Avantage inespéré pour les uns, cette seconde chance financière peut représenter de grands dangers pour ceux qui n’en connaissent pas toutes les caractéristiques. Voici des balises à lire absolument avant de signer quoi que ce soit.

Les institutions financières acceptent de prêter de l’argent après avoir déterminé la solvabilité de la personne qui en fait la demande. L’acceptation dépend de la capacité de rembourser une certaine somme d’argent en respectant un ensemble de conditions.

À cela s’ajoutent des frais d’intérêt, qui sont calculés en fonction des antécédents de crédit. Meilleur est le dossier de crédit, meilleures sont les probabilités que la demande soit acceptée et que le taux d’intérêt offert soit raisonnable. Et vice-versa…

Tout consommateur est évalué selon sa capacité à faire face à ses obligations financières. Des agences telles qu’Equifax Canada et TransUnion Canada déterminent une note à ce propos, qui fluctue au gré des revenus, du niveau d’endettement, des demandes d’accès au crédit, des retards et soldes de paiement des cartes de crédit et autres antécédents financiers.
 
Le phénomène de la seconde chance au crédit existe au pays depuis un quart de siècle et concerne de nombreux consommateurs qui ne parviennent pas à obtenir le financement automobile habituel. Ceux-ci se tournent alors vers des entreprises qui leur feront chèrement payer ce risque financier accru.

Les institutions qui offrent ce type de financement exigent des taux d’intérêt deux à trois fois (et plus encore) plus élevés que ce qu’ils demandent à des consommateurs avec un bon dossier de crédit.

Dans le meilleur des cas, se procurer un véhicule par l’entremise de la seconde chance au crédit peut améliorer le dossier financier de la personne, puisque le geste permet de rebâtir son dossier, prouvant aux institutions financières que l’on est à nouveau solvable. Mais pour ce faire, il faut respecter en tous points les conditions imposées et n’accuser aucun retard de paiement durant au minimum d’un an à 18 mois.
 
Et ces conditions sont très difficiles à respecter: un taux d’intérêt élevé, auquel s’ajoutent parfois des frais administratifs et des demandes de garanties supplémentaires, sans oublier les frais du véhicule lui-même, son entretien, ses assurances, son carburant et des réparations occasionnelles.

Notez bien: informez-vous avec précision des frais administratifs supplémentaires que certaines entreprises voudraient ajouter et ce, avant même d’accepter que l’on effectue une enquête de crédit à votre sujet. Et demandez ce qui arriverait si vous ne pouviez payer les mensualités: s’agit-il d’une reprise du véhicule, mais avec l’obligation de continuer à payer?

Posez des questions, sinon la «solution» au rétablissement de votre crédit pourrait devenir votre pire ennemi.

Accepter de se procurer un véhicule à un taux intérêt de beaucoup supérieur représente des milliers de dollars de moins dans ses poches. De l’argent qui ne servira pas à se nourrir, à se vêtir, à se loger, à préparer sa retraite et à se divertir.

Pour vous en convaincre, faites quelques calculs simples qui ne prendront que quelques secondes de votre précieux temps. Sur le site du comptable et conseiller financier Éric Brassard, vous trouverez plusieurs calculettes automatisées qui permettent d’analyser les mensualités, montants, acomptes et coûts totaux liés à l’automobile.

Par exemple, en utilisant la calculette B1 pour un véhicule vendu 20 000$ et financé à un taux de 8%, on obtient un montant total payé de 26 699$ après 48 mois et des mensualités de 556 dollars. Mais dans le cas d’un financement à 25% pour le même véhicule, on parle plutôt de mensualités de 755$ et d’un coût de 36 262$!
 
Si ce véhicule avait quelques années de plus et valait plutôt 5000$ – soit quatre fois moins… que se passerait-il? Dans le cas d’un prêt à un taux de 12%, les mensualités sur deux ans seulement s’élèveraient à 268$, pour un montant total de 6435$. Pour le moment, c’est peut-être la voiture usagée qu’il faut choisir…

Diverses raisons peuvent vous avoir amené à solliciter ce type particulier de financement, telles qu’un divorce, une maladie prolongée, une faillite, ainsi que l’accès trop facile au crédit grâce aux nombreuses cartes offertes.

Avant d’entreprendre le magasinage d’un véhicule, peut-être serait-il préférable d’en comprendre les raisons exactes – et ensuite le fonctionnement d’un budget équilibré. Un conseiller financier neutre ou une institution telle que la Coalition des associations de consommateurs du Québec pourraient vous aider à y parvenir. N’hésitez pas à faire appel à des organismes d’aides au consommateur, leurs services sont souvent… gratuits.