La dernière tempête de pluie verglaçante nous a tous fait se creuser la tête quant aux meilleurs moyens à employer pour libérer nos véhicules de leur emprise de glace. Devant l’ampleur de la tâche, certains ont eu recours à YouTube et ont (re)découvert quelques trucs: l’alcool à friction dilué dans de l’eau qu’on asperge sur les surfaces vitrées, le briquet qu’on active pour réchauffer les serrures…

Attention, ce sont là des trucs qu’il vaut mieux laisser là où ils sont: dans l’Internet, dit Sylvain Légaré, analyste automobile pour CAA-Québec (que nous remercions au passage pour ses conseils, toujours aussi judicieux).

Voici donc ce qu’il faut faire… et ne pas pas.

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Il n’y a malheureusement pas de recette-miracle pour dégivrer nos véhicules. Ce truc qui roule depuis des années dans YouTube et qui suggère de mélanger de l’alcool à friction à de l’eau dans une bouteille à jet, puis d’en asperger les surfaces vitrées de son véhicule? Ça peut paraître simple et efficace, mais il y a là deux grands problèmes:

De un, l’alcool à friction n’est pas une substance qui a été testée sur les fenêtres – et encore moins sur la carrosserie des voitures. Sur le coup, ça semble marcher, mais rien n’est mentionné quant aux effets à long terme de l’application d’isopropanol (c’est le nom scientifique de ce liquide inflammable et irritant…) sur votre automobile.

D’ailleurs, voulez-vous vraiment imbiber d’un dissolvant (parce que ça en est un…) votre automobile dont vous prenez grand soin en la lavant et en la cirant à l’été, et en la faisant traiter à l’anti-rouille à l’hiver?

Et voulez-vous vraiment prendre le risque d’endommager ses composantes électroniques? Pensez aux rétroviseurs qui sont d’ajustements électriques, chauffants et qui, de plus en plus, hébergent des capteurs et des caméras d’assistance à la conduite…

Si cet argument ne vous convainc pas, en voici un deuxième: l’alcool à friction, à environ 2$ pour le 450ml, est jusqu’à 20 fois plus coûteux que… le lave-glace (moins de 4$ pour un galon) qui, lui, a été testé, prouvé et éprouvé sur nos véhicules.

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Vous serez peut-être tenté de jeter des sceaux d’eau chaude sur votre igloo givré mobile, mais sachez que vous risquez (encore) deux problèmes:

D’une part, si la température est passablement nordique, l’eau chaude se figera presque immédiatement et, donc, n’aura été d’aucune utilité. Pire: cette eau pourrait s’infiltrer un peu plus loin dans les interstices et y accroître l’emprise de glace.

Si jamais l’envie vous prend d’essayer quand même le bon vieux truc de l’eau chaude, un conseil: lorsque vous aurez réussi à ouvrir les portières, prenez des chiffons secs et assurez-vous de bien essuyer le long des cadrages tout ce qui, éventuellement, voudra regeler.

Mieux encore: dénicher un garage (qui ne soit pas trop chauffé quand même, lisez ici pourquoi) et laissez-y reposer votre véhicule une journée ou deux, le temps qu’il s’assèche bien de partout.

Plutôt que de l’eau chaude, pourquoi pas de l’air chaud? On a tous un séchoir à cheveux qui traîne quelque part dans la maison, suffit d’en diriger la bouche vers les portières, les vitres, les serrures de son automobile.

C’est là une très bonne solution, encore faut-il qu’une prise électrique (et une rallonge suffisante) soit accessible pour procéder à l’opération en plein air. Et attention: avec toutes ces flaques d’eau qui parsèment le sol, il y a danger d’électrocution.

Soyez patient, ça peut être long avant que vous n’ayez fait fondre le tour de glace. Rien n’y fait? Si vous êtes membre chez CAA-Québec, utilisez l’un de vos remorquages gratuits pour qu’on transporte votre véhicule dans un atelier de réparation qui voudra bien vous accueillir, le temps que ça fonde…

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Bien sûr, vous avez prévu le coup en vous munissant d’un dégivreur à serrures… que vous avez laissé à la maison et/ou au bureau. Surtout pas dans la boîte à gants du véhicule prisonnier de la glace…

Zut, c’est là où se trouve votre flacon? Ici, comme pour les portières, le truc du séchoir à cheveux vous sauvera bien des misères. Dirigez la bouche d’air chaud directement sur la serrure pendant deux ou trois minutes et le tour devrait être joué.

