Voici un outil financier récent offert par de plus en plus d’institutions : le financement auto avec taux variable. À qui s’adresse-t-il et faut-il s’en méfier ?

Comme les hypothèques à taux variable, qui fluctuent selon les cycles économiques et le taux directeur dicté par la Banque centrale du Canada, ces nouveaux prêts pour se procurer un véhicule varient au fil des mois. Et comme pour les prêts domiciliaires, cet outil récent peut s’avérer très intéressant pour certains consommateurs et une source d’indécisions et de problèmes pour d’autres.

Le conseiller pour le financement automobile André Vincent, de Gervais Auto de Trois-Rivières, souligne à ce sujet : « Les gens ne sont pas au courant, et beaucoup ne veulent pas se casser la tête à suivre l’évolution du marché. Pourtant, les taux sont stables depuis un bon moment et ne devraient pas beaucoup changer. » Selon ce marchand, à peine 10% de leurs clients choisissent ce mode de financement à taux variable. Comme plusieurs entreprises, ce commerçant transige avec plusieurs institutions financières qui offrent de financer l’achat de véhicules avec des taux variables ou fixes.

Pourtant, l’économie permise par un prêt à taux variable peut être intéressante. Le taux en vigueur est habituellement de l’ordre de 1 à 2% moindre qu’un prêt comparable à taux fixe. Prenons par exemple l’achat d’un véhicule nécessitant un emprunt de 25 000 dollars étalés sur une durée de 48 mois. Si le taux se situe à 6%, les mensualités atteindront 587,22 dollars. Mais si ce même prêt est effectué avec un taux de 8%, on parle plutôt de mensualités de 610,46 dollars. Enfin, dans le premier cas, on parle de 3186,67 dollars payés en intérêts, tandis que le second coûte plutôt 4301,93 dollars d’intérêts.

Évidemment, il est difficile d’être aussi précis puisque le propre d’un taux variable est justement de se modifier au fil des mois. Sylvie Brunelle, directrice du financement aux concessionnaires pour la Banque BMO, précise : « C’est vrai que le taux est intéressant, mais il n’y a pas de sécurité. Et l’écart est minime, d’un pourcent environ. Cela n’en vaut donc souvent pas la peine. Moi, j’ai des réserves à ce sujet. » En ce moment, cette institution n’offre pas ce type de financement, mais Mme Brunelle ajoute que l’on songe à l’offrir dans un avenir rapproché, tout en ne précisant aucune date à ce sujet.
 

Accepter de contracter une entente avec taux variable implique plusieurs choses. D’abord d’avoir les « reins » financiers suffisamment solides pour encaisser une hausse éventuelle des paiements. Mais également d’être suffisamment intéressé par la finance pour se tenir informé des taux d’intérêts en vigueur, ainsi que des mouvements à la hausse ou à la baisse de ceux-ci.

En cas de hausse déterminante du taux, le consommateur peut prendre contact avec son institution prêteuse et changer de produit financier ou échanger son taux variable pour un taux fixe. Ou encore ne rien faire, ce qui fera en sorte que le solde de la dette fluctue. Dans ce cas, il existe deux principales catégories de produit : celle où le montant mensuel se modifie tandis que la durée du terme ne change pas, et celle où la durée du prêt est allongée mais où le montant payé par mois reste identique.

« Nous ne savons pas sous quel format nous allons sortir le prêt à taux variable. Nous allons soit opter pour l’augmentation du montant à remettre ou soit modifier le nombre des versements. Dans tous les cas, pour le consommateur, il faut lire soigneusement le contrat et se renseigner », souligne judicieusement Sylvie Brunelle.

Comparer les avantages et défauts de chacunLe financement automobile avec taux variable demeure un produit financier relativement nouveau pour lequel il existe plusieurs différences notables. Renseignez-vous quant au nombre de réajustements par année qu’il subit, de même qu’à propos d’éventuels frais si vous le modifier pour un taux fixe. De même, certains consommateurs préféreront voir leur somme mensuelle fluctuer au gré des taux, tandis que d’autres choisiront d’allonger la durée du prêt afin de conserver les mêmes mensualités. Ce choix dépend de la tolérance au risque, qui est propre à chacun.

« Nous n’avons pas tous la même tolérance au risque. Et cela ne doit pas être offert à tous, et ce  après une évaluation complète du dossier de crédit de la personne. Dans le cas du taux variable, c’est le client qui assume le risque. Tandis que pour le taux fixe, le client paie finalement une surprime pour la quiétude obtenue », conclut Sylvie Brunelle.