Voyager avec un animal procure de grands plaisirs, mais représente également bien des responsabilités, un peu comme s’il s’agissait d’un enfant. Prévention, protection et éducation doivent toujours rester en tête afin que les déplacements demeurent d’agréables moments. Voici quelques tuyaux.

Légalement, au Québec, un animal n’est rien d’autres qu’un objet lorsqu’il se trouve dans un véhicule. Ce qui signifie que s’il est blessé, ni la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), ni la Régie de l’assurance maladie ne le soigneront.(!)

Tout au plus, la SAAQ rappelle: «Si un animal prend place dans un véhicule, il doit être placé de façon à ne pas obstruer la vue du conducteur ou à gêner la conduite du véhicule.»

Et: «N’oubliez pas qu’un animal en liberté peut également devenir un boulet en cas d’accident et blesser, ou même tuer, les occupants du véhicule. Les cages de transport constituent une solution sécuritaire.»

Évidemment, ces cages de transport doivent être solidement fixées. Les grillages installés à l’arrière des véhicules utilitaires ou des familiales peuvent également s’avérer utiles à restreindre les mouvements de tous les animaux de moyenne et de grande taille.

Cela dit, même dans une cage ou derrière un grillage, un animal peut être mis à mal lors d’une collision. La façon la plus sécuritaire pour eux, même si elle est la moins confortable, est donc d’installer un harnais.

Ce dernier doit enserrer complètement l’abdomen de l’animal (pas les pattes!) et être solidement fixé à l’une des ceintures de sécurité ou crochet de retenue de la banquette arrière du véhicule.

Même si cette façon de faire n’est certes pas la plus prisée des animaux, surtout ceux qui préfèrent voyager le museau sorti par la fenêtre, elle a l’avantage de restreindre ses mouvements et, donc, de l’éloigner du volant et des commandes nécessaires à la conduite. Qui plus est, elle a le mérite de le garder à l’endroit le mieux protégé de toute l’auto – la banquette, tel que l’on le ferait pour un enfant en bas âge.

Ajoutons qu’ainsi les poils, jouets et aliments restent en un seul endroit, qu’il est facile de protéger avec une pratique housse ou une couverture…

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Lors d’un impact, un lourd Bouvier Bernois ou même un petit épagneul peuvent se transformer en de dangereux projectiles dans l’habitacle du véhicule subitement freiné dans sa course.

La SAAQ rappelle ce grand principe, aussi vrai pour les animaux que pour les humains: «Des personnes croient à tort que si elles circulent à basse vitesse ou sur de courtes distances, elles ne courent aucun risque… C’est FAUX! (…) Même à 50 km/h, la pression qui s’exerce sur les corps en mouvement en multiplie le poids par 35 au moment d’un impact.»

C’est dire qu’un chien Labrador de 80kg qui n’est pas sanglé prendra subitement le poids d’un bébé éléphant…

Au-delà des blessures qui seraient alors infligées à l’animal, il y a celles qui peuvent être infligées aux autres occupants de l’habitacle. Ainsi, de recevoir derrière la nuque ne serait-ce qu’un caniche volant peut faire très mal. Notez qu’il en va de même pour tous ces accessoires et jouets que l’on apporte par la même occasion – encore plus ceux à bord tranchants ou pointus, comme les CD ou les parapluies.

Le harnais a également le mérite d’empêcher l’animal de se pencher aux fenêtres. La vétérinaire Hélène Catellier, de la Clinique vétérinaire sur Quatre Pattes de Montréal, précise qu’un chien qui sort sa tête d’un véhicule en mouvement peut terminer la balade avec une infection aux oreilles et/ou aux yeux.

«Un débris ou une guêpe qui frappe un oeil à grande vitesse, ça fait très mal!»

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La vétérinaire Hélène Catellier rappelle par ailleurs qu’il faut se méfier de la chaleur et ne jamais laisser un animal dans sa voiture sans lui assurer une température clémente – et des litres d’eau. «Nous avons dû un jour euthanasier un chien qui a souffert d’un coup de chaleur trop intense,» dit Mme Catellier.

Par temps chaud, même quelques minutes (pas dix minutes: seulement deux ou trois!) suffisent pour transformer un habitacle en four et ce, même si les fenêtres sont entrouvertes et/ou que la voiture est stationnée à l’ombre.

Comme les chiens et les chats ne transpirent que très peu, dit la SPCA&, ils sont à la merci de la canicule, qui «peut rapidement atteindre 60 degrés Celsius; votre animal pourrait alors subir une mort atroce». Les chiens à museau court tels que les bulldogs et les carlins (pug) sont particulièrement sensibles à cet égard.

Note à vous-mêmes: Si vous voyez un animal laissé seul dans une automobile par temps très chaud en été, composez le 911 en fournissez une description de la situation, le modèle, la couleur, le numéro d’immatriculation et l’adresse où se trouve le véhicule avec l’animal. La police pourra prêter assistance à l’animal, ainsi qu’appliquer la réglementation et des sanctions.

Tout comme les humains, certains animaux souffrent du mal des transports et ont donc la nausée en voiture. «On peut leur donner du Gravol, mais il faut adapter la dose en fonction de leur poids,» dit Mme Catellier.

Et tout comme pour les humains, le facteur psychologique a un rôle à jouer: «Certaines bêtes ont peur d’avoir mal au coeur, parce qu’elles ont déjà subi le mal des transports, dit encore la vétérinaire. Il faut donc les désensibiliser à ce qui les effraie; recommencez l’expérience en les faisant simplement entrer dans le véhicule et en les récompensant beaucoup, procédant ainsi par petites étapes positives. Il ne faut jamais le chicaner, mais plutôt le rassurer.»

S’il est préférable d’habituer un animal aux déplacements en véhicule dès son jeune âge, il est quand même possible de le faire par la suite.

Si malheureusement, votre animal décédait lors d’un accident d’auto, sa perte partielle sera compensée par votre assurance de maison, comme on le ferait pour le transport d’un meuble. Parlez à votre assureur à cet égard.

Mais en cas de blessures, il vous faudra payer entièrement les frais vétérinaires… à moins que vous n’ayez une assurance particulière. Karolyne Trottier, courtier pour les produits Petsecure de Western Financial, précise que l’institution remboursera 80% des frais vétérinaires en cas de collision.

Selon la police choisie, les médicaments, les hospitalisations, les soins dentaires, les vaccins, les prothèses, l’annulation-voyage pour maladie animale et même l’incinération particulière peuvent être remboursés.

Comme pour une assurance conventionnelle, les coûts et franchises sont déterminés par l’âge et l’état de santé de l’animal.

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