Si l’autopartage est officiellement né en Suisse en 1948, le premier vrai service à avoir pris racine en Amérique du Nord est… Québécois. Et vous le connaissez: Communauto propose la voiture en libre-service dans la Belle Province depuis maintenant un quart de siècle, avec aujourd’hui 2500 véhicules répartis dans huit villes – dont la moitié à Montréal.

Le plus ancien type est celui dit «en boucle»: on réserve une voiture pour une journée ou un week-end, voiture que l’on récupère et que l’on ramène à une station urbaine déterminée.

C’est le Communauto des premières années, qui fonctionne encore aujourd’hui (sur abonnement) et qui, à notre avis, propose l’offre la plus complète avec le volet Auto-Mobile (décrit trois paragraphes plus bas).

Pour tout dire, les forfaits Communauto sont presque aussi nombreux qu’il y a d’étoiles dans le ciel et trouver le sien peut s’avérer ardu. Au moins, on a l’embarras du choix.

Depuis plus de 20 ans, le tout premier programme d’autopartage en Amérique du Nord offre la location à court terme. Principal avantage: on peut réserver, donc on s’assure de la disponibilité du véhicule. Il faut cependant le ramener à la station où on l’a pris. Le service est proposé dans les villes de Montréal, Québec, Sherbrooke et Gatineau.

Le volet Auto-Mobile, dans les villes de Montréal et de Québec, mise sur une plus grande flexibilité encore. On localise un véhicule libre, on l’utilise en payant à la minute, à l’heure ou à la journée, puis on le rend à un emplacement différent de celui où on l’a récupéré. (Il faut cependant respecter les quartiers et les arrondissements de desserte, de même que les consignes de stationnement sur rue.)

Infos: 1-877-523-1788 ou www.communauto.com

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Le second type, en «trajet direct», s’est démocratisé depuis la création de Car2go en 2008 et il accorde davantage de flexibilité à la voiture en libre-service.

Au moment où l’on a besoin d’un véhicule, on le localise avec son cellulaire, on en prend possession dans la demi-heure qui suit et on le conduit jusqu’à destination.

C’est là qu’on pourra l’y laisser, en autant qu’il soit garé dans les territoires sélectionnés en toute légalité. Des vignettes universelles aident à la chose.

Initiateur en 2008 du mouvement en «trace directe» (l’aller sans le retour), Car2go est aujourd’hui le plus important service d’autopartage au monde avec ses deux millions de membres et ses 14 000 voitures (majoritaire des smart fortwo, mais aussi quelques berlines Mercedes-Benz) réparties dans une trentaine de villes internationales.

Au Canada, quatre villes sont desservies: Toronto, Calgary, Vancouver et Montréal, cette dernière avec 460 voitures.

Les avantages, donc: on localise le véhicule le plus près à l’aide de son téléphone intelligent et, en fin de trajet, on laisse la voiture là où sa vignette universelle l’autorise (sauf au centre-ville et à l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau, où des cases spécifiques sont prévues).

Les bémols: on ne peut s’éloigner de la «zone» par plus de 200 kilomètres et on ne peut réserver plus de 30 minutes d’avance. Oh, et l’application numérique n’est pas des plus intuitives. Mieux vaut s’abonner au service et se familiariser avec l’application numérique avant de devoir l’utiliser.

Infos: 1-855-454-1002 ou www.car2go.com

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Le troisième type de mobilité est littéralement l’Airbnb de l’automobile – et il connaît un essor semblable à ce qu’a connu la plateforme d’hébergement privé: il s’agit de la location de particulier à particulier (peer to peer).

Essentiellement, ce sont des applications numériques telles Turo (le seul joueur présent au Canada, depuis le printemps 2016) qui permettent le jumelage de propriétaires de véhicules privés avec des gens désireux de les louer – un minimum de 24h avec Turo.

L’avantage: on retrouve de tout dans cette plateforme numérique, de la petite voiture au grand utilitaire, de la fourgonnette à la berline de luxe, sans oublier le véhicule électrique.

On peut même choisir la marque, l’année-modèle, la boîte de transmission, la couleur de carrosserie (!) et des équipements précis comme le porte-ski ou le porte-vélo.

Mais notre conseil: on fait son choix parmi les offres présentant la photo réelle du véhicule, et non la photo du constructeur qui exhibe le modèle à son état neuf, et on priorise les propriétaires qui ont déjà plusieurs «ventes» à leur actif, un peu comme pour les sites Internet d’enchères.

