La plupart de nos déplacements se déroulent le jour alors que la visibilité est à son maximum. Toutefois, le quart de nos déplacements au pays s’effectue alors que la visibilité est réduite à son minimum.

C’est pire l’hiver, quand jusqu’à 16 des 24 heures d’une journée se déroulent en l’absence du soleil, voire de lumière.

Malheureusement, la conduite de nuit est un exercice trop souvent pris à la légère par les automobilistes. C’est pourquoi toute mesure de sécurité susceptible de sauver des vies – à commencer par la vôtre – mérite votre attention.

Voici donc quelques conseils susceptibles de vous protéger contre les intempéries, les autres conducteurs et… vous-mêmes.

  • Assurez-vous que votre pare-brise soit toujours très propre. Parfois, même s’il semble immaculé le jour, on peut y apercevoir de la saleté le soir. Un pare-brise sale fait perdre en moyenne 30 % de la visibilité. Si de surcroît votre pare-brise est fendillé, votre visibilité en sera altérée davantage au croisement d’autres voitures;
  • Procédez à l’inspection de vos phares et de vos feux, de même que vos feux de positionnement. Soyez assurés qu’ils fonctionnent tous bien. Selon CAA Québec, des phares abimés ou malpropres peuvent augmenter le temps de réaction d’un conducteur de quatre secondes à une vitesse de 50 km/h;
  • De toute évidence, il est urgent de remplacer tout feu ou phare qui ne fonctionne plus. Toujours selon le CAA Québec, une voiture sur trois circule avec des phares brûlés ou en mauvais état;
  • Soyez vigilants quant à l’angle d’éclairage de vos phares. Si ces derniers sont mal ajustés et aveuglent les conducteurs des véhicules circulant en sens inverse, vous augmentez vos risques de collision avec ces derniers. Un feu déréglé d’à peine 1% vers le haut suffit pour éblouir les autres conducteurs. À l’inverse, un dérèglement vers le bas entraine en moyenne une perte de visibilité sur une distance de 30 mètres;
  • Vous pouvez vérifier si vos phares éclairent là où ils doivent éclairer en vous stationnant devant un mur ou une porte de garage, à une distance d’environ six mètres, avec vos phares allumés. Vous verrez alors si l’éclairage ainsi projeté sur le mur présente un alignement correct;
  • Rappelez-vous, la visibilité est la clef: 90% des informations nécessaires à la conduite passent par la vue.

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  • Une fois engagé dans la circulation, adoptez un comportement routier sécuritaire qui réduira les risques et les dangers pour tout le monde;
  • Augmentez la distance que vous conservez normalement entre vous et le véhicule qui vous précède. Tout est plus difficile à voir la nuit et le fait de vous laisser une plus grande marge de manœuvre jouera en votre faveur;
  • De fait, la nuit, la règle des deux secondes entre vous et le véhicule qui vous précède ne s’applique plus: il faut compter un minimum de trois secondes;
  • En conduite urbaine, portez une attention particulière aux piétons; ces derniers ne portent pas toujours des vêtements visibles. Sachez qu’un piéton portant une veste de sécurité peut être aperçu à 350 mètres, contre seulement 50 mètres pour un piéton qui n’en porte pas;
  • Assurez-vous que vos phares sont toujours en position feu de croisement (les basses) et non en position feu de route (les hautes). Si vous aveuglez le conducteur du véhicule qui circule en sens inverse, vous mettez à risque sa sécurité – mais aussi la vôtre;
  • En cas de situation inverse (vous êtes éblouis par les feux de route du véhicule venant en sens inverse), évitez le piège de fixer directement ses phares. Forcez-vous plutôt à regarder sur le bas-côté de la route. Non seulement vous éviterez l’aveuglement, mais vous saurez où vous vous trouvez, sur la chaussé…
  • Mine de rien, votre pare-soleil peut vous protéger la nuit contre les éblouissements causés par les phares des autres véhicules;

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  • Soyez conscients que la plupart des animaux sauvages circulent la nuit. Les périodes les plus à risques sont les mois de juin et juillet ainsi que septembre et octobre. Au passage, sachez que les panneaux en bordure des routes signalant la présence de la grande faune ne sont pas là que par parure. Le ministère des Transports du Québec les installe selon une science exacte, voire les déplacent au gré des mouvements des troupeaux.
  • Évitez l’usage de tout appareil en tout temps, mais spécialement le soir venu. La luminosité de son écran créera un trop grand contraste avec la noirceur extérieure;
  • Vous dites que le cellulaire au volant est, de toute façon illégal? Certes, mais il n’est pas interdit de s’en servir lorsqu’il est fixé à son socle (à ce sujet, voir les règles de la SAAQ). Sauf qu’avec la visibilité réduite une fois la nuit tombée, votre attention devrait être portée en tout temps sur ce qu’il se passe à l’extérieur de l’habitacle, non pas à l’intérieur. La moindre dérogation à cette règle peut vous être fatale;
  • Évitez de prendre toute médication non nécessaire avant de prendre la route. Si ladite médication doit être prise, assurez-vous avec votre pharmacien que vous pouvez conduire. Si ce n’est pas le cas, c’est très simple: ne conduisez pas;
  • Soyez conscients de l’hypnotisme dont vous pouvez être victime la nuit. Vous vous retrouverez parfois seul sur la route et en l’absence de circulation et de points d’intérêt, spécialement sur une route de campagne ou sur l’autoroute, votre regard risque de se perdre dans l’obscurité. Allumez la radio, ouvrez une fenêtre, chantez, bref, gardez vos sens éveillés.

Mais attention: derrière ces manoeuvres pour tenter de rester éveillé, se cache l’une des trois plus importantes causes d’accidents routiers mortels: la fatigue. Vous dites que vous saurez vous reprendre si vous cognez des clous? Des petites nouvelles pour vous: lisez ici comment les automobilistes s’endorment avant même de savoir qu’ils s’endorment;

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  • Si vous ressentez de la fatigue en conduite de nuit, mais aussi en conduite de jour, empruntez la première sortie et trouvez-vous une aire de stationnement qui vous permettra de faire une sieste. Comme dit l’adage: mieux vaut tard… qu’en corbillard;
  • Vous serez surpris de constater qu’un roupillon de 15 minutes (enregistrez une alarme de réveil à votre cellulaire) vous fera non seulement le plus grand bien, mais par la suite, la route vous paraîtra décidément moins longue. S’il le faut, arrêtez-vous deux ou trois fois le long de votre trajet;
  • Évitez de passer de longues heures derrière le volant. Les experts de la route, mais aussi ceux du sommeil recommandent de faire de courts arrêts toutes les heures afin de vous délier les jambes et prendre l’air. (NDLR: Nous aussi, nous trouvons cette suggestion exagérée…) Mais bon, voilà qui contribuera à garder vos sens – et votre vie éveillés;
  • Si vous voyagez avec des passagers, entretenez des conversations avec ces deniers afin de rester alerte. Par contre, pas de grands discours qui demandent une concentration oratoire excessive. Votre concentration, vous devez la garder pour la route;

Le dernier conseil, mais le plus important? Si vous êtes fatigué, parce que vous avez peu dormi la nuit précédente ou parce que vous vous êtes tué au boulot, évitez tout simplement de prendre la route. Chercher d’autres solutions comme le taxi, la nuit à l’hôtel ou chez un ami, voire dormir quelques heures sur la banquette (où par bonheur, vous conservez une couverture et un oreiller) seront peut-être les meilleures décisions de votre vie. 

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