Si nous avons mis le mot “voiture” d’introduction entre guillemets, c’est qu’en fait, les Toyota i-Road sont davantage des tricycles que des véhicules.

Vous pouvez le constater par vous-mêmes, alors que l’étrange bibitte est de passage à Montréal ces jours-ci, alors que le Symposium international EVS29 bat son plein: avec ses 2,35 mètres hors-tout, cette Toyota i-Road 100% électrique est à peine plus longue qu’une (grosse) motocyclette. De fait, elle pourrait tenir à quatre dans une seule et même case de stationnement.

Moitié moins large que pour une smart fortwo, elle propose deux places, qui sont disposées en tandem. Un tricycle tandem, quoi, mais dont l’habitacle est complètement fermé, question de protéger ses occupants des intempéries.

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Cette Toyota i-Road ne fait osciller la balance que d’un tout petit 300kg, mais quand même: pas besoin de casque de protection pour la piloter, ni de permis de conduire autre que celui de base.

Son terrain de prédilection? Les villes, en raison de sa motorisation électrique qui ne dépasse pas les 60 km/h et qui a besoin d’être rechargée (pendant trois heures) après chaque parcours de 50 km.

Rajoutons que la petite roue arrière (10 pouces) n’est que directrice; ce sont les deux roues (16 pouces) avant qui sont motrices, chacune équipée d’un moteur électrique de 2 kW.

Deux kilowatts, c’est moins de trois chevaux vapeur, ça…

Les Toyota i-Road ont été dévoilées sous forme de prototype au salon de Genève en 2013. On aurait alors pu penser que les chaînes de production allaient faire disparaître leur système Active Lean (on vous explique plus loin la beauté de cette innovation) ou, à tout le moins, leurs cinq teintes “pétées”.

Que non.

Bien qu’elles ne sont pas (encore) mises en marché, les Toyota i-Road existent à l’état de projet-pilote. Les premières unités roulent déjà au Japon, à Toyota City plus précisément (évidemment…), dans le cadre d’une expérience d’autopartage.

La seconde ville qui a droit à pareil service de mobilité urbaine, et ce depuis 18 mois, c’est Grenoble et son agglomération française.

Le principe est simple – enfin, il se veut simple: 35 Toyota i-Road (et 35 Toyota COMS, la version quatre roues) ont été prêtées à la cause “Cité Lib” pendant trois ans.

Pour l’occasion, une trentaine de bornes de recharge sont disséminées aux quatre coins de la ville. Hop, une petite consultation de l’application téléchargée sur votre téléphone intelligent vous indique, en temps réel, quelles unités disponibles – et chargées – se trouvent où.

Les tarifs? Ils débutent à un Euro pour 15 minutes et ne dépassent pas les 20 Euros pour quatre heures. (En comparaison, notre bon vieux Communauto demande de 1,70$ à 5,20$ l’heure, selon les forfaits choisis.)

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Mais surtout, vous savez ce qui est le plus cool avec ces Toyota i-Road?

Si l’on en croit les journalistes du Figaro qui en ont déjà fait l’essai, c’est sa conduite, qui se loge entre l’agilité d’une moto et la stabilité d’une voiture.

D’abord, il y a ces capteurs gyroscopiques qui viennent contrebalancer à l’arrêt ou en manoeuvres à basse vitesse, pour le conducteur n’ait pas à poser les pieds au sol afin de stabiliser le véhicule.

Surtout, la technologie de prise d’angle Active Lean fait s’articuler, en opposition, les deux roues avant.

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Conséquence: en virage, le véhicule s’incline, comme pour une moto. Ou, comme le disent les collègues français: c’est l’horizon s’incline.

Cool, n’est-ce pas? Ne reste plus qu’à espérer que la prochaine ville d’adoption des Toyota i-Road soit Montréal et/ou Québec. Nous serions bien curieux de voir comment un si singulier véhicule se débrouille dans la tempête de neige…