Les avantages et inconvénients de l’achat de votre véhicule déjà loué se présentent sous deux formes: monétaires et affectifs. Si les premiers se calculent avec une relative précision, les seconds ne dépendent que de vous et de vos priorités. Cela exige de la réflexion, une réelle franchise envers vous et vos proches, mais le jeu en vaut probablement la chandelle.

  • Plusieurs données entrent en ligne de compte. Par exemple, si vous avez dépassé de beaucoup le nombre de kilomètres à parcourir durant la location, la pénalité qui serait alors imposée au retour du véhicule ne s’appliquera pas. Également, si la valeur marchande de ce véhicule sur le marché des autos d’occasion est comparable à la valeur résiduelle calculée, cela peut valoir la peine de l’acheter et de s’en servir pour éventuellement le revendre à bon prix.
  • Plusieurs automobilistes ont souffert du resserrement du crédit et des critères pour obtenir une location ou un financement automobile, après la crise de 2008. L’achat de votre véhicule actuel, relativement abordable puisqu’il a probablement perdu la moitié de sa valeur d’origine après trois ou quatre ans, peut représenter une affaire réaliste.
  • Et contrairement à l’achat d’un véhicule d’occasion conventionnel, vous connaissez en tous points son état ainsi que son entretien antérieur. Vous savez, par exemple, si les changements d’huile ont été correctement effectués. Et vous en avez probablement soigné l’apparence ainsi que la propreté. (Du moins, on l’espère pour vous…)
  • Tout au contraire, si autant son état que son entretien posent défaut, peut-être voudrez-vous envisager la conserver. Ainsi, vous ne souffrirez d’aucuns frais ou pénalités imposés si vous remettiez les clés en fin de la location.
  • Si vous avez apporté des modifications après la location avec des pièces qui ne sont pas d’origine, telles une attache-remorque, une chaîne audio ou un système d’alarme, vous n’aurez pas à les enlever et ne serez pas pénalisé pour celles-ci.
  • Si l’un de vos proches est intéressé par votre véhicule, il pourra l’acheter selon les termes de la convention de location.
  • De même, si les conseillers des commerces de l’automobile ont le rôle de vous inquiéter avec d’éventuelles réparations, il faut vous rappeler que ces mêmes personnes vous ont dit combien il s’agissait d’un excellent et très fiable véhicule il y a à peine trois ou quatre ans!

Si vous êtes réellement insatisfait de votre véhicule actuel, qu’il ne répond plus aux besoins de votre famille qui s’est agrandie d’un ou de deux membres, que sa valeur éventuelle sur le marché de l’occasion s’est écroulée et que sa consommation de carburant excessive est devenue inacceptable, il est probablement préférable de redonner les clés à la fin du terme.

Ces critères sont subjectifs, mais peuvent être les plus importants pour vous. De fait, si vous détestez la corvée de vendre votre véhicule après quelques mois ou années, la location perpétuelle vous convient peut-être mieux. Elle vous coûtera plus cher à long terme, mais au moins, vous payerez avec le sourire aux lèvres.

Plusieurs différences monétaires existent entre le fait de remettre son ancien véhicule loué ou de choisir de l’acheter.
 

  • Le prix de rachat de votre véhicule loué est déjà spécifié dans la convention de location que vous avez signée en début de bail. Vous avez alors le choix de payer le prix complet ou d’obtenir un financement. Votre concessionnaire ainsi qu’une autre institution financière peuvent vous offrir différents programmes et taux.
  • Assurances: le nouveau véhicule de remplacement risque de coûter plus cher s’il est neuf. Demandez quelques soumissions par téléphone ou par Internet pour vous assurer de ces coûts auprès de quelques assureurs. Les données recueillies peuvent alors servir d’arguments pour un ajustement auprès de votre assureur actuel.
  • Le taux de financement d’un véhicule neuf loué peut être inférieur (à la condition qu’il s’agisse du vrai taux et non d’une astuce promotionnelle), tandis que l’achat subséquent peut nécessiter un financement plus élevé (selon la qualité de votre dossier de crédit).
  • Ces calculs compliqués sont remarquablement simplifiés en utilisant des calculettes informatisées disponibles sur Internet, par exemple sur le site de l’Office de la protection du consommateur du Québec. Après quelques calculs, vous pourriez déduire qu’il coûte parfois moins cher de louer pour ensuite acheter que d’acheter dès le départ. Tout dépend alors des taux en vigueur, ainsi que de la possibilité d’allouer au début du processus plus d’argent à vos placements, tels que les REER et CELI, ou d’éponger rapidement des dettes aux taux élevés.
  • Carburant: effectuez des comparaisons de consommation avec le véhicule que vous connaissez déjà et avec son remplaçant éventuel, en vous servant des cotes réelles calculées par des automobilistes comme vous, à www.fuelly.com.
  • Pour tout ce qui concerne les frais de stationnement, vignettes et accessoires, nous prenons pour acquis que ces coûts sont semblables.
  • Le comptable agréé et planificateur financier Éric Brassard, auteur de Finance au volant, précise: «Si vous avez l’habitude de conserver vos voitures longtemps, rien ne vous empêche de louer d’abord si le taux d’intérêt du contrat de location est intéressant. Au terme du contrat, il suffira d’acheter la voiture en exerçant votre option d’achat.»
  • Taxes: encore selon Éric Brassard, «Il revient exactement au même de payer des taxes sur les intérêts que de payer des intérêts sur les taxes, » explique-t-il en comparant les coûts de la location et de l’achat, qui sont identiques à ce sujet. Il ajoute: «Plus on consomme en termes de voitures neuves, plus le montant des taxes sera élevé, que ce soit en location ou à l’achat.»
  • Enfin, le planificateur financier considère un mythe de croire que la location permet davantage de déductions fiscales: «C’est même souvent le contraire, faites vos calculs,» conclut-il.
  • Entretien: même si nous avons vu que la plupart des véhicules âgés de cinq à dix ans coûtent moins de 1000 dollars de réparations par année, il ne s’agit que d’une moyenne. Faites inspecter le véhicule loué que vous pensez conserver par un technicien indépendant et de confiance, si vous avez des doutes quant à sa santé mécanique.
  • La dépréciation est souvent le coût le plus important de l’utilisation d’un véhicule, avant le carburant, les assurances et l’entretien. Dans le cas de la location répétitive de voitures neuves, vous payez toujours la pire dépréciation: celle d’un véhicule neuf.

Comme on le constate, la possibilité d’acheter le véhicule que nous avons déjà en location à la fin de son terme implique une bonne dose de réflexion. S’il vous satisfait encore et que son état mécanique n’inspire pas d’inquiétude, il peut être judicieux, après analyse des critères monétaires, d’en faire l’achat.

Vous aurez toujours l’opportunité de le vendre si le besoin s’en faisait sentir.