Peut-être avez-vous un bidon de lave-glace qui traîne à la maison, à température pièce? Super, versez-en un peu sur la serrure et voyez si ça fonctionne.

Attention: le vieux truc du briquet n’est pas recommandé, pour ne pas endommager la peinture de carrosserie, mais aussi pour des raisons de sécurité. Qui n’a pas déjà tenté la chose et, au lieu de dégivrer la serrure, s’est brûlé le bout des doigts… ou a fait flamber ses mitaines?

Ceci dit, on peut utiliser la flamme du briquet pour chauffer la clé, avant de tenter de l’insérer dans la serrure récalcitrante. Quelques reprises seront nécessaires – et encore là, attention de ne pas vous brûler les doigts. Évidemment, il faudra que votre véhicule ait encore une serrure et une clé…

Si vous êtes vraiment, mais vraiment mal pris, aux grands maux les grands moyens: appuyez votre pouce sur la serrure de sorte que votre propre chaleur fasse fondre la glace qui s’est formée dans le mécanisme. Alternez vos pouces, en prenant soin de les réchauffer après chaque utilisation. Profitez-en pour rêver à quelques belles contrées plus au sud

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Le bâillon de glace est définitivement trop dense pour en venir à bout avec le séchoir? Les portières ne veulent toujours pas s’ouvrir? En dépit de l’envie qui vous prendra de tirer de toutes vos forces sur la poignée, retenez vous: une telle vigueur pourrait la briser (c’est fragile, une poignée).

Vous parvenez à glisser vos doigts entre la portière et le cadre du véhicule? Super, mais encore là, sachez que si vous tirez trop fort, vous pourriez endommager le caoutchouc protecteur et entraîner des pépins plus importants encore – des fuites d’eau à l’été, par exemple.

Au pire, vous pourriez même plier le cadre (le cadre aussi, c’est fragile).

Un conseil tout simple: essayez de déverrouiller… une autre portière. Trop souvent, dans la panique, on oublie de vérifier si les autres serrures sont fonctionnelles. Peut-être que vous aurez plus de chances avec le flanc de votre véhicule qui se trouve côté soleil – si soleil il y a?

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La prochaine nuit réserve toute une tempête? Lorsque vous garerez votre véhicule, assurez-vous que vos essuie-glace soient à la position fermée (off). Ainsi, lorsque vous redémarrerez, vos balais ne s’activeront pas farouchement (et vainement) contre un amas de neige ou de glace – ce qui risquerait d’en briser les pivots et/ou d’en brûler le moteur.

Certains pensent à relever manuellement les essuie-glace en position verticale, comme s’ils étaient au garde-à-vous. Ce n’est pas une mauvaise idée… mais sachez qu’en passant plus de temps que prévu en position étiré, le ressort du bras risque de moins bien faire son boulot – c’est-à-dire s’assurer que vos balais collent bien au pare-brise et le nettoient efficacement.

De toute façon, qu’ils reposent au bas du pare-brise ou qu’ils soient à la verticale, les essuie-glace recevront leur lot de pluie verglaçante et il faudra bien les dégager – ce que vous voudrez faire doucement avec vos mains gantées.

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Un truc pour réduire le risque de gel aux portières: enduisez vos caoutchoucs (même ceux du coffre ou du hayon) d’un lubrifiant conçu spécialement pour eux – que vous trouverez dans les magasins à grandes surfaces. Voilà qui devrait vous épargner pas mal de souci pour le reste de la froide saison.

Oh, que vos vitres soient à manivelle ou à ouverture électrique, le conseil est le même: n’y touchez pas… tant que votre véhicule ne se sera pas suffisamment réchauffé, sinon vous pourriez en endommager le mécanisme. De toute façon, avez-vous vraiment besoin de les ouvrir, ces vitres? On se les gèle dehors!