqûre et… optent par la suite pour un Brompton. Découvrir une ville en Brompton, c’est une expérience inoubliable.»

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