Après la boue et la poussière de la veille, l’aventure du Porsche Driving Expérience nous ramène sur le bitume, à l’assaut des belles routes sinueuses de l’Outaouais.

Au menu du jour: la Porsche 718 Boxster et la Porsche 911.

Est-ce afin d’éviter des bris mécaniques – et des coûts faramineux, il va sans dire – que le constructeur préfère proposer l’essai de versions munies de l’excellente boîte de transmission à double embrayage, mieux connue sous l’appellation PDK (pour Doppelkupplung)?

Plutôt normal comme décision corporative, considérant le nombre de participants à ce programme pancanadien; certains pilotes moins expérimentés ou trop enthousiastes auraient peut-être endommagé les boîtes manuelles.

Cela dit, il est dommage que l’une des dernières marques sportives de l’industrie à signer la manuelle, contrairement à ce que vient d’annoncer Ferrari, n’ait pas osé trimballer à tout le moins un ou deux exemplaires dotés de la transmission standard

Sur les routes campagnardes avoisinant Montebello, mon partenaire et moi remarquons assez rapidement des tracés sinueux. Certains tronçons sont lisses, bien taillés pour le caractère sportif des bolides de notre convoi, mais d’autres auraient mérité une réfection pour rendre la surface plus conciliante.

Remarquez, en mettant à l’épreuve le châssis rigide de l’une ou de l’autre de nos sportives, ces surfaces inégales permettent d’en constater les limites…

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En ce début d’automne, la température est idéale et le bitume, assez chaud pour permettre une adhérence adéquate des pneumatiques. Avec le spectacle haut en couleurs dans ce coin de pays, la balade est beaucoup plus jolie, on s’en doute, que sur un boulevard commercial tapissé d’affiches et de réclames en tout genre.

L’instructeur en chef de Porsche Canada, Jonathan Urlin, nous l’avait bien dit: le niveau d’adrénaline allait augmenter à mesure que le programme évolue.

C’est le cas, alors que le trajet qui nous mène au village de Wakefield, sur le bord de la rivière Gatineau, se veut de plus en plus technique. Ironiquement, aucun des participants ne semble se plaindre de la situation…

Le convoi d’une douzaine de voitures continue sa route au son des mécaniques à plat tournant à plein régime. Voilà un bel avant-goût pour la journée du lendemain, qui se clôturera à la piste de Calabogie Motorsports Park, au nord d’Ottawa.

Au premier échelon de la gamme, la Porsche 718 Boxster n’a pas à rougir devant sa grande sœur la 911 et ce, même si depuis quelques mois, la voiture a perdu ses mécaniques six cylindres au profit de deux nouveaux quatre cylindres à plat turbocompressés.

Si la sonorité de l’une ou l’autre des mécaniques quatre cylindres peut paraître plus effacée, les performances du roadster ont progressé dans le bon sens.

Et rassurez-vous: le grondement unique demeure agréable à entendre, que ce soit en plein trafic ou à plein régime sur une route sinueuse comme un spaghetti.

Pour avoir droit à une expérience sensorielle supérieure, le bouton mode Sport se doit d’être engagé entre les deux occupants. Cela dit, pour vraiment ressentir les ajustements des modes Normal, Sport et Sport Plus (sans oublier le mode Individual), l’ensemble Sport Chrono est un incontournable, offrant même une réponse sportive pendant 20 secondes à l’aide du bouton central circulaire.

Mais surtout, la beauté de la Porsche 718 Boxster, S ou non, réside dans la possibilité d’abaisser le toit et de profiter du grand air tout en appréciant les vertus d’une sportive à moteur central.

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Les nombreux changements de voitures au cours des kilomètres deviennent, il faut l’avouer, un peu agaçants. Mais c’est le prix à payer pour constater la multiplicité de la Porsche 911, une sportive qui n’a plus besoin de présentation en 2016 et qui peut être commandée en plusieurs saveurs différentes. De la 911 Carrera à la 911 Targa 4S, les possibilités sont nombreuses.

Le seul point en commun de toutes les 911 présentes à cette expérience de conduite se trouve au niveau du levier de vitesse; encore une fois, toutes sont équipées de la boîte PDK.

Si la silhouette des différents modèles est familière – c’est une 911 après tout –, reste que les types de rouage changent, tout comme le niveau d’équipement et, bien entendu, les degrés de performance.

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D’emblée, la sonorité des mécaniques six cylindres à plat frappe dès la première accélération et ce, même si l’ajout de turbocompresseurs livre une musique allemande plus silencieuse que par le passé.

Ces nouveaux blocs sont plus écoénergétiques, tout en offrant des performances accrues et ça se voit sur la route, croyez-moi.

Bien que toutes les versions présentes à cet événement possèdent ce qu’il faut pour accrocher un sourire au visage d’un amateur de conduite inspirée, deux modèles m’ont interpelé plus que les autres.

La première est la 718 Boxster S, qui prouve encore une fois qu’il n’est pas nécessaire d’accéder à l’échelon supérieur pour avoir droit à un niveau de performance relevé.

La deuxième est la 911 Targa 4S qui, malgré son prix exorbitant de 170 000$ et quelques poussières, s’avère assurément LA voiture idéale pour parcourir les belles routes de l’arrière-pays.

Les puristes trouveront à redire quant au rouage intégral et au poids supplémentaire généré par le toit amovible, mais au final, cette beauté germanique est tout indiquée pour ce genre d’exercice.

Maintenant que se termine cette journée à parcourir les environs de l’Outaouais et d’Ottawa, place au repos, en prévision d’une dernière expédition qui, aux dires des responsables du Porsche Driving Experience, s’annonce encore plus riche en émotions

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