Généralement, on prend possession du véhicule choisi là où il se trouve ou, pour un frais supplémentaire, on peut profiter d’un service de livraison – à l’aéroport, par exemple.

Contrairement à la majorité des services d’autopartage, à peu près toutes les régions de la Belle Province sont représentées, même le Saguenay, la Gaspésie et la Côte-Nord.

Infos: 1-888-391-0460 ou turo.com

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Le quatrième type de mobilité n’a… rien de nouveau: il s’agit du bon vieux covoiturage, offert pour de grands trajets ponctuels comme feue Allo Stop l’a fait vivre aux Québécois pendant trois décennies et comme AmigoExpress nous le propose depuis dix ans.

Desservant principalement les voyageurs occasionnels, AmigoExpress est la communauté de covoiturage interurbain la plus active au pays. Depuis dix ans, ses membres (aujourd’hui 400 000) ont soit offert, soit profité de 1,5 million de places vacantes dans des automobiles privées.

Principal avantage: le service profite à ceux et celles qui veulent se déplacer sur de grandes distances au Québec, mais aussi au Canada et même jusqu’aux États-Unis. L’outil numérique permet par ailleurs aux covoiturés de vérifier si l’habitacle est fumeur ou non, si des points intermédiaires peuvent être rejoints en cours de trajet et combien de bagages peuvent être transportés.

Infos:1-877-264-4697 ou AmigoExpress.com

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Le covoiturage ne date donc pas d’hier, mais le mouvement a certes (re)pris de la vigueur dans la Belle Province avec la version 2.0 du covoiturage telle que conçue par Netlift.

Essentiellement, l’application québécoise Netlift veut, depuis 2014, apparier les gens en mal de transport avec les plus ou moins quatre millions de places vacantes offertes par les véhicules entrants et sortants de Montréal aux heures de pointe.

Le concepteur Marc-Antoine Ducas explique: «On calcule tous les modes de transports, à la minute près; on recense les intentions des automobilistes; et on inventorie les besoins. Vous nous dites où vous habitez, où vous allez et à quelle heure, puis l’algorithme de notre espace informatique vous crée une route.»

Parce que ce covoiturage permet aux véhicules d’emprunter les voies réservées des autoroutes, la solution Netlift s’avère souvent la plus rapide d’entre tous les moyens de transports…

… d’autant qu’elle offre plus que le simple covoiturage du point A au point B: elle tient également compte des différents réseaux et horaires de transports en commun. Elle permet donc la création des routes les plus rapides – son principal atout.

Autre avantage: tout se fait par téléphone intelligent, même le paiement; aucun argent n’est ainsi échangé. Oh, et depuis un an, Netlift a rajouté à sa plateforme numérique la possibilité de partager les frais de stationnement, une option qui l’a rendue populaire auprès des covoitureurs.

Pour le moment, Netlift n’est offert qu’à Montréal, mais son fondateur Marc-Antoine Ducas rêve de l’étendre «aux 120 autres villes d’importance à travers le monde qui, comme celle québécoise, ont plus de places automobiles vacantes sur leurs routes congestionnées que de population.»

Infos: netlift.me

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Combien, pour ces prestations de transport qui incluent généralement les assurances et l’essence? Difficile de déterminer la chose avec précision, puisque féroce concurrence oblige, les tarifs d’autopartage diminuent (jusqu’à un tiers moindre l’an dernier), les forfaits se multiplient et les coûts d’inscription disparaissent.

Voyez par vous-mêmes les extrêmes: droits d’adhésion variant de 0$ à… 500$; abonnements débutant à 40$ ou… service sans abonnement; frais mensuels de 20$ ou un % de redevances à l’application d’hébergement; taux variant de 0,38$ à 2,10$ la minute; de 10$ à 12$ l’heure; de 25$ à… 300$ par jour (pour les véhicules de luxe sur Turo); kilométrage excédentaire (après l’allocation) de 0,20$ à 0,45$; course Montréal-Québec pour 20$, possibilité de partager les frais de stationnement; alouette quant au kilométrage à respecter, les zones urbaines à ne pas franchir, les endroits où se stationner, etc.

Mais plus simplement, on peut dire, comme le fait la professeur Florence Paulhiac-Scherrer, que «les tarifs de l’autopartage au Québec se situent entre le billet d’autobus et la course en taxi.»

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