Les musées, de quelque nature qu’ils soient, sont soumis aux mêmes règles: ce qui se trouve à l’intérieur de leurs murs – ou à l’extérieur, dans le cas qui nous concerne – est jugé de la même façon et, en conséquence, le mot musée ne peut être utilisé librement.

C’est ce qui nous amène à l’interrogation du titre de ce billet.

Nous avons visité le Classical Gas Museum de la municipalité d’Embudo, au Nouveau-Mexique. Avant notre arrivée, nous imaginions un endroit bien tenu, un édifice vaste et éclairé, une collection de pièces impressionnantes…

Nous avons été déçus sur deux des trois points mentionnés. Mais le dernier point vaut tous les détours…

Certes, l’endroit n’a rien de très invitant. L’édifice principal est une toute petite maison vieillotte et, côté propreté, on repassera. Pour tout dire, on a l’impression de se retrouver dans une véritable cour à «scrap».

Bref, la première impression n’est pas des plus rassurantes. 

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Cependant, une fois qu’on se met à explorer les allées de ce «musée», on découvre une quantité de pièces de collection plutôt impressionnantes. En fait, il y a là tellement de choses qu’on en demeure bouche bée.

On ne peut alors s’empêcher de se poser la question suivante: sommes-nous sur les terrains d’un musée regroupant des pièces d’une richesse culturelle incroyable… ou tout simplement au plein cœur d’un ramassis de vidanges?

Le Classical Gas Museum est le rêve, la propriété et l’œuvre de Johnnie Meier, un ancien scientifique ayant passé une partie de sa vie au service du laboratoire de Los Alamos, au Nouveau-Mexique.

Il y a 25 ans, M. Meier s’est mis à collectionner des objets ayant une quelconque relation avec l’industrie du pétrole: vieilles pompes à essence, enseignes, jouets, cannes d’huiles, etc. Dix ans plus tard, sa collection était devenue si importante qu’il décidait d’ouvrir un musée pour en faire profiter le grand public. 

Naissait le Classical Gas Museum.

Tel un bordel plus ou moins organisé, on retrouve de tout, sur les terrains du musée, mais vraiment de tout: des pompes à essence qui nous ramènent jusqu’en 1915, des affiches de vieilles stations d’essence ramassées à gauche et à droite, d’anciennes boîtes de pièces, de vieux vélos, des pièces de voitures et même quelques tacos qui ont connu des jours bien meilleurs.

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Tout est pêle-mêle et semble avoir été déposé là sans aucune planification. Sauf qu’en parcourant les allées, on n’en est plus trop certain.

C’est un peu comme contempler un Picasso: tout semble tout croche, mais celui qui a créé l’œuvre savait exactement ce qu’il faisait.

Notre visite ne devait durer qu’une quinzaine de minutes, puisqu’il s’agissait d’une courte pause pendant l’essai routier d’un nouveau modèle. Mais vous vous en doutez: nous sommes demeurés sur place près d’une heure…

C’est que le Classical Gas Museum compte également de menus objets, qui sont regroupés à l’intérieur de son petit édifice principal. Là, les artéfacts sont en meilleur état et correspondent plus à l’image que l’on se fait de la collection d’un musée.

Même qu’ils sont mondialement reconnus…

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Johnnie Meier affirme d’ailleurs recevoir des visiteurs de partout à travers le monde. Chaque jour, des étrangers visitent son musée – les plus récents sont venus de la République tchèque et même d’Abu Dhabi.

Même Hollywood s’intéresse à la collection du Classical Gas Museul. Les films Wild Hogs et No Country for Old Men, tournés au Nouveau-Mexique, en ont profité.

Force est donc d’admettre qu’on doit bien parler d’un musée, ici. Un musée rempli de pièces bonnes pour la ferraille, mais un musée quand même. 

Si jamais vous vous retrouvez au Nouveau-Mexique, faites comme nous le détour sur la route 68, entre Taos et Santa Fe. Notre galerie photos (en carrousel au haut de la page) devrait vous convaincre – et vous mettre l’eau à la bouche. 

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