Les méthodes de fabrication automobile se sont beaucoup améliorées au fil des ans, et c’est tant mieux. Mais alors, dites-vous, comment se fait-il que le nombre de rappels de sécurité ait si augmenté au cours des dernières décennies?

Il faut d’abord mettre en perspective le fait que le nombre de modèles en circulation, le nombre de véhicules vendus, la quantité de pièces qui les composent et les percées technologiques sont, eux aussi, en hausse. Et c’est sans compter que le processus entourant les rappels de sécurité a été revu – deux fois plutôt qu’une.

Voici donc comment, étape par étape, une plainte provenant d’un automobiliste canadien aboutit à un rappel.

La première étape consiste à identifier un problème potentiel, ce qui peut subvenir d’une infinité de façons. Parfois, ce sont les constructeurs ou leurs fournisseurs qui font part de certains problèmes ou d’une défectuosité. Transports Canada, le ministère fédéral responsable de la sécurité automobile, peut également être à l’origine d’un rappel après avoir mené ses tests de collision. (Pour ceux que ça intéresse, ces tests sont conduits au Centre d’essais pour véhicules automobiles PMG Technologies, à Blainville dans les Laurentides, au nord de Montréal.)

Mais: «La très grande majorité des enquêtes effectuées en lien avec une défectuosité découlent d’une plainte formulée par un consommateur», affirme Kelly James, conseillère aux relations avec les médias chez Transports Canada. De fait, les plaintes du public sont d’une grande importance pour nous.»

(En passant, si vous avez une plainte à formuler, vous pouvez la soumettre par l’intermédiaire du site de Transports Canada ou en communiquant au 1-800-333-0510.)

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La Section des enquêtes sur les défauts de Transports Canada examine sur une base quotidienne les plaintes signalées par le public et entame son processus de vérification en ouvrant une enquête préliminaire, afin de passer en revue la plainte en question.

Si le problème s’avère, il est alors confié à l’un des enquêteurs à temps plein basés à Ottawa ou encore à l’un des enquêteurs contractuels qui se déplacent aux quatre coins du pays.

«En règle générale, les enquêtes débutent par un simple rapport, dit Mme James. Puis, à mesure que d’autres renseignements viennent étayer le dossier, leur niveau de complexité peut augmenter.»

Pour en apprendre davantage, les enquêteurs discuteront avec les propriétaires, les détaillants et les experts judiciaires. Lorsque le défaut semble s’inscrire dans une tendance plus large, ils s’entretiendront avec la National Highway Traffic and Safety Administration (NHTSA), leur homologue américain.

Le constructeur, de son côté, vérifiera auprès des représentants des autres marchés afin de confirmer la présence d’un véritable problème. Le cas échéant, il devrait prendre rapidement les mesures nécessaires. On a vu que ce n’était pas toujours le cas, cependant

Une fois qu’on a confirmé la présence d’une défectuosité, le constructeur commence à tester différentes approches de manière à déterminer la meilleure façon d’effectuer les réparations.

Pendant ce temps, Transports Canada est susceptible de poursuivre son enquête afin d’évaluer de façon plus précise le risque que peut poser le problème sur la sécurité. Dans certains cas, l’agence gouvernementale peut même acheter des véhicules ou des composantes afin de leur faire passer des tests complets dans l’une de ses installations.

À ce chapitre, Transports Canada possède ou fait affaire avec deux établissements pour effectuer ses tests: outre le centre PMG Technologies dont il est question plus haut, il fait usage du Laboratoire d’enquêtes sur la sécurité automobile de Gatineau. Il se peut même qu’à l’occasion, on fasse appel au ministère de la Défense nationale si des expertises plus poussées sont requises.

Lorsque le constructeur a trouvé une solution au problème, les instructions permettant d’effectuer les réparations sont diffusées à l’échelle mondiale, puis adaptées à chacun des marchés. Finalement, elles sont fournies aux concessionnaires d’un océan à l’autre.

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Dès qu’un problème est identifié et qu’un correctif est disponible, Transports Canada avise les autorités provinciales et réunit tous les renseignements dont elles auront besoin pour communiquer avec le public. Ensuite, une notification de rappel est rédigée, puis publiée sur le site Web de l’agence fédérale.

Le constructeur dressera la liste des véhicules affectés, puis tentera de faire des recoupements entre les numéros de pièces des fournisseurs et les dates d’assemblage en usine afin d’obtenir la liste complète des numéros d’identification du véhicule (NIV) touchés.

Au moyen des données fournies par les concessionnaires, il entrera en contact avec les automobilistes propriétaires et leur fera parvenir une notification de rappel leur indiquant de faire réparer leur véhicule. (D’où l’importance d’inclure son concessionnaire dans sa liste de «changements d’adresse», après un déménagement.)

Évidemment, Transports Canada s’assure que les tests effectués par le constructeur sont conformes aux exigences. «Parfois, nous vérifions le nombre de véhicules réparés, la pertinence technique des réparations effectuées, les méthodes utilisées pour contacter les propriétaires ou les systèmes utilisés par la compagnie pour fournir des données fiables», mentionne Mme James.

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À l’instar du reste de l’industrie de l’automobile, le processus entourant les rappels de sécurité repose de plus en plus sur l’informatique, ce qui permet, en théorie, de raccourcir les délais.

Cela dit, avec le nombre sans cesse croissant de modèles disponibles et l’augmentation du niveau de complexité technique, le nombre de rappels s’en ressent. Après tout, chaque nouveau gadget introduit a le potentiel de faire défaut…

Mais dites-vous bien que là où il y a rappel, il y a réparation. C’est lorsqu’il n’y a pas de rappel que ça pose un problème…

… le véhicule usagé que vous souhaitez acheter a fait l’objet de rappels? Allez faire un tour sur le site Web de Transports Canada, sa base de données sur les rappels vous permettra de chercher par marque, par modèle et par année. Notez les codes de chacun des rappels qui pourraient avoir affecté votre occase et vérifiez auprès du vendeur, sinon auprès du concessionnaire, si la réparation a été effectuée.