En cette fin de saison estivale, les manchettes n’en finissent plus de nous décrier comment le partage de la route entre camionneurs, voitures, cyclistes et piétons est difficile.

Et vrai que la cohabitation n’est pas aisée, autant en ville qu’en régions éloignées.

Mais il est un aspect qu’on néglige (trop) de souligner, par insouciance ou par méconnaissance: les poids lourds ont besoin d’un espace vital plus grand, beaucoup plus grand que pour tous les autres moyens de transport routier.

Angles morts, distances de freinage, remorques qui font visuellement écran… Voici comment vous, automobiliste, pouvez intelligemment partager la route avec les camionneurs, pour votre sécurité – et pour la leur.

Comme les poids lourds font écran, ils vous empêchent de bien discerner ce qui se passe devant, alors que vous devriez voir au loin. Si un incident survient, non seulement vous ne pourrez le repérer, mais vous ne pourrez l’anticiper. Tenez-vous donc loin… et tout le monde respirera plus librement.

Assurez-vous d’être vu. Si vous n’apercevez pas les yeux du camionneur dans son rétroviseur, c’est que celui-ci ne peut pas non plus vous voir. Ça semble logique, mais voilà un principe qu’on oublie trop souvent. Faites le test la prochaine fois que vous prendrez le volant…

On pourrait vous abreuver de détails et de statistiques sur les angles morts avec lesquels les routiers doivent composer, mais une simple vidéo conçue par la Société de l’assurance automobile du Québec, et que vous pouvez visionner ici, explique tout, illico.

Ne suivez pas un camion de trop près. S’il n’est pas chargé, sa capacité de freinage est, croyez-le ou non, supérieure à la vôtre. Advenant une situation d’urgence, vous pourriez bien avoir déjà embouti le poids lourd avant même de réaliser qu’il a subitement freiné.

Lors d’une manoeuvre de dépassement, évitez de demeurer trop longuement à la hauteur d’un poids lourd. Non seulement vous êtes dans son angle mort, mais en cas de catastrophe, vous risquez d’être pris en sandwich, sans porte de sortie aucune.

Cela dit, assurez-vous de respecter les limites de vitesse. Si vous êtes sur l’autoroute et que vous roulez à la limite légale derrière un poids lourd, la manœuvre de dépassement ne devrait pas, en théorie, être nécessaire…

Vous avez effectué votre dépassement? Avant de revenir dans la voie que vous avez quittée, assurez-vous d’apercevoir entièrement et complètement le camion dans votre rétroviseur intérieur. Sachez que celui-ci ne peut voir un véhicule qui le précède de trop près, surtout s’il s’agit d’une petite voiture.

Mettez-vous dans la peau d’un camionneur, l’espace d’un moment. Vous manoeuvrez un poids lourd de 40 tonnes sur la première voie de l’autoroute lorsque, sur votre droite, se dessine une sortie d’autoroute. Sur votre gauche, un automobiliste s’amène à vive allure. Il vous dépasse, puis vous coupe à deux cheveux de votre calandre, avant de freiner pour mieux s’engager dans la bretelle de sortie.

C’est d’autant enrageant que le routier qui se fait ainsi couper et qui doit ralentir subitement devra rouler jusqu’à trois kilomètres avant de reprendre sa vitesse de croisière.

Imaginez maintenant que la manoeuvre se produise encore et encore… Frustrant, n’est-ce pas?

Pourtant, il est si simple de faire preuve de courtoisie, non seulement en attendant son tour pour sortir de l’autoroute, mais aussi en se rangeant d’une voie vers la gauche pour donner une chance au fardier qui veut y entrer.

Le poids lourd met son clignotant vers la droite, mais semble empiéter vers la gauche? Non, il ne fait pas erreur; il amorce simplement une manoeuvre de virage à droite et il s’octroie l’espace nécessaire pour le faire. Ne soyez pas de ces automobilistes qui tentent de se frayer une chemin par la droite, au risque de finir écrabouillés…

Un fardier vous suit de trop près? Vrai que cela peut déranger un peu, pas mal, voire beaucoup. Mais comme il est plus gros que vous, la seule chose à faire est de changer de voie, pour tenter de vous en débarrasser. Si la circulation est trop dense pour ce faire, n’hésitez pas à quitter la route, pour mieux y revenir quelques instants plus tard. Profitez-en pour faire une pause-café…

… le fautif, dans 70% des accidents impliquant des poids lourds… est l’automobiliste et l’automobiliste seul? Dans le partage de la route, il ne faut donc pas tout attendre du camionneur; le conducteur d’une voiture ou d’un utilitaire doit savoir garder ses distances, laisser le passage. Après tout, veut-il vraiment se confronter à un fardier qui pèse jusqu’à 20 fois plus que son véhicule?