Whistler, Colombie-Britannique – Lorsqu’un constructeur vous offre la chance de venir conduire l’un de ses plus emblématiques véhicules tout-terrain – l’utilitaire Classe G pour ne pas le nommer – sur un chemin accidenté dans la belle région de Whistler, on ne se pose pas de question: on remplit sa valise de vêtements chauds et on s’empresse d’appeler un taxi pour l’Aéroport Pierre-Elliott Trudeau.

C’est ce que je me suis dit lorsque le courriel est rentré dans ma boîte de réception. Ces gens – je parle bien sûr des intervenants de Mercedes-Benz Canada – sont fous! Ils veulent me donner le volant d’un G 550 4MATIC qui coûte au bas mot 127 200$ canadiens, pour que je le couvre d’égratignures et peut-être que j’endommage ses organes mécaniques en le poussant (un peu trop…) sur un chemin à peine plus large que la caisse du véhicule lui-même.

Voyez ici toutes nos photos du Mercedes-Benz G 550 4MATIC 2016.

Voilà une idée bien farfelue, mais ô combien alléchante, surtout quand on considère que ce véritable 4×4 conçu à l’époque pour des raisons totalement utilitaires ne fréquente que très rarement ce genre de routes impraticables. À vrai dire, le Geländewagen est davantage un item de mode pour les gens huppés qui désirent afficher leur statut sur les grands boulevards du monde entier.

Pourtant, il est tout à fait capable de s’aventurer loin, très loin des sentiers battus. Et vous devinez que j’ai accepté avec empressement cette occasion unique. Voici ce qui en ressort.

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Nous quittons le centre de villégiature de Whistler par un matin détrempé. Après plusieurs journées de beau temps – ce programme de conduite hors route est surtout élaboré pour convaincre des clients potentiels des capacités du véhicule –, nous avons droit à une température plus automnale. Mais bon, ce n’est pas comme si nous devions escalader la montagne à pied! D’ailleurs, le luxe de la cabine du G 550 devrait faire l’affaire pour nous garder au chaud et à l’abri des intempéries.

L’attente est de courte durée, le village de Whistler étant non loin de Callaghan Valley, là où nous entreprendrons l’ascension vers un chalet coupé du reste du monde. Les premiers kilomètres ne mettent pas vraiment notre véhicule à l’épreuve, les nids-de-poule sur ce chemin de gravier étant à peine plus gros que ceux rencontrés sur les routes de la Belle Province.

Un message radio des instructeurs dans le véhicule de tête nous indique toutefois que nous passerons bientôt à quelque chose de plus corsé. Afin d’optimiser la motricité, nous devons nous arrêter pour mettre le véhicule au neutre, tout en sélectionnant le mode Lent (ou Low Range), en plus de verrouiller le différentiel central, du bouton situé entre les deux buses de ventilation centrales.

En distribuant le couple également entre les deux essieux, le G 550 n’aura aucune misère à gravir ce chemin plus étroit. Si certaines portions de cette voie sont lisses comme le dos d’un canard, d’autres obstacles empêcheraient carrément le passage d’un VUS plus urbain. Heureusement, notre véhicule a l’expérience des années derrière la cravate.
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Évidemment, avec ces rochers pointus et ces trous de boue sur notre chemin, la douceur de roulement est à des années-lumière de celle d’une autoroute fraîchement pavée. Malgré tout, on se sent en sécurité dans ce fourgon maintenant âgé de 37 ans. La suspension est taillée pour ce genre d’exercice (lire ferme), tandis que la position des deux essieux facilite les approches et les départs, le G 550 étant conçu pour attaquer un angle de 30 degrés dans l’une ou l’autre des directions.

Malgré l’odeur agréable de sapinage qui remplit la cabine, impossible d’oublier la présence de notre 4×4, le grondement de son V8 étant omniprésent, une réalité qui s’explique en partie à cause de l’échappement latéral.

Mais avec ses 416 chevaux de puissance et 443 lb-pi de couple optimal, cette mécanique biturbo ne fait qu’une seule bouchée de l’ascension. Toutefois, même en mode Lent et avec un pied droit qui s’occupe de bien doser les différentes manœuvres, la moyenne de consommation oscille aux alentours des… 30 L/100 km.

Chaque fois que le convoi rencontre un obstacle plus technique, les instructeurs s’occupent de guider les différents véhicules en leur rappelant de verrouiller le différentiel arrière. Que ce soit un trou plus profond, une rivière ou une voie plus boueuse, avec un guide par-dessus le marché pour nous indiquer à quel moment tourner le volant, les différents passages se suivent sans heurt.

En fait, au courant de cette journée, un seul incident va venir assombrir la tenue du 4×4, l’un des équipages ayant dû s’arrêter en plein milieu d’une pente à cause d’un pneu arrière déjanté. L’incident va même obliger le convoi à marcher jusqu’au chalet situé une centaine de mètres plus haut.
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Après un bon repas dans un petit chalet des plus rustiques, nous remontons à bord de nos G afin de reprendre le chemin de l’hôtel. Le véhicule endommagé pendant la montée a une nouvelle jante en lieu et place de l’ancienne, nous pouvons donc y aller.

Si certains VUS modernes possèdent un mode d’assistance à la descente, le G 550 se contente de plus simple – comme dans le bon vieux temps. Il suffit de placer la transmission en mode manuel et de la laisser enclenchée au premier rapport. Avec le frein moteur et une pression minimale sur la pédale, la descente semble aussi facile à négocier que l’ascension.

Et ce, même si la pluie du matin a transformé quelques obstacles en trous de boue et que le passage d’une douzaine de G 550 a fait en sorte que le terrain est plus difficile à franchir.

Encore une fois, notre arme de prédilection nous a prouvé que ce chemin n’est pas aussi ardu qu’il en a l’air.

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Comme dessert, les gens de Mercedes-Benz nous ont réservé quelque chose de plus technique. Ce manège (notre photo ci-dessus) qui prend place sur une remorque illustre la capacité du G 550 à pouvoir négocier une pente de 45 degrés d’inclinaison. L’opération qui était assurée par les instructeurs a démontré à quel point le plus vieux membre de la gamme du constructeur est encore capable de se débrouiller lorsque les conditions deviennent insurmontables.

Notez qu’ils ont dû verrouiller les trois différentiels pour franchir cet obstacle artificiel. Bon, d’accord, il est assez rare qu’une pente de 45 degrés d’inclinaison se dresse devant un véhicule, mais avouez qu’il est tout de même impressionnant de savoir que le Mercedes-Benz G 550 4MATIC soit capable de réaliser un tel exploit.

Malgré le temps maussade et des espadrilles trempées, cette expédition organisée s’est avérée fort intéressante, ne serait-ce que pour (re)découvrir les incroyables capacités hors-route du Mercedes-Benz Classe G, mais également pour confirmer une hypothèse: l’utilitaire est plus à l’aise dans la forêt que sur une artère commerciale.

Quel étrange paradoxe…

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